MNSD-Lumana : Les concertations d’arrière boutique
- Écrit par Ibrahim Elhadj dit Hima (La Roue de l’Histoire N°638 du 14 Novembre 2012)
Les responsables de la direction nationale du MNSD jurent tous leurs saints qu’ils n’ont jamais engagé de dialogue avec le MODEN-Lumana.
Mardi 6 novembre dernier, le secrétaire général adjoint du MNSD, l’ancien parti de Tandja Mamadou a rendu public un communiqué à travers lequel le MNSD a voulu montrer patte blanche. Oumarou Hadari a démenti toutes les supputations sur un prétendu rapprochement entre le MNSD de Seïni Oumarou et le MODEN-Lumana de Hama Amadou. Ce communiqué visiblement vise les militants du parti, parce que pour l’instant rien encore n’est définitivement réglé dans le processus de concertations et consultations. Pour l’instant cette déclaration du secrétaire général du MNSD a au moins eu l’avantage d’être très claire là-dessus.
«Le Bureau politique du MNSD rappelle à ses militantes et à ses militants que de tout temps, et ce, conformément à son triptyque consultation – concertation – participation, les décisions engageant la vie du parti sont toujours marquées du sceau de l’adhésion générale, de la cohésion, de la transparence et de la responsabilité», a précisé le communiqué du MNSD du mardi 6 novembre dernier. On rassure les militants du MNSD et les chefs des partis alliés de l’opposition ARN, et on laisse aller en sous mains les consultations et concertations. Lundi 12 novembre, des petites concertations se tenaient entre d’un côté Ali Sabo et Wassalké Boukary et de l’autre Sani Malam Sani et Hassane Mossi.
Ali Sabo et Wassalké sont tous deux des cadres importants de la direction nationale du MNSD et à eux deux, ils pilotent les deux plus grands fiefs du MNSD, la région de Maradi pour Sabo et Tillabéry pour l’ancien ministre du développement rural Wassalké Boukary. Sani Malam Sani et Hassane Mossi représentent le MODEN-Lumana de Hama Amadou. L’ancien ministre Sani Malam Sani et ancien directeur de cabinet, après une période de grand militantisme aux côtés de Tandja Mamadou, a fini par passer dans le giron de Hama Amadou.
Et quand l’ancien Premier Ministre a quitté le MNSD, confisqué par Seïni Oumarou, pour rejoindre le MODEN-Lumana, Sani Malam Sani était là encore aux côtés de Hama Amadou avec sa section de Diffa. Il était le Directeur national de la campagne du MODEN-Lumana aux dernières élections de 2011. Très proche de Hama Amadou, Hassane Mossi figure parmi les députés du MNSD qui ont été exclus de l’Assemblée Nationale en 2009 au moment de la crise qui a opposé Hama Amadou à Tandja Mamadou. Une fidélité solide à Hama Amadou qui n’a jamais fait défaut. Un tête à tête symbolique entre des figures importantes des deux partis, le MNSD et le MODEN-Lumana.
La rencontre qui intervient 6 jours seulement après le communiqué du mardi a eu lieu au domicile de Ali Sabo dans l’aprèsmidi et s’est prolongée jusque après 19h. Alors, poursuite des consultations en sous mains ou mission d’investigation pour identifier qui aurait laissé fuiter les informations sur les débuts de rapprochement entre le MNSD ou le MODEN-Lumana ? Quand on sait que le MNSD et Lumana se rejettent la responsabilité d’avoir trop vite ébruiter la timide tentative de rapprochement. Rien n’a filtré sur les contours de cette rencontre entre les représentants du MNSD et du Lumana, les deux partis frères ennemis.
Mais ce qui est sûr, c’est qu’il y a des contacts fortement établis et que les pourparlers se poursuivent même si l’on tente de minimiser leur portée. Ce n’est un secret pour personne, depuis longtemps déjà, au sein du MNSD, c’est Ali Sabo qui représente le chef de file des contacts avec le MODEN-Lumana de Hama Amadou. Alors, à quoi pourrait rimer la rencontre entre Sani Malam Sani, Hassane Mossi de chez Hama avec Ali Sabo et Wassalké Boukary de Seïni Oumarou ? Le communiqué du mardi 6 novembre a en fait voulu ménager toutes les sensibilités au sein du parti entre partisans et adversaires d’un rapprochement avec Hama Amadou. La situation n’est pas suffisamment mûre, ce n’est sans doute pas le moment de provoquer d’éventuels déchirements au sein de l’establishment du MNSD. Le communiqué de Oumarou Hadari pourrait surtout être un message fort envoyé à l’ancien Président de la République Tandja Mamadou, retiré dans ses quartiers de la zone Aéroport et qui, apprend-on reste encore hostile à tout rapprochement avec Hama Amadou. Mais dans cette affaire à deux entre le MNSD et Lumana, il y a aussi une affaire à trois entre Tandja Mamadou, Hama Amadou et Ali Sabo. Ce dernier, éternel opposant à l’intérieur du MNSD ne s’est jamais totalement soumis sous la coupe du tandem Tandja – Hama quand cela marchait très bien. Il a toujours fait bande à part même s’il n’a jamais pu créer un courant politique autour de lui. Toute la durée du mandat du régime Tandja Mamadou, il a toujours titillé l’autorité de Hama et même de Tandja Mamadou. Depuis qu’il a rejeté une maigre nomination que Tandja lui a faite comme PCA de la SONICHAR en 2000, il s’est mis à bouder Tandja Mamadou avec toutefois un rapprochement de circonstance au moment de la grande crise du MNSD. Peut-être qu’à travers la poursuite de ces concertations et consultations avec les émissaires de Hama, Ali Sabo a voulu encore prendre sa revanche et défier l’autorité du patriarche Tandja Mamadou.

Commentaires
Je fais tomber le régime si on ne m’innocente pas et Moussa Keita, qui le soutiendra
c'est cela la politique, rien qu'un jeu d'interets et donc à nous autres pauvres citoyens de nous responsabiliser d'avantage