Gouvernance politique : Remaniement ministériel en perspective
- Écrit par Ibrahim Elhadj dit Hima (La Roue de l’Histoire N°637 du 08 Novembre 2012)
Petite allusion dans ce sens, mais suffisamment claire pour signifier la nécessité d’un remaniement gouvernemental de la part du Président intérimaire du PNDS Bazoum Mohamed, dimanche 4 novembre dernier sur une chaîne de télévision privée.
Répondant à une question sur le flop total que connait le principal parti politique de la majorité, Bazoum Mohamed a reconnu que le PNDS a effectivement du mal à fonctionner tout en notant que dans une large mesure, cela est dû à ses fonctions au poste du Ministre des affaires étrangères qui ne lui laisse pas suffisamment du temps pour s’occuper du parti. Les choses sont on ne peut plus claires, il faut s’attendre du côté du PNDS à une réorganisation du dispositif politique pour permettre au parti de sortir de la léthargie qu’il traverse actuellement.
Le président intérimaire a visiblement tiré les leçons des difficultés qui sont entrain de se poser s’il doit en même temps gérer le portefeuille des affaires étrangères et les actions politiques nationales au niveau de la direction du parti. Cela pose un sérieux problème. Il n’a pas mesuré toutes les difficultés que cela pourrait constituer de concilier la fonction du Ministre des affaires étrangères (régulièrement en déplacement) avec l’animation du parti, avait indiqué en substance le chef de la diplomatie nigérienne Mohamed Bazoum, qui préside aussi aux destinées du PNDS depuis l’élection à la présidence de la République de Issoufou Mahamadou.
Le message est peut-être passé du côté du chef de l’exécutif Issoufou Mahamadou. En tout cas, au niveau des cadres du parti présidentiel, plusieurs voix se sont levées depuis le départ pour indiquer que le choix de Bazoum Mohamed au Ministère des affaires étrangères allait peser considérablement sur le fonctionnement du parti. L’évolution des choses semble leur donner raison si le président intérimaire du PNDS a luimême mesuré l’étendue des difficultés. Les propos de Bazoum Mohamed ont en tout cas ouvert la voie à des perspectives de réaménagement au niveau du gouvernement dans les tous prochains jours.
Toutefois, dans l’entourage du chef de l’exécutif, on s’est jusqu’ici accordé à dire que s’il y aura un remaniement gouvernemental, il n’interviendra pas avant le début de l’année 2013. Ce qui est sûr, c’est que entre ce chronogramme indicatif d’ouvrir l’année 2013 avec un nouveau gouvernement et la nécessité de réorganiser le fonctionnement du principal parti de la majorité présidentielle, il y a des signes clairs que le gouvernement actuel a atteint les limites de sa durée de vie et que un remaniement de l’équipe pouvait même intervenir plutôt que prévu, c'està- dire avant la fin de l’année 2012.
Donner un souffle nouveau Il faut aussi dire que les réflexions posées par le Ministre d’Etat Bazoum Mohamed interviennent dans un contexte où tous les débats actuels sur les questions de gouvernance concourent à dire que l’équipe ministérielle est vieillissante et que le gouvernement a besoin d’un souffle nouveau. Après presque deux ans de gestion, le gouvernement de Brigi Rafini n’a connu qu’un léger réaménagement qui a vu le départ de trois ministres et l’entrée de trois nouveaux ministres. Presque à mi-mandat, le Président de la République après deux années de mise à l’épreuve des membres de l’équipe gouvernementale pouvait notamment marquer un souci d’introduire des corrections au sein de l’équipe gouvernementale.
Ce qui pouvait passer par un échange de portefeuilles ministériels au sien des membres ou à l’arrivée d’autres personnalités politiques fortement calibrées. Ce qui est sûr, c’est que dans tous les cas, le gouvernement a besoin d’être relancé, d’être aiguillonné pour accélérer la mise en oeuvre du programme du Président de la République. Dans quel sens pourrait évoluer les choses ? S’agira-t-il d’un léger réaménagement ou d’un remaniement en profondeur dans la composition du gouvernement ? La question sera bientôt clarifiée. Pour l’instant, selon certaines indiscrétions, les portefeuilles comme les Affaires étrangères, l’Intérieur, le Tourisme, l’Urbanisme vont très probablement changer de mains.
Dans la conjoncture politique actuelle marquée de décrispation et de dégel dans les relations entre les formations politiques, le Ministre Abdou Labo pourrait éventuellement se voir dessaisi du portefeuille de l’intérieur et de la sécurité d’autant plus que, fortement englué par les querelles au sein de sa formation politique la CDS, il n’a pas su très efficacement le faire fonctionner. De l’avis de beaucoup d’observateurs en effet, le Ministère de l’intérieur n’a pas beaucoup fonctionné, son locataire est resté très peu visible dans des moments particuliers comme les événements de Zinder en début du mandat, il n’était même pas dans la délégation du Premier Ministre Brigi Rafini qui s’est rendue sur place pour désamorcer la crise.
Très effacé aussi dans la gestion des catastrophes liées aux inondations et récemment encore dans l’enlèvement des six otages dans la région de Maradi. Si Bazoum Mohamed ne quitte pas le gouvernement, il pourrait éventuellement atterrir au Ministère de l’intérieur pour reprendre un ministère régalien qui, comme on dit, relève du domaine réservé du Président de la République. En même temps que cela permettra au président intérimaire du PNDS de gérer les affaires domestiques du parti. Pour les deux ministères de l’urbanisme et celui du tourisme, il faut dire que s’ils sont marqués par la pâleur de leurs locataires, il reste aussi que Abdoul Karim Moussa Bako, Ministre de l’urbanisme et Hawa Baaré du tourisme, tous deux cadres du MODEN-Lumana se trouvent de plus en plus en disgrâce au sein de leur formation politique qui demande leur limogeage.
Depuis le départ en effet, une large frange du MODEN-Lumana a toujours contesté la nomination au sein du gouvernement de Abdoul Karim Moussa Bako et Hawa Baaré. Les choses à ce niveau se sont dégradées d’avantage et il faut s’attendre, comme à Maradi où les militants Lumana ont obtenu la tête du gouverneur de région Sidi Mohamed, au départ du gouvernement de Haoua Baaré et Abdoul Karim Moussa Bako. Mais il est évident qu’un remaniement ministériel s’il devait intervenir dans les prochains jours pourra introduire des changements plus en profondeur et ira au-delà de ces quelques interventions chirurgicales au niveau des Affaires étrangères, de l’Intérieur et des deux ministres Lumana.

Commentaires
VIVEMENT POUR LE REMANIEMENT!
JUSTE POUR REMANIER ET NON PAS PARCE QUE LE GOUVERNEMENT A FAILLI.LES MINISTRES SORTANTS DOIVENT ETRE REMERCIES ET FELICITES POUR LEURS CONTRIBUTIONS AU DEVELOPPEMENT DU PAYS.
Les ministres alimentaires et inutiles comme Issoufou Issaka de l'hydraulique et de l'environnement qui a passé tout son temps à octroyer des marchés gré à gré à des militants de LUMANA, celui de l'urbanisme et de l'habitat pour son immobilisme, celle de l'EN, celui de l'enseignement supérieur...
C'est aux Nigériens, tous ensemble, de construire la RENAISSANCE du Niger au risque d'assister à cette incapacité de la renaissance de faire renaître le Niger.
Indépendamment des clivages politiques, tous les Nigériens doivent militer pour le bien-être collectif, le développement durable et équitable du Niger et pour la bonne gouvernance.
Ces éléments doivent permettre de fédérer tous les Nigériens autour d'une nouvelle stratégie et d'un idéal commun sans exclusion ni discrimination.
C'EST A BASE DE CELA QUE DOIT SE FAIRE LE REMANIEMENT MINISTÉRIEL AVEC UNE NOUVELLE ÉQUIPE GOUVERNEMENTALE FÉDÉRANT TOUTES LES SENSIBILITÉS INDÉPENDAMMENT DES CLIVAGES POLITIQUES.
Bien cordialement
Dr ANASSER AG RHISSA
EXPERT TIC ET GOUVERNANCE
E-mail: Anasser_AgRhissa
TEL 00336 15 39 67 79
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