Déclaration de l’ARN sur la formation d’un Gouvernement d’ Nationale
- Écrit par ARN
Réunie en session extraordinaire ce jour 15 décembre 2012 à l’effet d’examiner respectivement l’appel du Président de l’Assemblée Nationale, Monsieur Hama Amadou et la proposition du Président de la République, Monsieur Issoufou Mahamadou...
en vue de la participation d’un gouvernement d’ nationale, l’Alliance pour la Réconciliation Nationale fait la déclaration dont la teneur suit :
A l’occasion de la clôture de la session budgétaire 2012-2013, le Président de l’Assemblée Nationale a brossé devant les députés, le Premier Ministre, les membres du gouvernement, les représentants du corps diplomatique et les représentants des partenaires techniques et financiers, un tableau sombre de la situation socio-économique et politique du pays caractérisée, notamment par :
- une contre-performance de nos services administratifs tant dans la mobilisation des ressources internes que dans la consommation des crédits ;
- Les plaintes régulièrement émises par les partenaires extérieurs quant à l’incapacité des services administratifs à absorber les ressources mises à la disposition du Niger.
- les faibles fonds de contrepartie demandés sont occultés, bloquant ainsi le décaissement de plusieurs milliards qui auraient pu utilement s’injecter dans le circuit économique de notre pays ;
- la corruption et le détournement des recettes par certains agents de l’administration;
- le rythme effrayant et incontrôlé de l’augmentation de la masse salariale ;
- le rythme des revendications salariales qui se succèdent et ne finissent pas ;
- Et surtout du danger réel que courent les agents de l’Etat à renouer avec les arriérés de salaire etc...
Devant cette situation, somme toute réelle qui présage des lendemains incertains pour notre pays, le peuple nigérien s’attendait à ce que le Président de la République, en tant que premier responsable à qui incombe le devoir de garantir le bien être de tous les nigériens, reprenne la même analyse faite par le Président de l’Assemblée Nationale et fasse des propositions de sortie de l’impasse.
Mais, contre toute attente, le Président de la République a rencontré, à sa demande, le Chef de File de l’Opposition pour l’entretenir longuement sur la réussite du programme de la renaissance de la 7eme République dans tous les secteurs socio économiques et enfin lui proposer la participation de l’ARN à un gouvernement d’ nationale.
Ces appréciations divergentes des deux plus hautes autorités de l’Etat pour un même objectif laissent perplexes l’opinion nationale et internationale.
Or, penser la mise en place d’un gouvernement d’ nationale suppose qu’il y ait une situation grave qui menace le pays et qui nécessite un pacte républicain autour duquel les Nigériens doivent trouver un consensus. Pour l’ARN, l’argument sécuritaire, tant galvaudé par nos autorités pour appeler à un gouvernement d’ nationale, ne se justifie pas.
Du reste, dans son histoire récente, le Niger a affronté, à trois reprises, des crises sécuritaires nées des rebellions armées dans ses parties septentrionale et orientale et dont le règlement n’a pas nécessité la mise en place d’un gouvernement d’ nationale.
L’ARN réaffirme, une fois de plus, que l’engagement du Niger, relativement à la crise malienne, doit d’abord, privilégier plutôt la solution par le dialogue et la négociation et non la solution militaire afin de préserver l’intégrité territoriale du Mali, l’unité nationale, la paix et la démocratie.
Tout engagement militaire, au besoin, doit respecter notre ordonnancement juridique. Cet engagement doit être subordonné à une bonne préparation et une bonne mise en condition matérielle et morale des forces de défense et de sécurité pour sécuriser les frontières du Niger, défendre son intégrité territoriale et protéger les personnes et les biens.
L’ARN est convaincue que si ces conditions sont remplies, nos vaillantes forces de défenses et de sécurité, comme à l’accoutumé, sauront faire face à toutes formes de menace.
En réalité, cette proposition de gouvernement d’ nationale que d’aucuns ont qualifié, en son temps, « d’escroquerie politique », n’est qu’une absence d’arguments et de solution aux préoccupations de plus en plus fortes des citoyens.
Du reste, il faut se rappeler que l’incapacité du régime actuel trouve son origine dans les propos visionnaires de Monsieur Bazoum Mohamed, premier vice Président du PNDS, actuel président par intérim dudit parti qui , à la veille des élections législatives, jumelées aux présidentielles 2011, a déclaré, suite au rejet des 663 listes de candidatures sur 1190, soit 56% de rejet, je cite : « si nous partons dans ces conditions aux élections, les institutions qui en seront issues ne seront ni représentatives, ni crédibles, ni légitimes » fin de citation.
Ainsi, l’histoire donne alors raison au visionnaire que fut Bazoum Mohamed, car, à moins deux ans seulement de l’installation de ces institutions, le Président de l’Assemblée Nationale a confirmé ses propos à travers ce tableau sombre de la 7eme République.
La Constitution, ayant consacré le régime semi- présidentiel, le gouvernement peut, par conséquent, être remanié, démis légalement. L’Assemblée Nationale peut provoquer une recomposition de la majorité ou être dissoute pour avoir une représentation parlementaire plus représentative à même de refléter la configuration politique nationale.
Le gouvernement peut être également recomposé à l’issue d’une motion de censure consacrée par la Constitution.
Le Niger n’a connu de gouvernement d’ nationale que pendant les régimes de transition militaire résultant des coups d’Etat.
Faut-t-il pour cela suspendre la Constitution et par quels moyens ?
L’ARN rappelle que le renforcement de la démocratie impose que la majorité gouverne et que le Président de la République respecte son serment coranique, de dépolitiser totalement et intégralement l’administration, alors l’opposition politique doit continuer à jouer son rôle de veille démocratique en vue d’une alternance politique, régulière et crédible telle que prévue par la Constitution.
C’est pourquoi, face à cette invite de mise en quarantaine de la démocratie et de cette tentative d’instrumentalisation du peuple nigérien, l’ARN fait les constats suivants :
- Que les autorités actuelles, dans leur habitude de ne pas respecter, les lois et règlements en vigueur, ont oublié qu’en République du Niger, la gestion politique des affaires publiques est régie, en particulier par la constitution, la charte des partis politiques et le statut de l’opposition ;
- Qu’aucun de ces textes ne prévoit le principe d’un Gouvernement d’ nationale qu’une hypothétique crise justifierait ;
- Qu’en tout état de cause, la constitution a institué en son article 69, un Conseil de la République chargé de prévenir et de résoudre les crises institutionnelles et politiques de manière consensuelle dans le respect de la constitution. S’il y a une crise politique ou institutionnelle en cours ou en vue, la question doit être soumise audit Conseil;
- Que les arguments de droit tirés des dispositions constitutionnelles de la charte des partis politiques et du statut de l’opposition sont toujours valables pour rejeter un gouvernement d’ nationale qui a pour finalité d’instaurer la pensée unique et de mettre à l’abri les gouvernants de tout contrôle parlementaire, de tout contre pouvoir et de toute critique politique ;
- Que dès lors, appeler à la formation d’un gouvernement d’ nationale, signifie un aveu d’échec des autorités de la 7eme République.
Au regard de tout ce qui précède, l’ARN :
- Rejette toute idée de gouvernement d’ nationale ;
- S’insurge contre toute tentative de mise en parenthèse de notre démocratie ;
- Dénonce le complot comme mode de gouvernance sous la 7ème République ;
- Demande aux autorités de la 7ème République, au premier rang desquelles le président de la république, de tirer toutes les conséquences de leur échec.
Enfin, l’ARN appelle ses militantes et militants, sympathisantes et sympathisants à une mobilisation conséquente pour sauver la République et la démocratie.
Vive le Niger !
Vive l’ARN !
Vive la République et la démocratie !
Je vous remercie.

Commentaires
Si le devenir du Niger est la préoccupation de tous, rien ne doit s’opposer à ce que les Nigériens de tous bords participent à un même gouvernement.
SACHEZ QU’ON PEUT ÊTRE CRITIQUE EN ÉTANT DANS UN GOUVERNEMENT, DONC, EN PARTICIPANT A L’ACTION GOUVERNEMENTALE . C’EST MÊME SOUHAITABLE POUR UNE EFFICACITÉ OPTIMALE.
Je pense qu’il est même souhaitable que le gouvernement ne soit pas d’une même sensibilité car les problèmes à résoudre sont divers et concernent tous les Nigériens.
La participation à leur solution doit impliquer tous les Nigériens quelque soient leurs sensibilités en étant ou pas dans le gouvernement.
Le Président de la République a tout à gagner en essayant la société civile et les membres de la diaspora.
Ils sont prêts à relever le défi.
Pourquoi, ne pas les essayer ?
Bien cordialement
Dr ANASSER AG RHISSA
EXPERT TIC ET GOUVERNANCE
E-mail : Anasser_AgRhissa
Le fait d'appeler tous les Nigériens, quelque soit leur sensibilité, à partager le même gouvernement ne signifie pas avoir une pensée unique ni être assujettie à la majorité au pouvoir.
C'EST TOUT SIMPLEMENT SERVIR SON PAYS ET L’INTÉRÊT COLLECTIF.
Ne faisons pas l'amalgame. ON PEUT ÊTRE DANS LE MÊME GOUVERNEMENT EN ÉTANT DE SENSIBILITÉS DIFFÉRENTES.
Tous les Nigériens doivent militer pour le bien-être des Nigériens.
Participer à un gouvernement fédérant toutes les sensibilités, c'est militer pour le bien-être de tous.
JE CONSEILLE QUE LE PRÉSIDENT FASSE APPEL, EN PRIORITÉ, AUX CADRES DE LA SOCIÉTÉ CIVILE, EN FONCTION DE LEURS COMPÉTENCES, POUR FORMER LE GOUVERNEMENT TOUT EN S'OUVRANT AUX PARTIS POLITIQUES QUI VOUDRONT Y PARTICIPER.
Bien cordialement
Dr ANASSER AG RHISSA
EXËRT TIC ET GOUVERNANCE
E-mail: Anasser_AgRhissa
"...ARÉVA ÉTAIT CONTRAINTE PAR LE SAGE PRÉSIDENT TANDJA MAMADOU, A TRAVERS LE SARKOPHAGE DE L'AFRIQUE, À VENIR AU NIGER ICI À NIAMEY POUR SIGNER LES NOUVELLES CONDITIONNALITÉ S ET PRIX DE NOTRE URANIUM CAR "CELUI QUI VEUT ACHETER TON COMMERCE DOIT SE DÉPLACER MAIS NON AU COMMERÇANT DE SE DÉPLACER AVEC SA BOUTIQUE". N'est-ce pas logique et respectable dans l'honneur? Seules les prostituées se déplacent dans les rues à la recherche des clients! STJ vous a expliqué que SE le Président Issoufou Mahamadou ne fut parti à Paris pour la Table Ronde des Bailleurs de Fonds, que par respect des investisseurs, vues la situation incertaine au Nord Mali qui menaçait jusqu’à Dakoro. Respecte la souveraineté de ton pays et tu seras respecté par tous, mon cher!
QUANT A CELUI QUI PARLE DE L ÉCHEC DE LA SEPTIÈME RÉPUBLIQUE IL NE FAIT QUE PEUT ÊTRE EXPRIMER SON SOUHAIT MACABRE A SON PROPRE PAYS.
IL N Y AURA NI MOTION DE CENSURE NI DISSOLUTION DE L ASSEMBLÉE.
TENEZ VOUS BIEN ET APPRENEZ A BIEN FICELER LES DOSSIERS DE CANDIDATURE A LA DÉPUTATION EN ATTENDANT LA FIN DU PREMIER MANDAT.
VIVE LE NIGER!!!
ALLAH incarne la PERFECTION ET LA BONTE. Nous devons agir dans notre condition humaine en tenant compte du fait que le CREATEUR nous a envoyé en mission sur terre. Nous avons le devoir de faire ce qui LUI plaît.
Ceci dit ALLAH nous a fait un grand cadeau qu'IL a fait à très peu de pays sur cette terre. IL a fait de notre pays un pays riche. Mais nous demeurons le peuple le plus pauvre de la terre. Par lâcheté, par peur, par cupidité, par notre manque de cohésion, par le manque de vision, de nationalisme et du patriotisme de nos dirigeants, à cause de tout cela, nous laissons les autres peuples profiter des richesses qu'ALLAH nous a données.