Une nouvelle ère diplomatique
- Écrit par BIZO (Le Canard déchaîné N°562)
A temps nouveaux, attitudes nouvelles. C’est le cas de le dire, avec en toile de fond les avancées significatives enregistrées par notre pays dans plusieurs domaines.
En effet, qu’on le dise ouvertement ou qu’on le chuchote loin des artisans de la relance de ce pays, force est de reconnaître que nous sommes à un tournant décisif de notre histoire : le Niger, l’ancien abonné des dernières marches de l’échiquier mondial, est en train de devenir la coqueluche des temps modernes, un pays autour duquel est en train de se construire une géostratégie impressionnante, impliquant tant les acteurs régionaux qu’internationaux. Dans un tel contexte et, pour concrètement saisir la portée des enjeux qui se nouent et se dénouent autour de nous, il nous faut des hommes et des femmes stratèges, connectés aux grands principes géopolitiques qui régissent un monde de plus en plus exigeant.
Il faut donc décanter et tamiser le potentiel afin de mettre horsjeu tous les rondouillards en déphasage avec les idées nouvelles. A cet effet, la 7ème République dispose de repères édifiants parmi lesquels on citerait sans hésiter le Ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération, de l’Intégration Africaine et des Nigériens à l’Extérieur, M. Bazoum Mohamed. Quoique l’on dise, le Ministre Bazoum Mohamed représente aujourd’hui un exemple du dirigeant type dont notre pays a besoin, celui-là qui ne se rétracte pas, qui n’a ni la langue de bois ni la froideur hypocrite des démagogues d’une autre époque.
C’est cette conduite qui le présente chez beaucoup d’observateurs comme un homme bouillonnant, un tantinet intransigeant et qui n’a pas l’habitude de mâcher ses mots. Les mots, en véritable philosophe, il sait les choisir, il connaît leur portée et il sait les placer avec tact et art. Ainsi de ces constats qu’il a vertement crachés aux autorités maliennes, les tenant pour responsable de la situation actuelle qui prévaut dans la sous-région : « Amadou Toumani Touré était fier de se présenter sur son perron avec des otages libérés. Il avait un deal avec Aqmi pour faire en sorte qu’ils aillent les enlever au Niger ou en Mauritanie, et ensuite les libérer au Mali par l’intermédiaire de Iyad Ag Ghali…
Le gouvernement malien de l’époque a été particulièrement complaisant… » ; Déclaration faite en marge de la Table des Partenaires du Niger qui s’est tenue récemment à Paris. Voilà en substance les mots durs que le Ministre Bazoum a jetés sur Toumani Touré et sa horde d’incapables qui ont fait s’envenimer la situation au Mali et au-delà, dans toute la sous-région du sahel. Voilà aussi les mots chuchotés mais jamais dits ouvertement aux autorités maliennes. Ces mots, il a fallu le courage et la désinvolture de notre Ministre des affaires étrangères pour les dire tels qu’ils sont à la communauté internationale. De la désinvolture, voilà le nouveau langage que doivent désormais emprunter nos autorités pour faire face à l’inconséquence des certains acteurs politiques qui excellent dans le béni oui oui.
De la désinvolture, voilà aussi ce qu’il nous faut pour affirmer tant notre souveraineté que notre suprématie sur les petits Etats voisins qui, il y a un passé récent, venaient quémander de l’argent chez nous et qui nous ont subitement rattrapé à cause des inconséquences de nos hommes politiques. Notre diplomatie a besoin d’un nouveau visage que seul un nouveau discours peut lui conférer. Et, ce discours d’avenir, ce comportement que nous recherchons est pour l’heure bien réussi par le Ministre Bazoum Mohamed. Après un toilettage sans reproche dans nos différentes chancelleries, il est en train de s’échiner à mettre à la disposition de nos ambassades les moyens de leur fonctionnement.
Car, assurez-vous, le premier élément de crédibilité qui a manqué à ces ambassades reste assurément le budget de fonctionnement qui arrivait souvent avec des mois, voire des années de retard. Elles sont nombreuses nos ambassades qui ont fermé à cause de dettes. Aujourd’hui, c’est un passé révolu avec la nouvelle politique prônée par le Ministre des affaires étrangères et qui est basée sur le respect mutuel dans le domaine de la coopération. Sur le plan international, notre diplomatie est aussi en train de s’afficher comme l’une des plus crédibles. En témoigne l’ouverture de plusieurs nouvelles ambassades dans des pays comme la Turquie, l’Inde et bien d’autres.
Là aussi, l’offensive du Ministre Bazoum est à saluer car plusieurs autres pays ont ouvert leur ambassade dans notre pays. A tous ces pays, il faut désormais tenir un nouveau langage, un discours porteur basé sur le respect mutuel et sur le partenariat gagnant gagnant. Et, pour réussir cette option, il faut des hommes cultivés, des hommes connectés aux grands idéaux que véhicule la mondialisation. Il faut désormais dire « non » à tous ceux qui viennent vers nous avec des subterfuges pour davantage sucer nos ressources. Ça, le Ministre Bazoum sait le faire sans aucune démagogie.
Nous avons besoin d’être respectés, surtout par des gens qui nous vilipendent pour encore mieux nous exploiter. Il faut du tact, de la culture générale et surtout de la désinvolture.


Commentaires
Mais je ne crois pas que le terme "désinvolture" soit une expression heureuse pour qualifier les qualités de bazoum ou devenir le langage diplomatique de notre pays! Recherchez bien la signification de ce mot dans le petit robert ou le Larousse.
EN OUTRE DEPUIS L ENTRÉE EN FONCTION DU PRÉSIDENT IL N Y A PAS EU UNE RENCONTRE ENTRE LE PRÉSIDENT ET TOUS LES DIPLOMATES SELON LA TRADITION.
LE PRÉSIDENT DOIT RENCONTRER SES REPRÉSENTANTS AFIN DE LES INSTRUIRE CONFORMÉMENT A SA POLITIQUE.
L’engagement brutal de l’armée israélienne en territoire palestinien de Gaza est une tragédie révélatrice de l’état morale de notre monde d’aujourd'hui ou il suffit d’être faible pour avoir tort.
Qui ne saurait jamais pu imaginer que notre conscience puisse s’accommoder de telles scènes de désolations âpres ce que l’humanité a subi au cours du 20e siècle.
Ces scènes d’enfants et de femmes massacrées sont d’un autre âge.
Il est urgent d’y mettre définitivement fin a travers la mise en place d’un état palestinien a l’intérieur des frontières de 1967.
SE M. Bazoum Mohamed
Ministre d’état, ministre des Affaires Étrangères, de la Coopération, de l'Intégration Africaine et des Nigériens à l'Extérieur