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GOUVERNANCE : Qu'autorité revienne à l'Etat !

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" Si l'Etat est fort, il nous écrase ; s'il est faible, nous périssons ", cette analyse de Paul Valéry met l'accent sur toute la gymnastique que doit opérer l'Etat pour une meilleure gouvernance en matière d'exercice de sa puissance.

Pour qu'il y ait mieux d'Etat quand il y a moins d'Etat. Si un exercice dictatorial ou autocratique du pouvoir d'Etat est préjudiciable au corps social et à ses membres, une faiblesse de l'Etat conduit quant à elle, à long terme, à la disparition pure et simple du cadre de vie. Ce qu'évidemment personne ne souhaite. Dans notre pays, nous semblons malheureusement vivre la seconde situation : la faiblesse de l'Etat. Cette faiblesse des pouvoirs publics, qui ne date pas d'aujourd'hui, mais qui est la résultante de deux décennies de démocratie mal assimilée et mal appliquée, se manifeste par l'émergence de groupes privés qui disputent à l'Etat l'exercice de ses fonctions jusqu'aux plus régaliennes.

A quoi est dû cet effritement de l'autorité de l'Etat ? A une mauvaise compréhension de la démocratie où beaucoup d'entre nous voient le pouvoir de faire ce qu'on veut. Il n'y a pas fausse et pire vision de système démocratique que celle-là, car si chacun fait ce qu'il veut, la société ne peut survivre une minute. La démocratie n'est pas l'anarchie. Et liberté n'est pas licence, celle-ci n'est pas compatible avec la nature humaine, un être fondamentalement raisonnable et social, qui vit avec ses semblables un cadre organisé, et s'oblige à respecter leur liberté et leurs droits. Au-delà de cette vision déformée de la démocratie que les pouvoirs publics, les associations les syndicats sont tenus de corriger, il y a la pratique de la justice dans notre pays.

Quand le citoyen a l'impression qu'il y a une rupture d'égalité, que certains sont favorisés de façon imméritée par rapport aux autres, ils ont tendance à agir comme ils l'entendent. Car les pouvoirs publics donnent l'impression de n'avoir pas rempli leur part de contrat. Dès lors, l'Etat est appelé à instaurer ou restaurer cette équité entre les membres du même corps. Il faudrait donc que le citoyen se sente protégé aussi bien contre les abus des gouvernants, les empiétements d'autrui que du bon vouloir des prestataires de service.

Et il faut reconnaître que chez nous les consommateurs, sont à beaucoup d'égards, laissés à eux-mêmes, en face d'opérateurs économiques impitoyables se cachant derrière le principe du libéralisme économique qui aujourd'hui fait l'objet de régulation même dans les pays où il a vu le jour, les pays occidentaux en l'occurrence. La grève actuelle des conducteurs de taxi est assez révélatrice des hésitations des pouvoirs publics et la difficulté qu'ils ont pour non seulement rétablir le prix de la course mais aussi pour satisfaire la demande des citoyens dans le domaine du transport.

Dans presque tous les pays du monde, le transport urbain est assuré en grande partie par l'Etat ou la collectivité, en vue de faciliter le déplacement surtout aux fonctionnaires, contraints d'être au bureau à l'heure. Comment dans les conditions actuelles, si la grève des taxis et des conducteurs perdure, si le carburant manque, exiger que le fonctionnaire soit au bureau à l'heure ? L'autorité de l'Etat, qui ne se confond pas aussi avec l'exercice brutal de la force, se manifeste d'autre part dans sa capacité à faire respecter la loi et les décisions de justice.Pour exemple, le port du casque a fait l'objet de délibération lors d'un Conseil des ministres il n'y a pas longtemps. Mais que constate-t-on aujourd'hui ? Même ceux qui sont chargés de l'appliquer sur le terrain ne s'en soucient pas.

Certains de nos concitoyens pensent que c'est pour faire plaisir aux gouvernants ou aux policiers qu'ils sont invités à porter le casque, alors que c'est pour leur propre sécurité et protection en cas de choc. L'effritement de l'autorité de l'Etat n'arrange personne, au contraire il contribue à la désagrégation du tissu social et à l'instauration de la loi de la jungle où mêmes ceux qui croient être les plus forts ne seront épargnés. Quand il n'y a pas de lois, ou que l'observance de la loi est le dernier souci des citoyens, on ne peut parler de société organisée.

Et tous les efforts des dirigeants pour réaliser l'intérêt général sont annihilés, et l'amorce d'un décollage économique plombé. Il est donc temps que chacun se reprenne pour donner autorité à la loi que nous nous sommes librement donnée, et que l'Etat trouve l'équilibre, toujours pas aisé, entre l'abus de pouvoir et l'autorité de l'Etat, une autorité dont l'exercice est lui-même soumis à la loi.

Commentaires  

 
+1 #3 le baron 19-10-2012 08:29
De toutes façons, si l'autorité se sent le devoir de fixer la course de taxe par Décret ou par Arrêté, il faudrait bien qu'elle pense aussi à organiser le loyer qui est fixé à tord et à travers, par les proprio au grand dam des locataires. C'est aussi cela la justice sociale. Il y a beaucoup de choses à équilibrer. Messieurs vous avez du pain sur la planche !
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+1 #2 Tinaou 18-10-2012 16:11
Bazoum l'apprentis dictateur. Il croit qu'avec des menaces il va intimider les gens. En tout cas le PNDS a du pain sur la planche s'il n 'a pas un candidat au poste du Président du parti autre que Bazoum. En plus un Ministre des Affaires Etrangères qui n'a aucun langage diplomatique
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+1 #1 Foulani 18-10-2012 14:09
ATTENTION, HIER BAZOUM a parler a la radio. Restez calme si non???????????? ?? moi de toutes les façons j'ai entendu et le message a passer. Ils ont le pouvoir d'enfermer et corriger les personnes comme vous dites qu'ils ne connaissent rien du pouvoir.
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