Le Président Issoufou Mahamadou au Sommet extraordinaire de la CEDEAO sur la crise au Mali et la situation en Guinée Bissau, à Abuja (Nigéria): Apprécier le concept d'une intervention militaire au Mali
- Écrit par Maina Hassane Mamane, envoyé spécial de l’ANP (le sahel du lundi 12 novembre 2012)
Le président de la République, Chef de l’Etat, SEM. Issoufou Mahamadou a regagné Niamey, hier dans l’après-midi, de retour d’Abuja, au Nigeria, où il a pris part au Sommet extraordinaire des Chefs d'Etat des pays membres de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), consacré à la crise au Mali et la situation en Guinée Bissau.
Présidée par le Président en exercice de la CEDEAO, le Chef de l’Etat ivoirien Alassane Dramane Ouatara, ce Sommet extraordinaire a vu la participation de la Commission de l’ Africaine (UA), de l’Organisation des Nations Unies et des pays membres de la CEDEAO, auxquels se sont joints le Tchad, l’Algérie et la Mauritanie. Les Chefs d’Etat, qui ont examiné, à huis-clos, la situation politique et sécuritaire au Mali et en Guinée Bissau, se sont concertés en vue de l’adoption du plan stratégique de libération du nord Mali occupé par des mouvements islamistes armés.
Ils ont ainsi suivi le rapport sur la ré extraordinaire du conseil de médiation et de la sécurité ainsi que le rapport du mé- diateur dans la crise malienne, présentés par le président de la Commission de la CEDEAO Kadré Désiré Ouédraogo. Ils ont aussi suivi et examiné la communication du groupe régional de contact sur la Guinée Bissau. Le sommet a pris les mesures nécessaires afin de "rétablir la loi et l'ordre dans tout le Mali", tel que recommandé par la CEDEAO, qui s'est consacrée à la résolution de cette crise dès sa naissance. Le dialogue, par défaut l’usage de la force, a été la position du Niger, défendue fermement par le Chef de l’Etat SEM. Issoufou Mahamadou au cours de ce sommet d’une journée.
L' Africaine a approuvé en octobre dernier à Addis Abeba (Ethiopie), la feuille de route du gouvernement de transition du Mali et qui prévoit entre autres l'organisation d'élections d'ici à Avril 2013. Ceci ne serait se faire sans un contrôle effectif de l'ensemble du territoire malien par les autorités de Bamako, reconnaît-on. L’on se rappelle que le Conseil de Sé- curité de l’ONU avait donné un délai de 45 jours à la CEDEAO pour l'établissement d'un plan pour une intervention militaire africaine contre les islamistes qui contrôlent le nord du Mali. La résolution 2074 du Conseil de Sécurité de l'ONU demandait ainsi à la CEDEAO et à l’UA, de présenter des" recommandations détaillées et applicables" en vue de la résolution de cette crise.
De même, l’ Européenne et plusieurs partenaires stratégiques avaient affirmé leur détermination à appuyer la force africaine sur le plan logistique et celui des renseignements. La sécurisation du sud malien et la reconquête du nord sont les principales tâches dévolues à la force africaine dont l'effectif varie désormais entre 3 000 et 5500 hommes selon les responsables de la CEDEAO. Selon des sources dignes de foi, d'autres pays africains, non membres de la CEDEAO ont décidé de participer à la résolution de la menace islamiste, qui, au-delà de l’espace sahélien, tend à s'étendre à d'autres pays africains, européens et du monde.
L'adoption par les Chefs d'Etat du plan stratégique de libération du nord Mali engage les Etats à entreprendre une lutte sans merci contre les mouvements djihadistes qui sèment la terreur dans cette zone. Dans un point de presse animé en marge de ce sommet extraordinaire, le ministre d'Etat, ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération, de l'Intégration Africaine et des Nigériens à l'Extérieur, M. Mohamed Bazoum, a annoncé, en outre, que "les Chefs d'Etat ont eu droit à un compte rendu de la ré des chefs d'état major des armées de la communauté; une ré qui s'est déroulée il ya quelques jours à Bamako.
"Ce compte rendu a révélé que certaines dispositions ont été prises. Les Chefs d'Etat ont pris connaissance du concept opérationnel et du concept stratégique d'une intervention militaire au Mali", a-t-il dit. Le chef de la diplomatie nigérienne a affirmé que "les chefs d'état ont apprécié dans les dé- tails, le concept de cette intervention". Il s'agit, selon lui, d'engager des négociations avec les troupes qui occupent le nord Mali, mais qui restent disposées a signer un accord avec les autorités maliennes de transition, mais dans le cadre d'un état unitaire et républicain".
Selon Bazoum Mohamed, les Chefs d'Etat ont identifié ces forces sur la base du rapport qui leur a été soumis par les ministres des Affaires Etrangères". "Nous avions évalué les besoins mais également fixé un délai", a-t-il précisé. "Nous avons instamment demandé aux autorités maliennes qu'il est urgent de créer les conditions de la mise en place d'une structure nationale de dialogue (assises nationales), comme elles l'appellent, pour avancer au rythme de la communauté internationale", rapporte Bazoum Mohamed, qui ajoute que "ces forces qui occupent le nord Mali ne sont pas que maliennes. "Elles ont causé beaucoup de tort au Niger et au monde; il faut les combattre", a-t-il martelé.
La délégation du Niger à ce sommet extraordinaire d’Abuja, comprenait le ministre d’Etat, ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération, de l’Intégration Africaine et des Nigériens à l’Extérieur M. Mohamed Bazoum, le ministre de la Défense Nationale, M. Karidjo Mahamadou, et le Député National Boukary Sani dit Zilly.

Commentaires
Pour éradiquer la crise au Mali, les coordinations à tous les niveaux et entre les niveaux (LOCAL/NATIONAL /CEDEAO/UA/ONU) sont indispensables.
Le Mali et ses forces de défense et sécurité (FDS) doivent jouer un rôle central dans de telles coordinations et dans les adaptations associées.
Les FDS du Mali sortiront grandies si ces coordinations et les adaptations associées se révèlent efficaces.
Soutenant une guerre stratégique de renseignements, ces coordinations et harmonisations constitueront le cœur du système de restauration de l’intégrité territoriale du Mali.
Chacun doit y jouer son rôle pour l’efficacité global de cet élan.
Pour ce faire, une formation et des conseils adaptés seront nécessaires, d’où l’intérêt de la mission de l’ Européenne qui se charge d’aider le Mali dans ce sens.
Bien cordialement
Dr ANASSER AG RHISSA
EXPERT TIC ET GOUVERNANCE
E-mail : webanasane