Alliance ARN : Les fractures apparaissent
- Écrit par Ibrahim Elhadj dit Hima (La Roue de l’Histoire N°634 du 17 Octobre 2012)
Cohésion et solidarité jusqu’à quel point ? La question reste posée. En tout cas, le débat est désormais posé au sujet de la convergence de vue qui est loin de faire l’unanimité au sein de l’alliance des partis de l’opposition ARN.
En fin de semaine dernière, Issoufou Tamboura, un membre de la direction du MNSD, le principal parti de l’Alliance ARN n’a pas hésité à mater les incartades de Ousseini Salatou, président du parti Labizé et porte-parole de l’alliance. Les propos de Salatou n’engagent que sa personne, ce qu’il a déclaré n’exprime point la position du MNSD ou de l’ARN. D’ailleurs, aucune ré ou assise de l’alliance ARN ne s’est tenue pour apprécier les choses et dégager une position dans un sens ou dans un autre.
Ce sont là en substance les éléments de controverse soulevés par Issoufou Tamboura la semaine dernière en réaction aux propos de Ousseini Salatou qui, quelque temps auparavant, était apparu sur une chaîne de télévision pour parler d’une décrispation dans les relations entre l’ARN et le parti Lumana de Hama Amadou, deuxième parti de la majorité MRN. Qui faut-il croire ? Qu’est-ce qui est désormais la position de l’ARN sur cet hypothétique rapprochement entre l’ARN et Lumana ?
Dans ses envolées le porte-parole de l’ARN est allé jusqu’à dire que Hama Amadou, actuellement président de l’Assemblée Nationale est un membre de l’ARN. Allusion sans doute à la position de Lumana à la veille du premier tour des élections présidentielles de 2011, c'est-à-dire avant que le parti de Hama Amadou ne rejoigne la coalition des partis de la CFDR qui a remporté l’élection présidentielle de mars 2011. La sortie récente du président du MODEN-Lumana à Maradi a failli faire voler en éclats l’unité de façade au sein de l’ARN.
Même si les choses ne sont pas très profondes à ce sujet, il est apparu très nettement que la position de l’ARN et plus précisément du MNSD vis-à-vis de l’ancien frère ennemi est loin d’être parfaitement homogène. Lors de son séjour à Maradi, le président du MODEN-Lumana Hama Amadou n’a pas manqué de faire quelques appels de pied en direction des responsables politiques de l’ancien régime de Tandja Mamadou. Il ne faut plus les insulter, il ne faut plus critiquer les partis tazartché, il n’a aucun grief contre Tandja Mamadou…
En somme, Hama Amadou a voulu harnacher le fanatisme débordant de ses partisans au sein desquels se recrutent les plus farouches adversaires de Tandja Mamadou. Il a voulu jeter le voile sur la redoutable campagne contre les ténors du MNSD dont Tandja Mamadou qu’il a toujours accusé d’avoir monté un complot contre lui et d’avoir voulu le tuer. On tourne la page, on met la pédale douce et on revient vers des moeurs plus civilisées. Ce sur quoi Ousseini Salatou a rebondi, indiquant qu’ils (les partis de l’ARN) ont bien pris acte de la déclaration du président du MODEN-Lumana. Point de départ vers de nouvelles consultations ?
S’il n’est pas allé jusqu’à l’affirmer très ouvertement, le porte-parole de l’ARN ne ferme cependant pas la porte à d’éventuelles discussions dans ce sens. Cette position du président du parti Labizé n’a pas manqué de provoquer une réaction énergique du responsable de la communication au sein de la direction nationale du MNSD qui a voulu ramener dans les rangs Ousseini Salatou. Dimanche dernier, lors de la ré ordinaire du bureau politique du MNSD, cette bataille entre les deux responsables de l’opposition sur la position de l’ARN a été sans doute remise sur le tapis. Non pas pour statuer, mais sans doute pour calmer les ardeurs des deux partis.
Le MNSD ou de manière plus large l’alliance ARN doit donner l’image d’une organisation parfaitement soudée, le chef de l’opposition Seïni Oumarou a dû jouer au pompier pour éteindre le torchon qui brûlait et éviter un début d’incendie qui allait embraser les différentes familles politiques de l’opposition ou plus particulièrement du MNSD. Il est évident qu’il est très prématuré pour le MNSD pour rouvrir le lourd dossier de ses contentieux avec Hama Amadou. Beaucoup de choses se sont faites, beaucoup de choses ont été dites de part et d’autre avant et après la crise qui a débouché sur le schisme du MNSD historique et la formation du MODEN-Lumana.
Il est vrai aussi qu’au sein des responsables comme Seïni Oumarou accusé de trahison à l’endroit de Hama Amadou, Foukori Ibrahim et surtout le grand lieutenant de Tandja Mamadou Albadé Abouba ou les Ali Sabo et Alma Oumarou, la charge émotionnelle n’est pas encore totalement soldée avec les responsables du MODEN-Lumana principalement avec son chef Hama Amadou. Il faut rappeler que le parti de Ousseini Salatou n’a pas été très concerné par ces moments de grandes tumultes politiques, Ousseini Salatou n’a pas été très affecté par les affaires du MNSD.
Au moment de la grande bagarre au sein du MNSD, il était encore membre de la direction du parti Mourna Farahan de Mamoudou Djibo qu’il va quitter au plus fort de la campagne Taza rtché pour se rapprocher du MNSD de Seïni Oumarou.

Commentaires
Yasmina Khadra
loin de m'ingérer dans les affaires politiques de l'ARN et je pense que les nigériens ont tous le droit de se mettre ensemble, regarder dans la même direction, s'opposer entre eux mais en gardant à l'esprit la raison pour laquelle ils se sont mis en ensemble. Laissez l'ARN faire ses débats mais le seul problème qui se pose à l'ARN est que Salhatou Ousseini n'est pas à la hauteur du rôle de porte parole. l'ARN doit se raviser et le changer car c'est un personnage qui rappelle le manque de pudeur et l'immoralité et aussi longtemps qu'il parlera au nom de l'ARN, plus elle perdra en crédibilité. Imaginez qu'il s'agit du même Salhatou incriminé dans les affaires de fuite au Bac 2004 et qu'il a reconnu avoir pris de l'argent avec les candidats (voir rapport de la gendarmerie) et et ce monsieur va être un porte parole? soyons sérieux, changeons de porte parole camarades de l'ARN et nous garderons notre ligne politique
s