Rapprochement MNSD – Lumana Vrai ou faux ?
- Écrit par Ibrahim YERO (Le Canard déchaîné N°559)
Dans un communiqué de presse en date du 5 novembre dernier, le bureau politique du Mouvement national pour la société de développement (MNSD-Nassara) a cru bon de démentir certaines informations.
Celles-ci qui prennent l’allure de rumeurs tendent à faire croire à des consultations entre des partis politiques de la majorité et ceux de l’opposition en vue d’une reconfiguration politique. Toute chose que le MNSD-Nassara qualifie de « manoeuvre sournoise de certains responsables politiques tapis dans le guri système et alliés ». Ainsi l’ancien parti au pouvoir tient à informer que « ces informations sont fausses et dénuées de tout fondement ». Aussi, le MNSDNassara dont la rumeur voudrait que des factions se déchirent entre elles « reste un et indivisible autour de son président Elh Seïni Oumarou et qu’il ne se laissera pas divertir par les manoeuvres désespérées et de bas étage des pyromanes qui cherchent à mettre du feu partout ».
Mais, puisqu’il y a un ‘’mais’’, « le MNSDNassara réitère sa disponibilité constante à soutenir toute initiative qui prenne en compte les intérêts du Niger et de son peuple ». Et le four- tout est trouvé ! N’estce pas les intérêts du Niger que les défenseurs de la thèse d’une recomposition politique mettent en avant pour expliquer les raisons d’un tel scénario ? Si ça se trouve, le parti de Seïni Oumarou n’exclut donc pas totalement sa participation à un éventuel changement de majorité pourvu que « les intérêts du Niger et de son peuple » y soient. En vérité, le communiqué du MNSD a plus tendance à démentir les frictions en son sein qu’à nier toute velléité de revenir aux affaires plutôt que prévu.
Sur sept (7) paragraphes qui composent le communiqué seul un (1) parle exclusivement du rapprochement entre le MNSD et des partis de la majorité. Les six (6) autres paragraphes mélangent les 2 sujets dans un équilibrisme fascinant. De son côté, l’autre « accusé » en l’occurrence le MODEN Lumana africa du président de l’Assemblée nationale est sorti de sa réserve à travers son 1er Viceprésident Sala Habi. Lequel affirme sur les ondes de RTT que la MRN (majorité) n’a aucune crise de confiance ou de quelle que nature que ce soit. Selon Sala Habi, entre Hama Amadou et Seïni Omar, c’est une vieille amitié qui date depuis que l’un et l’autre avaient dans les 17, 18 ans d’âge.
Curieuse coïncidence, c’est dans la même semaine que les 2 partis politiques ont fait chacun de son côté sa communication sur le même sujet et après des semaines de rumeurs. Alors, y a-t-il véritablement eu négociations ou pas ? Si oui, auraient-elles échoué, pourquoi ? Rien n’est moins sûr ! Cependant, malgré tout, ce dont le Niger a le moins besoin c’est d’une recomposition politique. Les Nigériens en gardent un mauvais souvenir depuis la tumultueuse cohabitation de 1995. Aussi, en dépit de l’état stationnaire ressenti et décrié à tort ou à raison, il faudra donner plus de chance à la démocratie renaissante et patienter encore 3 ans pour faire le vrai bilan de la gestion du pouvoir par le PNDS-Tarayya et ses alliés.
Une recomposition politique peut aboutir à une crise politique et institutionnelle laquelle peut à son tour déboucher sur une remise en cause de la démocratie. Un autre recul du pays avec l’éternel recommencement. Le Niger n’a point besoin de cela mais il faut que les gouvernants s’en convainquent et décident de changer la gouvernance de manière à répondre aux aspirations du peuple. Ce qui est jusquelà un mirage auquel on tente de s’accrocher. Le régime en place a tout intérêt à se réajuster, se secouer s’il le faut pour retrouver le chemin qu’il a raté depuis bientôt 2 ans.
S’il ne le fait pas, il prend le risque qu’on le fasse à sa place et là ça va faire très mal. Le pouvoir enivre certes mais il ne faut jamais perdre de vue que l’on peut brutalement se dessaouler et se retrouver devant l’irréparable. Pour éviter cela, les hommes intelligents veillent à contrôler leur moment d’ivresse.


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