7ème République : Quand renaissance est synonyme d’exaspération
- Écrit par ZHB (TOUBAL INFO - N° 39 DU 6 DECEMBRE 2012)
Vingt mois encore après la prestation de serment du Président el hadj Issoufou Mahamadou, suivie de l’installation du premier gouvernement de la 7ème République, les Nigériens attendent toujours les premiers signes du changement tant tambouriné par « Guri Système ».
Quoi de plus normal que de croire aux promesses d’un homme au charisme inégalé et au pragmatisme avéré, ayant bénéficié de surcroît d’un capital d’expérience acquis pendant la longue marche qui fut la sienne. Un homme connu aussi pour son franc parler et sa capacité à diriger. Car, remplissant les conditions et répondant à la règle générale qui exige que tous ceux qui aspirent diriger fassent leurs preuves dans la vie, Issoufou Mahamadou répondait à tous les critères d’éligibilité aussi intellectuels que moraux. C’est donc dans la logique des choses qu’il s’est vu confier la gestion des affaires du pays pour un mandat de cinq ans.
Fort conscient de ce capital de confiance placé en sa personne, il a fait la ferme promesse d’oeuvrer inlassablement pour le bonheur et la prospérité du Niger. Mais pour l’heure, la situation se présente de manière on ne peut plus déplorable chez les Nigériens qui assistent impuissants à la dégradation quotidienne de leur niveau de vie. Caractérisée par un climat de malaise généralisé, la dure situation de pauvreté et autres difficultés qui sévissent en ce moment n’ont hélas épargné aucun domaine.
En dehors de la santé qui a connu une certaine amélioration, tous les autres indicateurs sont demeurés ternes. C’est ainsi que l’économie tend vers une paralysie record, l’éducation est en pleine déliquescence, la sécurité est très fragilisée, le népotisme revient en force, la corruption et l’impunité sont vécues du quotidien. Comme on peut le constater, l’avènement de la 7ème République considéré par la plupart des nigériens comme la dernière lueur d’espoir pour une remise aux rails de la locomotive Niger, fait plutôt place au scepticisme et à l’incertitude quant à une quelconque évolution positive du quotidien des Nigériens.
Encore loin des multiples promesses électorales, les Nigériens dans leur majorité continuent de croupir sous le poids d’une longue attente qui commence à peser de tout son poids. En réponse à cette attente, ils sont enivrés au quotidien par le tapage autour d’un programme mirage, supposé sortir le Niger d’une situation de main tendue. Pourtant bien qu’esquissé en grand format, ce programme dit de la Renaissance du Niger n’a pas suscité l’enthousiasme escompté auprès des populations nigériennes. En effet, très sceptiques, beaucoup de Nigériens trouvent utopique la mise en oeuvre de ce programme qu’ils trouvent indissociable au Programme spécial de l’ex-Président Tandja Mamadou.
Pour certains, même s’il est supposé prendre en compte tous les domaines sensibles, plusieurs préalables se posent en obstacles pour sa réalisation. Sans évoquer les moyens colossaux que cela exige, entre autres préalables, nous pouvons citer l’adhésion de la population qui constitue l’élément fondamental. Pour ce faire, elle aura besoin d’une large sensibilisation, afin qu’elle puisse maîtriser les contours et enjeux du projet. Or nous savons qu’en matière de sensibilisation autour de la question, les rares sorties de quelques ministres à l’intérieure du pays sont loin de faire l’affaire. Car plus des ¾ de la population ne sont pas encore à même de vous définir de façon acceptable le programme 3N.
Face à ces réalités, les Nigériens exaspérés par trop d’espoirs déçus, en appellent à l’homme de tous les défis, pour qu’il fasse tout pour redresser la barre, pour le grand bonheur des Nigériens conformément à tous ses engagements. C’est pourquoi, convaincus de la détermination qui anime le président Issoufou et de sa capacité à faire changer les choses, beaucoup pensent qu’il n’est encore trop tard pour changer de fusil d’épaule afin de sortir notre pays de cette somnolence qui n’a que trop duré. Il s’agit de trouver d’autres mécanismes pour voir par où ça coince, qu’est-ce qu’il faut réellement pour une relance de l’économie dont dépend la survie des autres domaines.
Pour revenir au programme 3N, il faut dire sans ambages que l’adhésion massive de toutes les couches s’impose. Il est alors indispensable d’expliquer clairement aux nigériens la faisabilité du projet dans tous ses aspects. Ainsi ils seront non imprégnés, se départiront une fois pour toute des préjugés, mais s’assureront également qu’ils ne sont pas menés en bateau. Il y va de l’intérêt des nigériens et de la poursuite d’un second mandat.

/ 1
Commentaires
Ou plutot 21 pays ont fait une chute de 21 places dans la classification. .. cela veut-il dire que le Niger a fait un "bond" dans ce domaine! Pas necessairement! Ces statistiques sont etablies pour des interets politiques par ceux qui les utilisent pour attaquer qui les pays qui ne repondent pas a leur desiderata!
"l’économie tend vers une paralysie record": La BCEAO ne vient-elle pas de publier un rapport dans lequel le taux d'inflation est maitrisé (donc pas de baisse de niveau de vie) tandis que le PIB connait une croissance de 12,7% (une des meilleurs croissances mondiales) et que la masse salariale globale a explosé cette année.
"l’éducation est en pleine déliquescence": voir rapport du MCA et de la fondation Mo Ibrahim qui tous reconnaissent une amélioration
"Caractérisée par un climat de malaise généralisé": La seule chose vrai dans cet article car en effet lorsque les gens ne peuvent détourner à leur guise ils se plaignent qu'il n'y a pas d'argent et que le pays va mal. Mr le journaliste avez-vous seulement pensé à utiliser des données empirique pour étayer tout ce que vous dites ou est-ce juste radio-trotoire en action?