MOUVANCE PRESIDENTIELLE: Persistance du malaise
- Écrit par L' Evenement N°556 du 22 octobre 2012
La présence de Mohamed Ben Omar, député national au titre du Rassemblement pour la démocratie et le Progrès (RDP Jama’a), parti membre de la mouvance présidentielle, au meeting organisé hier à la place Toumo de Niamey par des structures de la société civile, a attiré l’attention de nombreux observateurs de la scène politique.
Une telle présence à un meeting de contestation des actes du régime en place risque d’exacerber davantage le malaise au sein de la majorité, déjà en proie à de profondes dissensions. A cela, il faut ajouter ces informations faisant état de divergences de point de vue par rapport à la position de la mouvance présidentielle concernant l’ébullition du front social.
La fissure se poursuit
L’un des faits saillants de cette manifestation des structures de la société civile est incontestablement la présence remarquée de Mohamed Ben Omar qui pouvait passer inaperçue si le parti politique auquel il appartient n’était pas membre de la Mouvance pour la renaissance du Niger (MRN). Comment une personnalité du régime actuel peut-elle participer à un meeting dont l’objectif est de dénoncer la gestion de la crise née des revendications des conducteurs et propriétaires de taxis ? La réponse se trouve probablement au niveau de l’état de santé vacillant d’une majorité qui avance en rencontrant un certain nombre d’embûches.
La participation pleine et entière de Mohamed Ben Omar à ce meeting intervient quelques jours après sa tonitruante sortie médiatique sur une télévision de la place où il a vertement critiqué le régime de la 7ème République, celui la même auquel il appartient. A cette sortie médiatique qui n’était pas la première, Ben Omar n’a pas été critiqué par son parti politique qui avait pourtant réagi suite à la première estocade qu’il avait lancée il y a quelques mois de cela. Cette absence de réaction de son parti est-elle la preuve d’une adhésion à ses prises de positions ? Aujourd’hui, c’est la question que d’aucuns se posent, notamment sur la bonne santé de l’alliance au pouvoir.
C’est d’ailleurs un Ben Omar ragaillardi par l’absence de réaction de son parti qui a participé au meeting de la Place Toumo, à moins qu’il n’ait été ouvertement autorisé par son parti à prendre part au meeting. Mais une chose est sûre, le dernier développement de la situation politique au Niger risque de creuser encore plus le malaise au sein de la majorité au pouvoir surtout lorsqu’on ajoute à cela, les informations persistantes faisant état d’une dégradation des relations entre le PNDS et son principal allié le Moden Fa/Lumana de Hama Amadou.
Il y a également ces informations faisant état d’un projet de déclaration du mouvement pour la renaissance du Niger par rapport à la situation sociopolitique nationale. Ce projet aurait avorté à cause de certaines divergences d’appréciation de la situation de la part de certains partis membres de la mouvance au pouvoir. Mais selon nos sources, il n’était pas question d’un projet de déclaration, mais d’une sorte de concertation afin de s’enquérir de la situation au sein de la majorité actuelle. Selon toujours nos sources, les membres de la mouvance présidentielle n’ayant pas d’informations exactes et ne pouvant pas se fier aux rumeurs, ont décidé de s’informer de la situation auprès des leaders de la mouvance avant de rendre publique une quelconque déclaration. Il reste que le seul fait que cette rencontre ait eu lieu est le signe qu’un danger guette l’alliance au pouvoir.
Ce remue-ménage présage d’une poursuite de la fissure du MRN. Mais le plus inquiétant pour la majorité au pouvoir constitue cette détérioration évidente des relations entre le Président de la République et l’actuel président de l’Assemblée Nationale. La récente cérémonie d’ouverture de la première session du Conseil économique et social (CESOC) avec la froide poignée de main entre Issoufou et Hama en dit long sur l’état des relations entre les deux hommes.
L’autre source de discorde est incontestablement l’inculpation de l’avocat de Hama Amadou, Marc Le Bihan, le 16 octobre dernier pour escroquerie et tentative de détournement de deniers publics, dans une affaire datant de 1997. Une situation qui n’est pas pour arranger les choses dans ce contexte agité. Il faudra plus que du tact pour le Président de la République, Issoufou Mahamadou et les responsables du PNDS pour convaincre Hama Amadou et le Lumana qu’il n’y a pas de calculs politiques dans l’ouverture de ce dossier dont les faits datent d’une quinzaine d’années.
A ces soubresauts, il faudrait ajouter ces informations faisant état d’un mécontentement de certains cadres du PNDS Tarayya qui n’auraient pas apprécié la récente relaxe de Hama Amadou dans l’affaire du fonds d’aide à la presse. Une relaxe qui est restée en travers de la gorge de militants influents du parti en ce sens que ces derniers considèrent que le réquisitoire édifiant du procureur près la Haute Cour de Justice a été mis de côté pour des considérations politiques. Pour accentuer la déchirure, le porte parole de l’ARN s’est exprimé il y a une dizaine de jours sur les ondes d’une radio de la place pour se féliciter de la relaxe de Hama Amadou alors même que le principal allié lui n’a pas exprimé une quelconque position à ce sujet. Cette sortie médiatique est le signe d’un rapprochement évident entre les partis de l’ARN et le principal allié du PNDS.
Il faut enfin ajouter comme pomme de discorde au sein de la majorité, cette grogne des opérateurs économiques du parti Lumana qui se plaignent que des marchés ne leur sont pas attribués, comparativement à leurs collègues du PNDS/Tarayya.
L’opposition qui tente de profiter de la brèche
Dans ce climat marqué par une certaine suspicion entre les grands partis de la majorité, l’opposition politique comme dans toute démocratie qui se respecte, essaye de profiter de la situation en enfonçant le clou à travers une critique acerbe de la gestion actuelle du pouvoir. C’est ainsi que l’alliance pour la réconciliation nationale (ARN) a rendu public le 18 octobre dernier, une déclaration à travers laquelle elle demande au président de la République de « faire preuve de sursaut national et patriotique pour se libérer de son réflexe de Président partisan, débaucheur et recruteur de militants, afin de s’élever au rang de Président de tous les Nigériens ». L’ARN fait allusion au débauchage de militants non seulement de ses rangs, mais également ceux des partis alliés du PNDS. Le Président de la République est accusé à tort ou à raison d’en être l’instigateur.
En outre, la déclaration de l’opposition politique a rappelé au Chef de l’Etat qu’aux termes des articles 46 et 55 de la Constitution, « il incarne et garantit l’unité nationale et assure le fonctionnement régulier des pouvoirs publics et la continuité de l’Etat et ne peut être Président ou membre de l’organe dirigeant d’un parti politique ou de toute association nationale ».
Quelle posture pour le Président de la République ?
Il demeure aujourd’hui que le Président de la République et le parti qui l’a amené au pouvoir se trouve dans une situation difficile avec une bataille qui risque de se dérouler sur deux fronts. Il y a d’une part cette guerre sourde à l’interne entre le parti au pouvoir et ses principaux alliés. De l’autre, il y a ce regain de force de l’opposition qui profite des failles du régime pour se refaire une nouvelle santé après plusieurs mois de traversée du désert. Comment le Président Issoufou pourra-t-il manoeuvrer dans ce chemin tracé devant lui, mais qui semble parsemé d’embûches ? C’est la question que d’aucuns se posent face à l’agitation sociale qui ne faiblit pas, à la fissure lente au sein du MRN, et à la montée en puissance de l’opposition ?
Il faudra nécessairement que le Président fasse preuve de tact politique pour essayer de se sortir de cette passe. Cela passera certainement par le retour en force de la lutte contre l’impunité. Le ton a d’ores et déjà été donné par le Chef de l’Etat lors de l’inauguration de la fibre optique à Dosso. Le Président de la République a ainsi annoncé la fin de la complaisance concernant la promotion de la bonne gouvernance. C’est probablement dans ce cadre de la lutte contre l’impunité que des dossiers pendants au niveau de la justice depuis des années ont été dépoussiérés. L’affaire Marc Le Bihan n’est que le début d’une longue traque qui va confondre aussi bien des personnalités des partis alliés que ceux d’autres partis dont les noms ont été cités dans des affaires scabreuses.
L’affaire des douaniers mise à nue par la HALCIA, le détournement des fonds issus de la vente des parcelles à Gaya, l’Affaire Assogba et bien d’autres rocambolesques affaires pendantes ou en instance d’être introduites au niveau des juridictions. En s’engageant de réactualiser la lutte contre l’impunité, le Président de la République prend ainsi de l’avance sur certaines personnalités qui cherchent par tous les moyens à se donner une nouvelle virginité afin de mieux rebondir sur la scène politique et pouvoir atteindre l’objectif qu’ils se sont fixés.
Tout en agitant le bâton, le Président de la République va user de la carotte à travers la création de conditions d’un dialogue constructif avec toutes les forces vives de la Nation afin d’apaiser les tensions sociales, tout en réaffirmant l’autorité de l’Etat lorsque les lois de la République sont foulées au pied.
En agissant ainsi, le Président Issoufou aura crée les conditions d’un succès aux élections législatives anticipées qui interviendraient en cas de dissolution de l’Assemblée nationale surtout que des informations font état d’une probable motion de censure contre le gouvernement de Brigi Rafini.
L’apaisement de la tension sociale et la lutte effective contre l’impunité seront incontestablement les deux recettes de chocs qui vont permettre au Président Issoufou de marcher sur un boulevard vers une majorité confortable à l’Assemblée nationale.

Commentaires
Alors comment avancer en toute noblesse: Il faut remanier ce gouvernement pour lui donner les chances de faire bouger les choses. Il faut également que les agitateurs soient calmés. Le seul et unique aspect des revendications est le prix de l'essence. Alors, un peu plus d'effort de la part du gouvernement pour proposer 499F pour faire comme les blancs. Mais la question de l'assemblée nationale est un faut problème et si jamais Issoufou glisse devant alorS...
Mieux encore, les agissements de Ben omar ne sont que des manœuvres sournoises tendant à faire croire à l'opinion nationale et international qu'il y a un malaise au sein de la majorité présidentielle dont son parti est membre.
Il ne pourra atteindre l 'objectif fixé à lui par ses mentors tapis dans l'ombre.
comprenez le, Mr Ben se cherche une virginité politique apres l 'avoir perdue dans des conditions honteuses conuues de tous.
je dis tout simplement à Mr ben que les nigeriens ont encore en memoire le projet satanique du tazartché, dont il faisait partie des instigateurs pour la simple de se maintenir au pouvoir et ce contre le gré des nigeriens.