Alliance au pouvoir: Que des supputations !
- Écrit par BONKANO (Le Canard déchaîné N° 560 du 19 novembre 2012)
Alors que Niamey n’a pas encore fini de bruire de rumeurs insistantes sur les intentions des uns et la volonté des autres, voilà qu’une campagne de dénigrement et de médisance, voire de diffamation...
par voie de presse est savamment orchestrée contre le président de l’Assemblée nationale, Hama Amadou, fautif d’avoir un langage de vérité dans un contexte politique pollué par le mensonge et la fausseté.
Des attaques en règle dont personne ne se doute plus de l’origine et des motivations mais qui n’ébranleront pas l’alliance au pouvoir.
La crise du pétrole ? C’est Hama Amadou qui est derrière. L’école ne marche pas ? C’est Hama Amadou. La crise des transports d’hydrocarbures ? C’est toujours Hama Amadou. La justice est en ébullition. C’est encore Hama Amadou. La gestion tardive et approximative des inonda tions ? Hama Amadou. Bref, le gouvernement est amorphe ? C’est Hama Amadou qui sabote et qui croise les bras lorsqu’il doit jouer au pompier. Allié principal du pouvoir, LumanaAfrica doit souffrir le martyr en silence. Pourtant, Hama Amadou fait plus qu’il ne devait pour sortir d’affaire des ministres du gouvernement incapables d’expliquer dans un langage clair ce qu’ils font avec l’argent du contribuable nigérien.
A plusieurs reprises, des ministres n’ont dû leur salut que grâce au président de l’Assemblée nationale qui a su clairement exposer ce que les intéressés peinaient à dire. FoumakoyeGadoet Abdoulkarim Bako en savent quelque chose. Le président de LumanaAfrica a fait tellement l’exercice et défendu les positions du gouvernement que selon certains militants de son parti, il se fait plus royaliste que le roi. Ils n’ont pas peut-être tort. Et la campagne de dénigrement par voie de presse, savamment orchestrée contre l’homme ces joursci mettent de l’eau à leur moulin. Pour autant, Hama Amadou ne peut et ne doit garder le silence lorsque le pays est confronté à des crises.
Doit-il se taire comme une carpe lorsque des Nigériens sont noyés dans les eaux et que le gouvernement y reste insensible pendant quatre jours ? Doit-il se contenter de suivre, en spectateur engagé, l’évolution du mouvement d’humeur des conducteurs et propriétaires de taxis sans lever le petit doigt ? Doit-il s’aligner systématiquement sur les positions du gouvernement, même lorsque celles-ci sont dénuées de toute pertinence et de toute rationalité ? Doit-il dire oui lorsque tout comde dire non ? Hama, Amadou est avant tout aujourd’hui un représentant de la nation qui a de surcroît juré sur le Saint Coran de s’acquitter de sa mission de façon juste et dans les seuls intérêts du Niger et de son peuple.
Il ne peut donc donner satisfaction à des intérêts partisans et ne peut garder le silence face aux incuries d’hommes et de femmes qui, bien souvent, sont incapables de se projeter dans l’avenir et d’imaginer les conséquences de leurs actes actuels. Faire plaisir uniquement ne peut être une recette de gouvernance. Et l’homme le dit à volonté. Certes, ses prises de position sur les grands sujets d’intérêt public ne sont pas toujours faites pour faire sourire et applaudir ses amis de la majorité. Mais l’homme n’est mû que par son serment coranique et sa vocation d’homme d’Etat. Dans un contexte politique pollué par le dogmatisme et la démagogie sans retenue, Hama Amadou a préféré emprunter la voie de la vérité et de la sincérité, en tous lieux et en toutes circonstances.
Cela, le Président Issoufou le sait en se voit nullement dérangé par ce rôle des plus justes. Ceux qui, par simple goût de la chienlit dans un pays si ébranlé par deux décennies entières d’instabilité, doivent comprendre que la manigance ne passera pas.

Commentaires
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La présidence nigérienne n'a pas ménagé son tiroir-caisse pour organiser le forum de ses partenaires à Paris. Enquête sur une facture très salée.
source:La Lettre du Continent N°647