HASSAN KAMAL bientôt derrière les barreaux ?
- Écrit par Hama Zakou (Le Canard déchaîné N° 561)
Décidément, Hassan Kamal est un caïd et ceux qui prétendent que l’homme a de qui tenir n’ont pas tort.
Les états de service de ce Nigérian d’origine libanaise montrent clairement qu’il fait partie de la classe des « intouchables », ceux-là pour qui la justice est un jeu dont ils maîtrisent parfaitement les ficelles, visibles et souterraines. Une véritable pieuvre de fleuve, avec des tentacules à des années-lumière de l’organisation du pèlerinage, dans des domaines insoupçonnés où le personnage fait pourtant bonne fortune.
Plutôt connu dans les milieux de l’organisation du hadj grâce à l’agence de voyage Niger Sahel Airlines qu’il a fondée, en association avec des Nigériens et qui se trouve aujourd’hui dans un tourbillon de conflits juridico-financiers, Hassan Kamal est visiblement un homme qui ne finira pas de surprendre par ses frasques. Car, derrière l’homme des avionneurs, se cache un consultant d’un autre genre : facilitateur dans les démarches et procédures administratives. Certains d’entre vous ont vite fait de qualifier cela de trafic d’influence. Mais, bon, ce sont les affaires et les affaires sont sans frontières.
C’est dans ce créneau porteur et sans gros risques pour les gens rompus aux approches appropriées, dans une administration de plus en plus minée par la corruption et les passe-droits, que Hassan Kamal s’est encore signalé. Tout commence le 7 janvier 2009, date à laquelle les Etablissements de distribution et de marketing (EDM) dont il est co-responsable avec Abdoulaziz Larabou, et MFW, la société chargée du désensablement du fleuve Niger, signent un accord. Au terme dudit accord, MFW retient EDM pour une prestation de services visant à obtenir le financement de son projet en cours et de fournir la documentation nécessaire en faveur de MFW.
EDM s’engage ainsi à utiliser son expertise, son expérience et son influence en vue d’aider MFW à obtenir le financement plein et entier de son projet. En termes clairs, il s’agissait pour EDM d’intercéder auprès des services compétents pour faciliter le paiement des décomptes au profit de MFW qui s’engage, en retour, à payer au consultant 10% du coût total du projet en honoraires. Mais la mise en oeuvre de cet accord connaîtra des problèmes. Le 9 janvier 2012, EDM écrit à MFW pour réclamer le paiement de ses honoraires. Réponse de l’entreprise : « … vous êtes mal fondé à demander la rémunération d’un service que vous n’avez point accompli ».
Bref, des échanges de courriers, les deux parties passent finalement devant le juge pour une conciliation judiciaire. Le 13 mars 2012, « MFW s’engage, devant le juge, à payer à EDM 100 millions de francs CFA à titre de règlement définitif de l’affaire les opposant et cela dès le paiement de son décompte par le Trésor national ». Ce qui fut fait le 12 avril 2012 par chèque bancaire délivré au nom de Abdoulaziz Larabou. En principe, le différend entre MFW et EDM est clos. Définitivement clos. Mais, c’est sans connaître Hassan Kamal qui ne veut, pour rien, abandonner le filon. Grâce à ses origines libanaises qu’il partage avec le gérant de la société MFW, Il revient à la charge mais avec une autre musique.
A EDM qui n’a plus rien à réclamer à MFW, Hassan Kamal substitue de hautes personnalités au nom desquels il prétend agir et pour le compte desquels il prend beaucoup d’argent avec MFW. Dans une totale opacité. C’est ce qui justifie la décision du gérant de la société MFW qui s’est vu dans l’obligation de retourner devant le juge avec le sieur Kamal pour une deuxième conciliation judiciaire qui ne se justifie pas. Le gérant de MFW ferait-il l’objet de chantage de la part de Hassan Kamal ? Rien n’est exclu. Le 9 août 2012, l’intéressé reconnaît finalement, à l’issue de la conciliation du juge, que MFW ne lui doit rien et que les 50 millions qu’il semblait réclamer lui ont été effectivement payés ; qu’aucun litige n’existe plus entre les deux parties et qu’elles sont désormais quittes.
Cette deuxième conciliation judiciaire intervenue, non pas entre MFW et EDM, mais entre MFW et Hassan Kamal, prouve à suffisance que le gérant de MFW a dû subir d’énormes pressions. Des pressions de toute nature qui ont permis de maintenir l’oiseau dans la cage, lui extorquant, selon des informations dignes de foi, des fonds à maintes reprises. Le préjudice subi par MFW se chiffrerait à la somme de 800 millions de francs CFA. Hassan Kamal a, donc, du souci à se faire car il pourrait bien se retrouver dans les heures à venir derrière les barreaux. Ce qui est sûr pour le moment, c’est que MFW compte réclamer par voie judiciaire ce qui lui a été extorqué dès cette semaine en déposant une plainte en bonne et due forme devant le parquet.

Commentaires
Vous retirer là ou on parle des milliares et vous nous poster là ou c'est des millions.
Nous voulons voir clair les articles retirer.
J'appele a une mobilisation collective pour le retour de ces articles.
Canard déchainé: Il est bien d'édifier le peuple sur certaines pratiques et sur certaisn individus non fréquentables. Cependant, la volonté de nuire ici vous pousse au dilatoire et à l'exagération ce qui, du coup, enlève toute crédibilité à vos écris. Dommage...