Crise malienne Le Niger n'a pas choisi la guerre, elle s'impose à lui
- Écrit par Yacouba Seidou Maïga (LE COURRIER N° 239 DU 19 DECEMBRE 2012)

Voilà bientôt un an que dure l'occupation du Mali, pays voisin avec lequel le nôtre partage à la fois l'histoire et la géographie, par des groupes armés aux visions et intérêts divergents.
Faisant vivre aux paisibles citoyens de la partie nord du Mali une situation catastrophique. Ces derniers temps, il est de plus en plus question de libération du nord Mali, notamment les trois régions de Gao, Tombouctou et Kidal. Car plus le temps passe, plus le calvaire, fait de souffrances et d'humiliations insupportables des populations de la zone occupée, s'accroît. Cette libération se fera avec les soldats de la force africaine qui vont appuyer l'armée malienne, avec l'autorisation du Conseil de sécurité des Nations unies, et le soutien de beaucoup d'autres pays.
Le Niger a très tôt opté, par la voix du Président de la République Issoufou Mahamadou, relayé par d'autres voix autorisées, à maintes occasions, pour la manière forte, la seule à même de bouter hors du Mali et de la zone les forces d'occupation dont le gros lot est composé d'individus de nationalité étrangère au Mali, et d'intérêts tout aussi différents de ceux du peuple malien. Beaucoup de voix se sont élevées pour critiquer cette position, autant courageuse que douloureuse, des autorités de la 7ème République de donner leur préférence à l'usage de la force armée pour mettre fin à la situation intolérable qui prévaut dans le nord-Mali. Allant jusqu'à qualifier cette position de va-t-en guerre, et même pire.
Mais, manifestement ils n'ont pas la responsabilité de ceux qui gouvernent, en premier chef, le Chef de l'Etat qui a la lourde charge d'assurer la protection de notre peuple et la défense de l'intégrité du territoire. En fait, le Niger ne choisit pas la guerre, mais celle-ci s'impose à lui. C'est la guerre qui a choisi notre pays et nous vivons déjà l'état de guerre avec les milliers de réfugiés maliens que nous avons accueilli chez nous et les incursions incessantes des groupes sur notre territoire. En plus, le Mali et le Niger partagent quatre peuples : les songhays, les touaregs, les peuls et les arabes, donc des familles de part et d'autre de leurs frontières. Enfin, Gao est plus proche de Niamey que de Bamako.
Pour toutes ces raisons, que la force de la CEDEAO se déploie ou pas, ce qui est une nécessité imminente, il faudra pour notre pays prendre toutes les précautions, militaires s'entend, pour garantir la sécurité des populations. En cas de déploiement surtout, car notre pays peut être un lieu de repli pour les éléments des groupes armés. Des pays comme l'Algérie ayant la force indispensable pour contrôler leurs frontières. Et il ne faut pas qu'on se trompe, ces éléments peuvent se replier à l'Ouest de notre pays ou se disséminer dans les grands centres urbains pour perpétrer des actes désespérés. Et pas seulement au nord comme on pourrait le penser.
La guerre, on le sait, n'est jamais une bonne chose parce que la guerre entraîne la mort, la destruction, les larmes, les désastres humanitaires, la négation des droits de l'homme dont le droit à la vie. Mais des fois, elle est nécessaire, et il ne faut jamais reculer devant une guerre nécessaire, car elle reviendra plus onéreuse et encore plus dramatique. Il est vrai que l'idéal pour les hommes, des êtres raisonnables et parlants, serait de régler leurs différents par le dialogue et la négociation. Mais les choses ne se déroulent pas toujours suivant l'idéal. La réalité est malheureusement plus cruelle. Et, avec qui et quoi négocier au Mali ?
On négocie avec des gens qui posent des revendications négociables, mais pas la partition ou la transformation d'une partie d'un Etat en base d'entrainement ou de trafics. Quand Ansar dine et le Mnla deviennent les apôtres de la négociation, et plastronnent sur les plateaux de télévision qui font leur promotion pour prêcher le dialogue, c'est vraiment le monde à l'envers. C'est à se demander s'ils ignoraient que la négociation existait. N'est-ce par eux que le Mujao et Aqmi sont passés pour occuper le nord Mali ?
Veulent-ils par là se dédouaner de leur lourde et tragique responsabilité aux yeux de l'histoire dans le désastre que vivent les populations de leur pays le Mali, et toute la zone environnante ?

Commentaires
En realite, on peut projeter la suite: Pour la enieme fois, des tirailleurs senegalais en l'occurrence les armees ouest africaines vont combattre pour leur maitre blanc contre d'autres noirs (les groupes multinationaux comme le Moujao) pour le benefice des groupes racistes (MNLA) allies a Ansar. Une fois les salafistes chasses dans le desert, Ansar sera attaque et le MNLA mis en avant. Les grands perdants, les negros de Bamako et de la Cedea utilises comme des abrutis encore une fois contre eux-memes.