Remise des nigériens au travail Et si le gouvernement arrêtait de ‘’protéger’’ ses agents ?
- Écrit par Ibrahim YERO (Le Canard déchaîné N°554 du 8 octobre 2012)
Mercredi 03 Octobre 2012, peu avant 8 heures. Le Président de la République, Chef de l’Etat, Issoufou Mahamadou, entre à l’immeuble ONAREM sans crier gare.
C’est une visite surprise pour vérifier la ponctualité des agents de l’Etat à leur lieu de travail. L’immeuble abrite 2 des plus importants ministères du gouvernement actuel à savoir celui de l’Energie et du Pétrole et le ministère des Mines et du Développement Industriel. Les deux ministres étaient effectivement surplace mais on note l’absence de certains cadres ainsi que de nombre d’agents. Face au constat fait par le chef de l’Etat lui-même les ministres ont assuré envisager des mesures pour que le respect des horaires de travail soit une réalité dans leurs départements respectifs.
En réalité, ce n’est pas la première visite présidentielle du genre. Le président Issoufou a déjà fait la surprise à son propre cabinet où il avait aussi constater le même absentéisme, les mêmes retards des agents. A Dosso, le 12 septembre dernier, le président de la République avait réaffirmé son engagement à une remise des fonctionnaires de l’Etat au travail. Un leitmotiv cher à l’ancien président Tandja Mamadou qui n’a malheureusement pas pu en faire une réalité. Parmi les raisons de cette légèreté au travail pour lequel ils sont payés il y a la politisation de l’administration publique, la mentalité jem’en- foutiste des nigériens vis-à-vis de tout ce qui est du domaine de l’Etat, et la protection injustifiée dont jouissent les services publics.
L’administration publique est politisée.
Rares sont les services publics dans lesquels la hiérarchie est respectée. Des hauts responsables se plaignent du manque de respect de certains agents voire des auxiliaires qui se prévalent d’un soutien fort de haut niveau pour échapper à toute sanction, légale soit-elle. Des cadres sont nommés à des postes de responsabilités dont ils n’ont aucune connaissance encore moins une quelconque expérience. Aussi, les années d’instabilité politique que le Niger avait vécu avec ses corollaires d’arriérées de salaires pendant la décennie 90 ont fini par habituer les agents de l’Etat au vol des deniers et biens publics et aux double voire triple fonction. Ainsi, les uns cumulent emploi public et emploi privé, les autres ont appris à concilier leur travail de fonctionnaire à celui de commerçant..
La mentalité des nigériens.
Le véritable pari pour tout gouvernement qui veut réussir au Niger est de réconcilier les nigériens avec l’Etat. Représentation juridique de tout le peuple, l’Etat est pourtant vu comme un adversaire redoutable qu’il faut coûte que coûte tromper, contourner et saigner autant que possible. Ce faisant, le citoyen ordinaire ne se souci jamais de respecter et protéger ce qui est du domaine de l’Etat. Du coup, les biens publics sont vandalisés au grand jour sans que personne ne lève le petit doigt, les lois sont allégrement violées sans la moindre punition.
En fait, on a comme l’impression qu’à la moindre occasion, d’une part, le citoyen ordinaire se venge de l’Etat qui fait des uns des intouchables et des riches et fait des autres des payeurs d’impôts et des facilement « emprisonnable » au moindre délit. Et d’autre part, ceux qui ont une parcelle d’autorité dans la machine de l’administration et ses démembrements croient qu’ils tiennent le bon bout leur permettant de vivre sur le dos leurs concitoyens. Tout ceci a contribué à créer une grande rupture entre l’Etat, ses serviteurs et les utilisateurs des services publics.
Protection injustifiée dont jouissent les services publics.
Aujourd’hui, rien n’est plus difficile pour un journaliste que de devoir chercher une information auprès de l’administration publique. Malgré les dispositions claires de la loi sur l’accès à l’information, les agents de l’Etat préfèrent voir des mendiants et autres commerçants ambulants envahir les bureaux plutôt que de recevoir des journalistes en quête d’information. Dès qu’on vous voit avec une caméra dans un service quelconque de notre administration, vous traitez comme un terroriste. On vous demande des autorisations expresses pour filmer les bâtiments, le travail qui s’y fait. Si vous osez demander une interview sur le plus banal des sujets, on vous fait tourner en rond à vous faire perdre toute la journée.
Dans des centres comme l’hôpital national de Niamey où il y a déjà des gendarmes surplaces on vous fait arrêter dès que vous pointé votre caméra. Et lorsque vous demandez une autorisation avant de venir on vous surveille étroitement. Les agents et cadres de l’administration ne veulent pas voir de caméra ou micro traîner dans leurs services pour la simple raison qu’ils ne se font pas confiance. Ils ont des choses à cacher au public et ne tiennent pas à ce que des fouineurs de journalistes viennent les dévoiler. Voilà ce qui se passe. L’Etat s’il a vraiment la volonté de remettre les nigériens au travail devrait explorer l’ouverture des portes de l’administration civile à tous les niveaux pour que la presse puisse y entrer sans crier gare et voir la réalité des choses.
Pourquoi le président de la République lui-même fait des visites surprises ? C’est bien parce qu’il sait en annonçant sa venue il ne verra la réalité des choses. Si les travailleurs savent qu’ils peuvent à tout moment recevoir la désagréable visite d’une équipe de presse ils feront des efforts pour bien accomplir leurs tâches et du coup la corruption peut bien être ralentit. A méditer.

Commentaires
Fiscalité=114,24F 1.TPP(taxe sur les produits petroliers 15% de prix de cession.=50,40 F 2.TVA(19% sur prix soraz =63,84 FCout et marge sonidep=42,04F1 . cout de transport:39,68 F.cout et marge distributeur:42 ,07F. Fonds de l'energie =5 REcapitulatif. Prix soraz :336F+Fiscalité :114,24F+Cout et marge sonidep:42,04F+ Cout et transport:39,68 F+cout et marge Distributeur:42 ,07F+Fonds de l'energie :5F=579,03F
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- Quand tu constates l'absenteisme de certains fonctionnaires durant tes visites inoppinees, tu as fais quoi ? Rien apparemment
- Si tu ne fais plus peur aux fonctionnaires de ton administration alors pose toi la question de savoir pourquoi? Soit tu ne leur as pas donne le bon exemple a suivre, soit ils se sentent proteges par des forces au dessus du votre, ce qui serait grave.
L'un dans l'autre, sache que si un marteau ne peut plus tuer une mouche, ce ne sera pas une plume qui le fera.