ASSAINISSEMENT L'absence du "lion" se fait sentir dans la " forêt "
- Écrit par ALPHA (LE COURRIER N° 235 DU 20 NOVEMBRE 2012)
Jamais assainissement n'a fait l'objet d'une sollicitation au Niger que sous cette ère de la " Renaissance ".
Peut être parce que le président de la République, Issoufou Mahamadou l'avait tellement miroité aux Nigériens. C'était son principal cheval de bataille lorsqu'il bataillait sous les couleurs de l'opposition. On se souvient de ses propos sous la 5ème République lors d'un meeting qu'il avait animé à la devanture du siège du bureau politique national de son parti, le Parti Nigérien pour la Démocratie et le Socialisme. Diagnostiquant alors ce qu'il avait appelé les maladies de la 5ème République, Issoufou s'indignait ainsi : " Aux grands voleurs la révérence et aux petits voleurs la potence.
" Au cours des dernières campagnes électorales qui l'ont porté à la magistrature suprême du Niger, celui que les Nigériens appellent majestueusement " le lion " avait promis de mettre la lutte contre la l'impunité et la corruption au centre des priorités. Chose qu'il a solennellement réitérée lors de la cérémonie de son investiture le 7 avril 2011. Tombent les premiers dossiers. On peut citer la rocambolesque affaire de règlement des fausses factures au Ministère de l'Economie et des Finances dans laquelle étaient impliqués deux gros morceaux, le richissime opérateur économique, Zakou Djibo dit Zakaï, député, militant de la majorité au pouvoir cité à tort ou raison dans plusieurs scandales financiers et le sieur Hassane Alkaly (ou Alhassane Alkaly), Directeur de Cabinet Adjoint à la présidence sous la transition militaire du Conseil Suprême pour la Restauration de la Démocratie (CSRD).
Ceci sans compter plusieurs hauts cadres du Ministère de l'Economie et des Finances trempés. Le préjudice causé à l'Etat : la bagatelle d'environ 2 milliards de FCFA. Cette opération mafieuse comme celle dite de l'OPVN (Office des Produits Vivriers du Niger) dont la facture s'élevait également à plusieurs centaines de millions de FCFA, révélées par la presse, furent confirmées par l'Exécutif qui avait réaffirmé sa volonté d'assainir la gestion des biens publics. On pensait alors l'assainissement cette fois incontournable et impartiale. Dès lors que la majorité avait placé au banc des accusés ses " propres enfants " et frappé dans le rang de son " providentiel prédécesseur ", qui pouvait-elle épargner ?
Aux institutions traditionnelles de répression de la délinquance économique comme l'Inspection Générale d'Etat (IGE), le premier des Nigériens va apporter du sien, avec la création de la Haute Autorité à la Lutte contre la Corruption et des Infractions Assimilées (HALCIA), son empreinte indélébile. Mais dès la nomination des membres de cette institution, certains Nigériens de tirer la sonnette d'alarme, une façon de dire que le président de la République n'a pas eu les hommes qu'il faut à la place qu'il faut. Maudite par une grande partie de l'opinion, la HALCIA ne va jamais produire les résultats escomptés, du moins jusque là, rien.
Et le président de cette institution, va lui-même faire leur meaculpa, lors d'une conférence de presse qu'il a animée, insinuant que l'insuffisance des résultats pouvait trouver sa réponse dans l'insuffisance des textes créant la HALCIA. Si aujourd'hui, la machine s'arrêtait là, l'histoire ne retiendrait rien de l'institution de répression de la corruption si ce n'est qu'elle a offert le spectacle lamentable de la guerre entre son président et son vice-président, le second accusant le premier de porter en lui le péché originel de la négation de la lutte anti corruption. L'un dans l'autre, une chose est sûre, la HALCIA est loin de l'attente des Nigériens. Chaque jour que Dieu fait, elle donne l'image d'une institution incapable d'accomplir sa mission confiée à elle par le président de la République.
Pire, certains de ses membres trainent avec eux d'anciennes casseroles. Les fausses exonérations qui font l une des journaux aujourd'hui auraient été signées par quelqu'un qui en est membre. Ce qui nous amène à poser la question suivante : qui a trahi le Chef de l'Etat ? Car il y a bel et bien eu trahison, celle d'avoir trompé le président de la République dans la nomination des membres de la HALCIA. Selon certaines sources, on a travaillé dans la " sphère stratégique " du Chef de l'Etat pour perpétuer l'affairisme et la prédation des ressources du pays.
Hier la " Niagate " et autres " Rimboeries ", aujourd'hui, c'est le " Barkaisme " et demain quoi d'autre, voilà bien des noms qui sont en train de ternir tous les gros efforts du président de la République à redonner espoir aux Nigériens, un espoir éventré par les " comédiens de la démocratie " de l'ère " Tazarché ". Il faudra tout simplement qu'ils arrêtent ou qu'ils se fassent arrêter !

Commentaires
Quant à toi tu ferais mieux d'aller te morfondre dans ton petit coin en attendant le tour de ceux pour qui tu es à la solde.
Ce n'est pas celle là la bonne question. Mais plutôt, pourquoi le président persiste à garder ce type comme membre de la HALCIA maintenant qu'il sait?
La HALCIA ne rien produire comme résultat dans la lutte contre l'impunité parcequ'elle n'est pas créée pour ça.
Là, il ne s'agit pas de competence. Depuis la democratie sa a ete toujours ainsi. Toujours parent, ami, connaissance et couleur politique. Avec beaucoup de difficulté on passera au changement Incha Allah. Prions Dieu, Seul peut nous assister dans ce pays.