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Après la demande du Mali pour une intervention militaire internationale: Eviter que le Sahel ne se transforme en un autre Afghanistan

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Après une période d’incertitude, la décision du Conseil de Sécurité des Nations Unies pour une intervention des troupes de la MICEMA...

(Mission de la CEDEAO au Mali), appuyées notamment par les Français, les Américains et les Britanniques notamment, n’est plus qu’une question de temps. A la veille de ce « débarquement », votre journal s’interroge sur les forces en présence, les enjeux et les conséquences de cette intervention qui mobilisera quelques 3.300 troupes de la CEDEAO reparties en 5 bataillons sous le commandement des Nations Unies. Pour autant la messe n’est pas encore dite.

La partition du Mali est une réalité désormais établie. La vaste partie nord-est du pays échappe au contrôle du pouvoir central, lui-même, divisé entre des institutions transitoires soutenues par la communauté internationale et un chef de junte ayant perpétré un coup d’état, le 22 mars, contre le régime d’Amadou Toumani Touré et qui a du mal à accepter son éviction opérée par la même communauté internationale. A la faveur de ce coup d’état ou d’une simple coïncidence, il était apparu un mouvement armé rebelle dans le nord Mali sous la dénomination du MNLA. Il sera vite rejoint par une autre nébuleuse religieuse connue sous le nom d’ANSAR DINE puis par le MUJAO.

Selon l’évaluation d’un haut responsable français, ils seraient quelques «6.000 combattants islamistes» lourdement armés. Autant dire le combat de David contre Goliath. Pire, les complications nourrissent les complications au Mali. Au temps fort des spéculations, on apprend d’abord des jonctions entre le MNLA et l’ANSAR DINE d’une part et d’autre part, entre le MUJOA et BOKO HARAM du Nigeria. Puis, le MUJAO chasse le MLNA de ses positions nordistes et instaure la chari’a. Parallèlement, l’insécurité dans la zone sahélienne monte d’un cran. Les exactions et les trafics en tout genre deviennent monnaie courante.

Les populations civiles se réfugient en dehors des frontières maliennes, particulièrement au Niger où des attaques et des affrontements sont fréquents. Dès le coup d’état du Capitaine Sanogo, la CEDEAO reprend de l’activité. Elle obtient l’isolement des putschistes, l’installation des autorités transitoires à qui est confiée une feuille de route. Mais au Mali, rien ne se passe comme prévu. Une armée nationale en débandade… Les attaques du MLNA, du mois de janvier 2012, avaient laissé l’armée malienne exsangue. Sans armement à la hauteur, sans motivation, sa déroute avait été telle qu’une partie s’est retrouvée au Niger, aujourd’hui, toujours campée dans à la sortie nord de la capitale.

Avec les intentions des autorités maliennes de positionner leur armée en première ligne des forces d’intervention, il est évident que la première étape de la réussite de toute opération concertée au Mali par la reconstitution de cette armée des ruines de sa débandade et de redonner un moral d’acier aux troupes. Des contradictions à aplanir… L’autre enjeu repose sur l’aplanissement des contradictions entre les autorités et la mise en place d’un commandement militaire unique. En effet, les opérations militaires modernes sont d’une exactitude d’horloge que chaque maillon doit jouer sa partition à fond, dans le temps et dans l’espace.

En particulier, le cas Sanogo doit être réglé pour espérer une mécanique parfaite sur le terrain des opérations militaires. Le Sahel, une sphère géographique où se jouent des gros intérêts… La crise malienne dépasse de loin le territoire malien pour concerner le Sahel et le monde. On sait que les intérêts de grandes puissances sont éparpillés à travers la planète. Le Sahel ne fait pas exception. Pour les exemples. La France est la première concernée puisque la sous région concernée se compose, pour l’essentiel, de pays de son ancienne sphère coloniale. Rien qu’au Niger, par le biais d’AREVA, les intérêts français sont colossaux.

Les intérêts américains au Sahel sont également très importants avec une forte implantation d’ambassade dans la sous région. Du reste, rappelons que la dernière attaque de son ambassade en Lybie avec la mort de son diplomate a été un déclic fort pour faire changer le regard de l’Amérique sur les événements qui se passe dans le Sahel. Les Britanniques ont aussi de grands intérêts au Nigeria, au Ghana et en Sierra Léone. Les Chinois ne sont pas en reste dans la zone. Une vraie bataille pour obtenir une résolution au Conseil de Sécurité… La sauvegarde de tous ces intérêts humains, matériels et financiers recommande l’unité de la communauté internationale qui a pu se réaliser à la dernière Assemblée générale de l’ONU.

En effet, le mercredi 26 septembre dernier, la conférence internationale sur le Sahel convoquée par Ban-Ki Moon a pu s’entendre sur le principe d’une résolution du Conseil de Sécurité des Nations-Unis à finaliser dans les meilleurs délais notamment sur ses aspects (définition de la chaîne de commandement et du concept opérationnel de l’intervention militaire). Au préalable, il avait fallu une forte pression de la CEDEAO pour amener le Mali à formuler une demande expresse de l’intervention internationale dans la crise qui le secoue depuis plus sept (7) mois. C’est le Premier ministre malien, Cheikh Modibo Diarra qui a formulé la demande lors d’une ré sur le Sahel en marge de l’Assemblée générale de l’ONU.

“Nous sollicitons l’adoption d’une résolution autorisant la mise en place d’une force militaire internationale composée de tous ceux qui veulent et peuvent nous aider à reconquérir les territoires occupés dans le nord”, avait-il déclaré. Il faut également rappeler les efforts du Président français, François Hollande qui avait soutenu ‘’l’extrême urgence’’ d’une résolution sur la crise malienne en opposition à ‘’l’extrême prudence’’ demandée par les Etats-Unis et les Nations- Unies. Dans ce jeu difficile, la France et les pays de la CEDEAO savent que la position américaine est décisive pour ‘’influencer’’ le Conseil de Sécurité surtout que le pays de l’Oncle Sam a déjà déployé des ‘’drones’’ de surveillance dans le Sahel et installé le dispositif de ‘’l’AFRICAN COMMAND’’.

Créer un effet d’entraînement autour des réticents… Ce n’est pas fini. Il faut convaincre les Russes et les Algériens. Les premiers sont devenus réticents depuis l’intervention en Lybie et les seconds ont beaucoup souffert du terrorisme. Or, selon un officiel français cité par le journal LE MONDE, si l’Algérie se montrait constructive, le problème du Sahel pourrait être résolu rapidement et «sans engagement de moyens militaires non africains». En définitive, l’Assemblée Générale des Nations-Unies de ce mois de septembre finissant a permis de franchir une étape importante dans la résolution de la crise au Mali. Toutefois, le plus dur est à venir.

En effet, la CEDEAO doit mobiliser 3.300 hommes. Ce qui n’est pas une mince affaire quand on sait que bien des pays de cet espace font face à des problèmes sécuritaires. En outre, il faut agir vite car le temps presse et comme le dit le Président français : « ...Négocier avec des groupes terroristes, il ne peut pas en être question, et tout malentendu, toute perte de temps, tout processus qui s’éterniserait ne pourrait faire le jeu que des terroristes”. Ce courage des Français mérite d’être salué, eux dont le pays compte six (6) otages aux mains d’ALQAIDA qui sont menacés d’exécution en représailles à la fermeté de leurs autorités.

Une intervention à plusieurs inconnues… Les conséquences de l’intervention de la MICEMA sont nombreuses. A priori, on peut évoquer un drame humanitaire puisque quelques 70 millions des populations vivant dans l’espace sont déjà menacées d’une catastrophe humanitaire en lien avec les inondations des derniers hivernages et des attaques acridiennes. Il devient clair que le conflit malien viendra compliquer la situation. L’autre inconnue est en lien direct avec la sécurité dans le Sahel, devenu désormais le sanctuaire des islamistes. En effet, ces nébuleuses ont une force de mobilité extraordinaire se confondant très souvent aux populations civiles pour mieux atteindre leur objectif.

Une fois traqués, ceux qui sont considérés comme des terroristes ne vont-ils pas se fendre sur tous les objectifs y compris les civils ? Pour le cas des pays comme le Niger, les menaces sont autrement plus perfides. Déjà, il avait été annoncé à plusieurs reprises des exactions et des vols de bétails sur les populations proches de la frontière malienne. Il devient donc un enjeu stratégique pour le Niger de renforcer tous les dispositifs sécuritaires mis en place par notre armée qu’il faut saluer et encourager pour son professionnalisme.

Dans cette logique, il est important que le Niger déploie le moins des forces possibles au Mali en raison de ces menaces mais aussi en raison du fait que les troupes de la MICEMA seront déployées dans la zone sud. Or, il y avait besoin d’un déploiement qui encerclerait les régions occupées par les rebelles. Quoiqu’il en soit, la CEDEAO joue son va tout dans cette crise. L’intervention doit être une réussite tant sur le plan militaire que politique. Autrement dit, comme en Normandie, elle doit surprendre et avoir la fulgurance de l’éclair.

A contrario, si l’intervention s’éternise, le Sahel se transformera en un autre Afghanistan. Ce n’est dans l’intérêt de personne !

Commentaires  

 
0 #3 satsi 10-10-2012 22:06
http://bamada.net/
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0 #2 gamkaleysé 05-10-2012 10:08
Excellent article!
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0 #1 L HOMME DU SAHEL 05-10-2012 09:52
"L’intervention doit être une réussite tant sur le plan militaire que politique. Autrement dit, comme en Normandie, elle doit surprendre et avoir la fulgurance de l’éclair." tous est dit,de la méthodologie à l'exécution.
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