REMANIEMENT MINISTÉRIEL Les raisons du blocage
- Écrit par K.M. (LE COURRIER N° 226 DU 20 SEPTEMBRE 2012)
La spéculation autour de l'éventualité d'un remaniement de l'équipe gouvernementale est tombée d'un cran.
Le sujet n'intéresse plus personne. Et pour cause : rien ne filtre pouvant justifier ce que d'aucun avaient pris pour de l'argent comptant ! En fait, les uns et les autres sont allés vite à la besogne. Des raisons qui sautent pourtant à l'oeil sont là pour montrer que c'était qu'une pure vue de l'esprit.... Ainsi que nous le disions plus haut, les raisons justifiant un remaniement gouvernemental relèvent plus de la haute politique que d'un jeu plaisant. Loin de répondre aux spéculations de l'opinion, en constante recherche du sensationnel pour divertir un train-train quotidien devenu quasiment monotone, le changement d'équipe ministérielle obéit à des règles qui échappent à la simple supputation.
En fait, c'est comme un virage mal négocié qui conduit inévitablement à la casse ! Un gouvernement est changé non pour satisfaire une demande sociale devenue pressante. On en changera toutes les semaines. Les règles auxquelles il obéit vont de la gouvernance démocratique (quand elle fait défaut) à des bouleversements politiques majeurs (changement d'alliance) en passant par un ajustement du contexte politique extérieur. Ceci dit, il faut dire que même si tous ces ingrédients avaient été réunis ensemble au moment de la formation du gouvernement dirigé par le Premier ministre Briji Rafini, il est fort à craindre que deux critères ''parasites'' aient eu plus d'influence que tous les autres.
En effet, le ver étant déjà dans le fruit, la primauté du parti politique sur les institutions étatiques est omniprésente à travers la nomination de personnalités plus portées vers la politique que vers l'aspect technique. Un savant dosage entre les deux aurait simplifié les choses au Premier magistrat. Sur ce chapitre, voyez-vous, Bazoum Mohamed, Amadou Boubacar Cissé sont les patrons de leur parti politique respectif. Omar Hamidou dit Ladan Tchiana et Foumakoye Gado sont, quant à eux, Secrétaires Généraux et Présidents régionaux dans leur formation politique. Karidjo Mahamadou, Soumana Sanda et Youba Diallo sont des Présidents régionaux au titre de leur parti.
D'office cela pose le problème de la primauté du parti politique sur les institutions de l'Etat. Tous ces politiciens ont leur place ailleurs que dans un gouvernement de qui sont attendus plus de résultats techniques que de la verve démagogique. Puis, il y a les gratifiés pour services rendus. Ceux-ci ne peuvent se laisser piétiner sans réaction. Alors, on s'en accommode. Dans cette catégorie figurent le Ministre d'Etat Abdou Labo qui même sans parti politique formel n'est pas un morceau tendre et Marou Amadou, aux accointances politiques inconnues mais qui a le mérite d'avoir ''servi''…
Les ministres sans défense se comptent plus du côté des femmes qui pouvaient être remerciées au moindre remaniement. Elles pourraient se consoler de partir avec quelques hommes lâchés par leur parti politique. On sait également que la formation d'un gouvernement obéit aussi, dans notre pays, à un critère dont on ne parle pas mais qui demeure une constance : la recherche de l'équilibre régional. Sur ce plan, toute l'équipe gouvernementale en est un parfait dosage ! Mieux, le Premier ministre Briji Rafini, récemment arrivé au PNDS-TARAYA et bombardé au poste qu'il occupe à la surprise générale, doit, possiblement, son ascension à son appartenance à une communauté qui a toujours eu maille à partir avec l'Etat.
Placé là où il est, son obligation est de tenir tout le monde à la laisse ! Une autre raison non moins importante relève de la personnalité même du Président de la République. Il n'est pas homme à céder à la pression. Autant dire que le tapage autour du remaniement tue le remaniement. Advienne que pourra ! Le contexte national, marqué par les inondations et la rareté des ressources, ne se prête donc pas à certains jeux. En tout cas pas ceux du genre d'un remaniement qui remettrait en cause la stabilité de l'alliance, compliquerait bien des données pour s'avérer, au finish, une suprême erreur. Aux impatients de prendre leur mal en patience.
Pourvu que le Niger gagne. Pour les autres patrons de partis politiques non promus dans le gouvernement, ils se retrouvent à la Présidence comme conseillers de ceci ou de cela avec rang de ministre. En fait, même lorsque les circonstances obligent le Président de la République à se débarrasser d'un de ces ténors de la place qu'il occupe, c'est juste pour le propulser ailleurs pour contenter la foudre de sa base. L'exemple de Kalla Hankourao et Ouhmoudou Mahamadou est là pour faire école !

Commentaires
ssur quel critere vous l avais evalue et si c etais un devos parent qui etais a la place donc lyi sera bon