Procès Hama Amadou : Le lourd passif du MNSD soldé
- Écrit par Ibrahim Elhadj dit Hima (La Roue de l’Histoire N°639 du 21 Novembre 2012)
Le procès en appel mardi 6 novembre dans l’affaire qui oppose Hama Amadou, président de l’Assemblée Nationale et président du parti Lumana à Moussa Keita, militant MNSD a enfin livré son verdict mardi 20 novembre dernier : non-lieu.
Par ce verdict, la chambre d’accusation de la cour d’appel de Niamey vient ainsi confirmer la décision du doyen des juges près le tribunal de grande instance de Niamey qui a déjà sorti, dans une précédente audience, une ordonnance de non-lieu en faveur de Hama Amadou sur le chef d’accusation dont il est poursuivi. Hama Amadou est accusé de complicité d’incendie volontaire sur la base des propos et incitations par un autre militant MNSD membre des structures des jeunes du parti qui soutient que les auteurs d’incendie sur son véhicule ont agi sur instructions de Hama Amadou.
Mardi 20 novembre, devant les locaux de la Cour d’Appel de Niamey, Moussa Keita qui se présente dans cette affaire sans aucun avocat a dit ne pas s’en tenir là, il compte se pourvoir en cassation. Dès l’enrôlement de cette affaire auprès de la Cour, le militant MNSD a dit avoir soulevé un vice de forme : l’accusé ou le présumé complice d’incendie devait comparaître physiquement devant le prétoire, ce qui nécessite la levée de son immunité parlementaire. Aussi, il entend relancer ce dossier au moyen de la procédure d’exception de constitutionnalité qu’il dit avoir soulevée sur la base de l’article 88 de la constitution nationale.
Y aurait-il un nouveau rebondissement dans ce dossier ? Pas si sûr. En tout cas, avec le non-lieu sur l’affaire fonds d’aide à la presse du 5 octobre dernier devant la haute cour de justice et cet autre non-lieu sur l’affaire de complicité d’incendie, on s’achemine vers l’extinction complète de tous les affaires judiciaires traînées par l’ancien grand ordonnateur du MNSD. L’héritage du vieux parti liquidé Avec cette dernière décision de la Cour d’Appel, c’est tout le lourd passif du vieux parti, le MNSD-Nassara qui est entrain d’être définitivement soldé. Fini, toutes les poursuites contre celui qui a été le grand manitou et le grand ordonnateur du MNSD, le parti de l’ancien Président de la République Tandja Mamadou.
Une page sombre de l’histoire du MNSD est entrain d’être tournée, totalement blanchie, procès après procès. Qui s’était pourtant plaint de Hama Amadou, le tout nouveau Premier Ministre du gouvernement de Tandja qui prenait les commandes du parti présidentiel au début des années 2000 après l’élection de Tandja Mamadou à la présidence de la République ? Personne. Tous au MNSD s’étaient accordés pour reconnaitre les qualités de bon manager de Hama Amadou. Un management fait de beaucoup de choses et dont les facettes troubles allaient très vite être dévoilées au grand jour. L’affaire Moussa Keita – Hama Amadou n’est pas seulement une affaire d’incendie, c’est surtout une affaire de gestion.
Les symptômes ont masqué la maladie, peut-on dire paradoxalement. Le traitement judiciaire de l’accusation de complicité d’incendie a éludé les accusations de mauvaise gestion et de détournement des biens du MNSD. Au départ de ce qui allait être une terrible bataille politico-judiciaire il y avait les accusations de détournement des dons soudanais par Hama Amadou relevées par un groupe de jeunes militants MNSD à la tête duquel se trouve Moussa Keita. Dirigé par Hama Amadou, le MNSD dans ses relations avec les partis amis avait reçu du Soudan, de la Chine et d’autres mécènes nationaux d’importants appuis financiers et matériels. Tout ce patrimoine s’était dissipé dans des circonstances plus ou moins opaques.
On n’a parlé de biens fonciers, et un projet de construction d’un siège de grand standing du MNSD était même en projet (le marché avait été lancé), mais le bâtiment moderne du siège MNSD n’a jamais vu le jour. Fautil parler pour autant de détournement ou de gestion discrétionnaire des ressources du parti par le patron du MNSD Hama Amadou ? Ce qui est sûr, c’est qu’au moment de la gloire du MNSD, tout le monde s’en remettait au savoir-faire de Hama Amadou. Le parti devait grandir. Il devait gérer toutes les conjonctures. Hama Amadou était là, c’est lui qui pourvoyait aux ressources.
La machine du MNSD en pleine expansion avait besoin des ressources financières, de beaucoup de ressources, il fallait en trouver. Hama Amadou était là pour tout organiser. Même s’il ne manipulait pas directement les choses, il en était l’initiateur, il était l’instructeur, il était à l’aiguillage. Hama Amadou veillait sur tout. Un vrai chef d’orchestre par qui toutes les initiatives devaient passer, les orientations politiques, le management du personnel politique, la cooptation des grands commerçants du parti. C’est pendant cette période que le MNSD est devenu une grande machine politique. Et cette expansion du parti, s’est effectuée en même temps que le MNSD se transformait en une véritable galaxie d’affaires et de business.
Il y a eu toutes ces affaires qui étaient indissociables du besoin toujours plus grand d’argent pour le MNSD et dont Zakou Djibo dit Zakaï était le symbole de la réussite et de la décrépitude : affaire Zainab, détournement des fonds PPTE, affaire fonds d’aide à la presse, faux marchés publics de Zakou Djibo. Il y avait tous ces gros virements du trésor public, notamment cette sulfureuse affaire Larabou qui n’a jamais été élucidée (des dizaines de milliards de francs CFA du trésor national virés sur le compte d’un énigmatique Larabou), affaire fonds de l’énergie, affaire OPVN, affaire SONIDEP…
Grandeur et décadence, c’est cela les deux facettes du grand MNSD de Hama Amadou jusqu’au crash de la galaxie qui a débouché sur la formation d’une aile résiduelle autour de Seïni Oumarou, l’actuel président du MNSD et d’une faction partie avec Hama Amadou pour grossir les rangs du Moden Lumana, une jeune formation politique créée par Noma Oumarou. Le pourvoyeur des ressources du MNSD, l’ordonnateur des dépenses est intimement associé au glorieux ou salace du MNSD. On ne peut faire le procès de Hama Amadou sans faire celui du MNSD. Où sont passées les ressources du fonds d’aide à la presse, il les a utilisées pour la grandeur et l’image du régime MNSD.
Il y va sans doute de même pour les biens et dons des amis de la Chine et du Soudan, ainsi que toutes les affaires qui ont secoué l’empire MNSD. C’est toute cette page sombre qui est entrain d’être tournée à travers des non-lieux. Allez ! On passe, on remet les compteurs à zéro. Sur le terrain politique, les mauvaises langues commentent quelque peu avec un brin de sarcasme la séparation par affinité entre le MNSD de Seïni Oumarou et le MODEN-Lumana de Hama Amadou. On n’a partagé les actifs avec d’un côté les modérés avec Seïni Oumarou et de l’autre les ultras avec Hama Amadou. Et on n’efface le passif.

Commentaires
Finalement tu as compris . Ma culture m'a sûrement appris à haïr ceux qui ne vivent que du passe-droit, du vol, ceux qui se croient plus malins que les autres et qui jouent au petit malins, et surtout les hypocrites et injustes. Même dieu n'aime pas cette catégorie.
Mais t'as besoin de 2 thérapies: 1 pour t'apporter une petite pincée de raisonnement et l'autre contre une culture qui t'a dressé dans la haine.
je déconne encore une foi à vouloir recuperer un irrec....ble
Sachez une seule chose, que Hama et Seyni s'entendent ou non ,incha'Allah nous allons chasser votre régime de mal gouvernance sur fond d'ethnorégional isme . Les traîtres de l'Ouest seront punis. Quant à toi Laouel Ismael avec ta tête perpendiculaire digne d'un bâtard de Kornaka et le minable activiste triballiste de la soi-disant société civile vous êtes déjà dans notre rétroviseur vos familles vont pleurer
Ou sont passés les 4 milliards que tanja a soit disant volé à la SONIDEP ? Je suis ils ne sont pas dans son compte bancaire, mais on sait un seule militant de LUMANA peut voler la moitié de ce montant.
S'il a volé 4 milliards alors il mérite la prison, le vol est une chose qu'on ne supporte pas et qu'on ne peut jamais comprendre pourquoi certains en sont fières.
3 - les chinois ont financé la SORAZ a 100%, le pillage n'est pas d'avoir 40%' , qui si bien géré est largement suffisant, mais le fait que hama veut coûte que coûte avoir le contrôle de la SORAZ. Pourquoi LUMANA veut coûte que coûte avoir la SORAZ et n'arrive même pas a la gérer? L'idée n'est il pas de mettre la main sur les revenus de ce pétrole ?
Quant au pillage de l'uranium par AREVA, en plus de quarante ans dis moi le président qui à plus dure au pouvoir et dis moi ce que ce président a fait pour arrêter ce vol ? Il a fallu tanja pour dire non, et il a fallu Salou pour dire oui à ce vol.
1 - il faut savoir qu'on est au Niger, ceux qui ne volent pas n'ont même pas de dossiers à la justice et ceux qui ont leur dossiers en justice font tout pour installer les membres de leur partisi politiques, leurs amis dans le systeme judiciaire. Un juge ou un procureur de LUMANA qui innocente hama ne dit rien de sa culpabilité, c'est juste une autre mafia.
2 - admettons que la croissance de tazartché est de 5% ( sans preuve à l'appui) , 5% en 3 mois de tazartche contre 9% de croissance en plus d'une annee au pouvoir des Salou. Dis toi les acquis que le Niger a perdu pour atteindre les 9%, tous les acquis que le Niger a eu sur le plan minier a été remis à cause par Salou pour des miettes de qlq milliards et dont les conséquences sont maintenant la. Je préfère 5% de croissance en 3 mois et être indépendant que d'avoir 9% et être esclave et sous la dominance des autres.