7ÈME RÉPUBLIQUE Vers quelle direction s'oriente la renaissance ?
- Écrit par K.M. (LE COURRIER N° 230 DU 17 OCTOBRE 2012)

Il est difficile de réfléchir sur la situation sociale actuelle du pays sans arriver à la conclusion qu'il y a de l'électricité dans l'air.
Et dans bien des cas, la question qui reste sans réponse est celle-ci : vers quelle direction s'oriente la renaissance ?
Le constat unanime que le commun des mortels dresse, aujourd'hui, relativement à la situation sociale est que rien ne va plus pour un régime pourtant plébiscité à plus de 52% à la fin du scrutin du second tour en mars 2011. Depuis cette date, même les plus incrédules se rendent à l'évidence que le pouvoir s'embourbe au fil des jours, des semaines et des mois. En moins de deux ans de règne, les discours sont restés les mêmes : promesses, promesses, promesses.
Tout se passe comme si nos gouvernants ne se sont pas encore réveillés de l'euphorie de leur victoire qui avait pourtant été consacrée par l'investiture du Président de la République, Chef de l'Etat, le 07 avril 2011. A les écouter, l'on se croirait encore en pleine campagne tant la propagande est manifeste, sans aucune commune mesure avec la réalité ambiante. Cette réalité est tissée avec le fil de l'exclusion, du népotisme, du favoritisme et de l'impunité à telle enseigne que le front social s'est subi tement embrasé, déroutant du coup, les socialo-libéraux installés au sommet de l'Etat.
Et puisque leurs mentors occidentaux ne leur ont pas filé le secret pour faire face à l'ampleur de la crise sociale, les voilà qui optent pour la méthode forte, pour la violence gratuite, pour la remise en cause des acquis démocratiques. Toujours sur le plan de la gouvernance, le rubicond est franchi y compris dans l'accès aux marchés publics. Les appels d'offres lancés ressemblent à la poudre aux yeux. Les astuces de contournement sont scientifiquement élaborées pour qu'au finish, le marché public même s'il vaut six (6) milliards FCFA aille vers le cercle restreint des destinataires soigneusement choisit par le " clan " !
Les autres opérateurs économiques abondamment mis à contribution au moment de la campagne sont purement et simplement ignorés. Pire, pour masquer son tâtonnement à faire face aux attentes légitimes du peuple, la renaissance, inspirée par les "méthodes tandjaniennes " de la courte période du tazartché, n'a trouvé mieux que de se défendre par le truchement d'acteurs non politiques qui ne rêvent que de tirer leurs épingles du jeu, faut- il pour cela mettre le feu au pays. Faudrait-il croire que la seule réponse que mérite le peuple nigérien est répression ?
Pourtant, le régime sait qu'il doit arrêter de travailler avec des gens versés dans la recherche de l'alimentaire afin de donner une vraie chance à notre peuple, à travers sa démocratie, de tirer profit des dernières luttes qu'il avait menées pour mettre fin au " bonus de 3 ans " de Tandja. Au rythme où vont les choses, la renaissance est en train de se gérer dans l'anarchie. Pour se convaincre, il suffit de se pencher sur la dernière évolution de la situation née de la fixation des prix des hydrocarbures à la pompe et de son exportation vers l'extérieur.
En lieu et place des solutions idoines, le régime se lance dans une rhétorique de politisation des mouvements sociaux qui naissent çà et là en réaction aux mauvaises options politiques sur lesquelles les gouvernants refusent tout dialogue en vue d'un consensus social pour la recherche duquel le Père Fondateur de l'ANDP-Zaman Lahiya y a laissé sa vie (Dieu lui fasse miséricorde, amen !). De toute évidence, il n'y a apparemment que le Président Issoufou Mahamadou qui croit que la renaissance a un contenu ou du moins qui s'efforce d'y croire, histoire de ne pas paraître dépassé par les événements.
Autrement dit, il faut se donner le temps de réfléchir, d'ouvrir le dialogue social et politique utile à la paix et à la cohésion nationales dans notre pays pris dans le sandwich des contingences sous régionales défavorables. Sinon buter contre la muraille qui se dresse en face n'est pas très loin. C'est un truisme de rappeler l'immense espoir qui avait envahi les coeurs et les esprits, y compris ceux des tazartchistes, au soir du 07 avril 2011. Les congratulations que les uns et les autres se donnaient étaient synonymes du nouveau départ. Finis les sacrifices, les peines, les privations, le sang et la sueur.
Tout le monde était convaincu que le meilleur venait d'être accompli. Apparemment, hélas ! La roue de l'histoire tourne prouvant une fois pour toute que l'entêtement politique, de qui qu'il vienne, n'a jamais servi personne car diriger, c'est avant tout s'ajuster. Un exemple si récent trotte dans le souvenir de chacun d'entre nous !

Commentaires
si vous ne savez où elle se dirige posez leur la question, eux ils le savent mieux que vous!!!
Aussi respectons ceux qui représentent notre très chère nation car s'ils ne comptent pas à vos yeux Dieu, Lui les considère pour la simple raison qu'ils ne sont pas n'importe qui. Ils ont une identité