Le badge est-il supérieur à la carte de presse ?
- Écrit par D.A. (L’Autre ESSOR N° 20 du 19 Octobre 2012)
A l’ouverture de la session budgétaire de l’Assemblée Nationale du Niger , le samedi 06 Octobre 2012 à Niamey, des journalistes Nigériens ont été interdit d’accès à l’hémicycle pour couvrir l’évènement d’une importance capitale pour notre cher pays, vu l’ordre du jour de cette session ordinaire.
La raison invoquée pour refouler ces journalistes est le manque d’un fameux badge établit avec complaisance. Là n’est pas le problème, car les hommes passent mais les institutions restent. Sinon, comment comprendre qu’on refuse l’accès à l’hémicycle à un journaliste porteur de sa carte de presse donnée par l’ONC pour lui faciliter l’exercice de son métier ? Nous estimons que ce faisant, l’Assemblée, institution Nationale qui fait la loi a violé par cet acte elle-même la loi. Pour ceux qui ne savent pas ou qui refusent de comprendre, tous les citoyens sont égaux devant la loi.
Aussi, c’est la délibération numéro 0005/ONC du 09 Septembre 2010 qui réglemente l’attribution et le retrait de la carte de journaliste professionnel. Et au sens de l’article 20 de l’ordonnance 2010-035 du 04 Juin 2010, portant régime de la liberté de presse au Niger, « le titulaire de la carte de presse de journaliste professionnel bénéficie des avantages liés à l’exercice de sa profession ». Alors, le porteur de cette carte a droit d’accès à l’hémicycle de l’Assemblée pour couvrir la cérémonie, car sa carte prime même demain sur un badge confectionné à dessein.
Le recueil des lois et règlements sur la presse et la communication au Niger ne fait pas place à un badge mais à une carte de presse qui porte selon l’article 05 de l’ordonnance sus indiquée, la signature du Président de l’autorité de régulation du secteur de la communication et celle du titulaire ainsi que la mention strictement personnelle. Nous souhaitons que l’ONC communique largement sur les tenants et les aboutissants de cette carte pour mieux sensibiliser les citoyens et surtout certains responsables d’institutions qui se croient tout permis, même la violation de la loi.
Vous le savez, il suffit d’égratigner quel qu’un dans ses colonnes pour qu’on brandisse du n’importe quoi ou qualifier le journaliste de tous les noms d’oiseau alors que les vrais faux dérangeurs sont eux.
