Discours de Dosso du Président de la République : Le retour de la fermeté
- Écrit par Ibrahim Elhadj dit Hima (La Roue de l’Histoire N°630 du 19 Septembre 2012)
Le ton est donné par le Chef de l’Etat sur sa ferme résolution à changer les choses dans le sens d’une totale remise de l’administration nationale au travail.
Cet engagement, nous allons le poursuivre jusqu’au bout, a indiqué en substance le Président de la République Issoufou Mahamadou dans un discours prononcé à Dosso en marge de la cérémonie des travaux de lancement de la pose de la fibre optique Dosso-Doutchi-Konni. C’était le 12 Septembre dernier en présence de plusieurs membres du gouvernement, des Chefs d’Institutions de la République, des députés nationaux ainsi que des hauts fonctionnaires de l’administration nationale. Le mot est lâché. Pour y arriver, il n’y aura plus de complaisance, la décision du dernier Conseil des ministres est un exemple pour remettre les nigériens au travail et celle d’assainir, a déclaré le Président de la République dans un discours aussi ferme que solennel.
La décision est prise, c’est le message qu’a voulu passer le Président de la République Issoufou Mahamadou en direction des agents de l’administration nationale. Plus aucun doute sur le sens du récent limogeage du patron de la Douane nationale, le Chef de l’Etat n’a voulu faire subsister aucune ambiguïté à ce sujet ; il s’agit des premières mesures de sanction contre l’insouciance et le faible rendement des hauts cadres de l’administration nationale. En effet, il y a quelques jours, le Directeur Général de la douane avait été relevé de ses fonctions sur une décision du conseil des ministres qui a évoqué notamment des questions d’incompétence et de manque de rendement du responsable de la douane.
Il faut noter que depuis plusieurs mois l’administration de la douane était à l’indexe sur des scandales réguliers mettant en cause des responsables des bureaux de douane impliqués dans de nombreuses fraudes et trafics en douanes. Le dernier scandale en date a été révélé par une enquête qui a mis à jour une vaste opération de reversement entretenue pendant des années dans les milieux de la douane, une sombre affaire de fraude douanière organisée en complicité entre certains patrons de la douane et les commerçants importateurs et qui a occasionné à l’Etat une perte des recettes qui sera évaluée à plusieurs milliards de francs CFA. Au niveau de l’opinion nationale, la conclusion est vite tirée :
la douane ne travaille plus pour l’Etat. Alors que dans ses différentes interventions le Président de la République parle de la restauration du monopole fiscal de l’Etat, les barons de la douane à travers la multiplication des fraudes avaient confisqué ce monopole à leur profit. Le Directeur Général de la douane, s’il n’a pas été pris directement dans les frauduleuses affaires qui ont littéralement mouillé beaucoup de cadres de douane est apparu incapable à redresser la barre. L’aveu d’impuissance a éclaté au grand jour lorsque suite à l’interpellation de plusieurs colonels des douanes, il a déclaré à la police judiciaire ne pas être au courant de toutes ces affaires.
Le 25 Juillet 2012, le ministre de tutelle, c'est-à-dire le ministre des Finances a dû frappé du point sur la table en envoyant une correspondance très corsée au Directeur Général des douanes pour lui demander d’ouvrir une enquête au sujet d’une autre pratique frauduleuse au sein de la douane portant sur la délivrance de fausses attestations d’exonération douanière au profit de certains importateurs. Si l’administration des douanes est restée en pool position en terme de corruption et de perversion dans son fonctionnement, il faut dire que dans l’ensemble l’administration nationale ne paie pas la mine. Elle fait plutôt pâle mine.
Visiblement les vacances du Président de la République dans son village natal à Dan Daji dans le département d’Illela, région de Tahoua lui ont été profitables pour tirer un bilan très peu satisfaisant de tout cela. En tout cas, ça semble chauffer ou ça va chauffer encore, le Président de la République n’a pas envie de louper son programme du fait de la licence totalement permissive de l’administration. Tout passe par l’administration comme on dit, l’administration est l’instrument d’action du gouvernement. Le Chef de l’Etat sait que tout son programme de développement et de croissance repose totalement sur l’administration.
De sa remise au travail ou de son débrayage dépendra exclusivement les résultats de l’action gouvernementale. Le Chef de l’Etat a certes besoin d’un gouvernement costaud, il doit être accompagné par une équipe ministérielle entreprenante, mais il a surtout besoin d’une administration totalement réinvestie dans le travail. «Comptez sur nous, comptez sur le gouvernement, nous n’avons pas baissé les bras, notre détermination à aller de l’avant, à réaliser le programme de la Renaissance est là », a insisté le Président de la République, mercredi 12 Septembre à Dosso. Et cela se fera sans complaisance, a prévenu Issoufou Mahamadou.
Tout semble indiquer, à en croire le ton du discours du Président de la République, qu’on s’achemine vers un retour à la fermeté lorsque le Chef de l’Etat a clairement parlé de casser les oeufs. Le discours de la fermeté ou le discours de la menace ? Ce qui est sûr, c’est que mercredi dernier à Dosso on a plutôt perçu de cette touche de la rigueur qui a par le passé caractérisé essentiellement la démarche de l’ancien leader historique de l’opposition politique. Le masque s’est peut-être brisé et le Président de la République qui s’est longtemps drapé derrière l’habit d’un Président affable, consensuel et presque trop gentil est en train de reprendre son véritable tempérament. Pour sauver son programme.
En tout cas, les menaces de durcissement étaient déjà clairement perceptibles depuis le dernier débat de l’Assemblée Nationale sur l’adoption du collectif budgétaire, débat au cours duquel les parlementaires avaient relevé le faible niveau de consommation des crédits budgétaires. Ce qui constitue un indicateur très clair de la faiblesse de l’administration à traduire en action concrète sur le terrain le contenu des programmes et projets financés par le budget national. Déjà des mesures fermes sont prises pour rendre effectif la présence des agents de l’Etat sur les lieux de travail. Des notes circulaires sont ventilées dans ce sens au niveau des administrations.
Des inspections administratives et des contrôles réguliers vont se multiplier dans tous les compartiments des directions et services de l’administration de l’Etat. Les rapports réguliers qui vont sanctionner ses inspections constitueront des indicateurs clairs d’évaluation de la remise effective de l’administration au travail. Mais aussi des pistes pour des sanctions des responsables administratifs défaillances. En tout cas le Président Issoufou a été clair : il y aura des oeufs qui vont être cassés.

Commentaires
Je suis en accord avec toi mon frere, Lumana veut ce pouvoir la aveuglement, mais comme j'ai dis avant, nous n'allons pas laisser faire ca, on se demande meme comment est ce qu'on puisse considerer Lumana comme la 3eme formation politique, pas possible. Je respecte Issoufou, mais si il ya quelque chose de mal venant de lui ou son entourage, nous allons le dire haut et fort.
Issoufou mon petit Dieu? il ya qu'un seul Dieu, ce n'est ni Hama ni Issoufou encore moi toi. Quand on touche un peu a Hama les gens de Lumana aveugle par lui meme sautent. Bon on sait une chose, Incha Allah, le pouvoir la? il ne l'aura pas, il va jouer plaise a Dieu toujours le second role s'il le faut, si on doit mettre Albada Abouba, Seini Omar et meme votre voleur Zakai, on le fera avant de voir ton Hama President du Niger. Tu peux toujours rever car il est permi de rever.
Le Chef de l'Etat devrait porter une attention particulière sur certaines représentations diplomatiques de notre pays où les chefs de mission se complaisent dans la médiocrité, les malversations et autres attitudes qui jurent avec les exigences de leurs fonctions.