Relation tendue entre le RDP et MRN Ben Omar revient à la charge
- Écrit par Ibrahim YERO (Le Canard déchaîné N°554 du 8 octobre 2012)
Le bouillant militant du Rassemblement pour la démocratie et le progrès (RDP) Mohamed Ben Omar dépoussière à nouveau son fusil.
Son terrain de prédilection reste le même : la RTT. Sa cible aussi ne change pas : la renaissance dont lui et son parti sont membres. Pour cette fois, il ne s’agit pas d’un quelconque cri de désespoir avant la levée de son immunité parlementaire mais Ben Omar a sorti ses armes pour défendre Tandja Mamadou dont il était très proche mais qu’il a dû quitté, du moins physiquement, par la force des choses. L’ancien porteparole sous le régime Tandja ne peut contenir sa colère lorsque ses nouveaux alliés tentent de mettre la cherté injustifiable des hydrocarbures sur le dos du vieux Tandja.
Il l’a exprimé samedi dernier sur la radio télévision Ténéré. Pour Ben, les autorités de la 7e République ne disent pas la vérité toute la vérité sur le pétrole nigérien. Pour convaincre les téléspectateurs, la vedette du RDPJama’a a exhibé des documents pour soutenir ses dires. Et selon sa conviction, le pétrole raffiné ne saurait être vendu si cher si Tandja Mamadou était encore au pouvoir. Les prix fixés actuellement n’auraient rien à voir avec les négociations menées sous Tandja avec les chinois. En fait, le problème n’est pas seulement une histoire de prix de l’essence ou du gasoil. Il est plus profond que ça.
En réalité Ben a des problèmes avec la majorité au pouvoir dont il est curieusement membre. Rappelons que Mohamed Ben Omar, alors ministre de la Communication, Porte-parole du gouvernement de la 5e République est un farouche artisan du Tazartché autrement dit de la Refondation. Il a parcouru le Niger et le monde d’est à l’ouest du sud au nord pour convaincre l’humanité du bien-fondé de la prolongation du dernier mandat présidentiel de son mentor Tandja Mamadou. Cela n’avait pas réussi et il a fallu employer les grands moyens pour donner à l’ancien président un minable bonus de 3 ans.
Mais c’était sans compter avec la témérité du chef d’escadron Djibo Salou qui a remis au nigérien leur liberté de choi sir qui doit les diriger. A la faveur du renouveau démocratique, le parti politique de Ben en l’occurrence de RDP a fini par s’allier au PNDSTarayya aujourd’hui au pouvoir en claquant la porte du parti de Tandja Mamadou, le MNSD-Nassara. Ce choix du RDP a-t-il été fait contre le gré de Ben ou était il consentant ? Difficile à dire. En revanche, on sait que depuis l’affaire de la levée de son immunité monsieur Ben ne garde plus la langue dans sa poche. Il tire à boulet rouge sur le pouvoir, son pouvoir.
A la première expérience, il a fallu que son parti se désolidarise de ses déclarations en publiant un communiqué qui rendait Ben Omar seul responsable de ses propos. Avec cette nouvelle sortie médiatique du même personnage va-t-on encore assister à un autre « ses propos n’engagent que lui » du bureau politique du RDP ? Rien n’est moins sûr. Mais cela peut paraître improbable si on prend en compte certains aspects nouveaux. Si la remontrance du RDP a été à la hauteur de la première attaque de Ben sans doute qu’il n’aurait pas récidivé de sitôt. Mais il l’a fait. Sauf si cette fois c’est de manière concertée avec son parti politique.
Là aussi, on ne saurait l’affirmer même si depuis quelques temps des rumeurs font état d’un éventuel départ du parti de Hamid Algabit de la Mouvance pour la renaissance du Niger (MRN). A en croire ces rumeurs, le parti jaune voudrait retourner auprès de son ancien allié resté à l’opposition : le MNSD-Nassara. Alors, la sortie médiatique de Ben contre le pouvoir de Issoufou Mahamadou serait-elle l’élément déclencheur d’une crise entre le RDP et le PNDS pour mieux huiler le claquement de la porte par le premier ?
En tout cas si la majorité au pouvoir décide de sanctionner Ben sur la base de ses déclarations défavorables et ses prises de positions en faveur de l’ancien régime, cela pourrait bien donner un prétexte au RDP de se retirer de l’alliance au pouvoir tout en donnant l’image d’une formation politique qui ne laisse pas ses militants à la vindicte des alliés. Politiquement donc, ce serait un départ réussi. Mais si effectivement Ben a agit en solo, son parti se verra dans l’obligation de le prouver quitte à employer des manières plus humiliantes à l’encontre de son militant. Ce qui est sûr, la MRN de son côté ne restera pas les mains liées. Pourtant sa marge de manoeuvre est assez limitée.
Accepter le départ d’un allié pourrait ouvrir la porte à d’autres alliés qui continuent d’avaler leur mécontentement. Ces derniers pourraient se dirent « eh ben puisque le RDP a quitté sans problèmes pourquoi pas nous ! » ainsi ça risquera d’être le déluge. D’autre part, fermer les yeux sur les sorties médiatiques inamicales de Ben Omar pourrait donner un signal très fort à tous ceux qui compriment leur colère au nom de la collégialité. Ils pourront dire aussi : « puisque Ben dénonce sans être puni nous ferons mieux de laisser exploser notre colère devant les journalistes après tout ils n’aiment que ça ».
Et ce sera la pagaille. On verra alors des partis politiques membres de la MRN tous les matins vilipender l’alliance au pouvoir. Ceci dénote d’un véritable malaise entre certains partis politiques et l’alliance qui nous dirige. Mais ça a toujours été ainsi lorsque des gens venus de divers horizons se sont mis ensemble pour une raison ou pour une autre. Et la seule solution en pareille circonstance, c’est de discuter franchement, d’égal à égal et essayer de voir les problèmes sans aucun orgueil ni faiblesse.

Commentaires
LES MAISONS
LES CHAMEAUX...
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Donc nos intérêts sont différents entre nous les nigériens. Moi, éleveur ou agriculteur qui d'ailleurs sommes plus nombreux au Niger, nous n'avons pas les mêmes intérêts avec un taxi-man ou un transporteur quelconque. S'il vous plait, aidons notre gouvernement à résoudre les intérêts collectifs. Merci de votre compréhension.
Quant à Ben Omar, il faut le comprendre, la vie n'est pas facile surtout quand on te coupe l'herbe sous les pieds. "Kay co"
Moi je t'ai donné des exemples, au Niger cette loi ne tient pas la route. Les commerçants ne répercutent jamais les baisses et ça se vérifie dans les statistiques du Niger.
Citation en provenance du commentaire précédent de Yaro Boy :
Certains parlent de 90 naira alors où est la vérité. Personne n'a encore prouvé ces allégations. jusqu'à preuve du contraire pour moi c'est un mensonge.
Citation en provenance du commentaire précédent de Yaro Boy :
Je suis d'accord avec toi mais pour l'instant seul Ben a la gueule et tout le monde sait pourquoi.