GOUVERNANCE DU VÈME ARRONDISSEMENT Quand le maire se fait maître chanteur
- Écrit par A.S.(LE COURRIER N° 232 DU 31 OCTOBRE 2012)
Après les administrateurs garagistes et autres obsédés sexuels dont avait parlé une fois Sanoussi Jackou, et après les détourneurs de vivres des sinistrés de la 7ème République, allons-nous avoir des maires spécialisés dans le chantage pour boucler la boucle ?
Cela est possible au regard des agissements du maire du Vème Arrondissement contre un promoteur d'hôtel (point besoin de nom, il comprend de qui nous parlons). De quoi s'agit-il ? En 2008, un promoteur hôtelier fit régulièrement acquisition d'un terrain de 3.780 m² pour un montant de près de huit (8) millions de FCFA dans la Commune V, à l'époque. En homme d'affaires averti, il prit le soin de se munir de tous les documents administratifs : acte de cession, titre foncier, permis de construction, entre autres. Puis, il déposa un dossier de code d'investissement au ministère des mines et du développement industriel avant de démarrer la construction de son chantier.
Seulement voilà, un maire arrivé à la tête du Vème Arrondissement suite aux dernières élections, pense qu'il doit y fourrer son nez. Son premier prétexte était que le chantier en construction serait bâti sur une réserve publique non déclassée. Convoqué chez le maire, le promoteur lui démontre le contraire en brandissant son arrêté de déclassement produit par le ministère de l'urbanisme et de l'habitat. Le maire change de fusil d'épaule pour demander un redressement financier au bout duquel le promoteur devait racheter le m² à la somme de 5.000 FCFA.
Outré par ces agissements et bien d'autres qu'il ne sied pas de rapporter ici, la plainte du promoteur arriva devant une institution de la République. On y lit que " depuis un certain temps, le propriétaire de l'hôtel (…) est victime d'un harcèlement de la part du maire qui le convoque à tout moment pour lui réclamer de l'argent. " Comme il transparaît dans cette plainte, le maire est en train de se comporter en " colon racketteur " au mépris des textes de la République. Il doit se dire qu'il est également le défenseur des intérêts de ses administrés et non un maître chanteur cherchant à remplir ses poches par des méthodes qui ne l'honorent pas.
On se rappelle aussi qu'il y a quelques temps de cela, ce même maire avait échappé belle au dépôt d'une motion de défiance pour manque de considération envers ses collègues et les chefs de quartiers. C'est encore le même personnage qui avait voulu ester en justice la direction générale des impôts qui avait arrêté le versement de quelques ristournes (communément appelées 0,6 dans le milieu des impôts) à son profit après son élection à la tête de la municipalité. Quoiqu'il en soit, le temps de la toute puissance du maire est révolu. C'est le droit qui règle les relations entre les citoyens. De tels actes discréditent l'autorité et le parti d'appartenance du personnage.
Le Bureau politique national du LUMANA doit avoir un oeil vigilant sur le comportement de ses militants en mission de l'Etat. A la HALCIA, de faire correctement son travail en mettant hors d'état de nuire des personnalités aux agissements indécents. Nous y reviendrons !

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