Gouvernance politique Leçons de vérité
- Écrit par BIZO (Le Canard déchaîné N° 565)
Si d’aucuns pensent que la 7ème République a prêté le flanc aux invectives de tout genre à travers sa main tendue vers l’opposition pour avoir émis l’idée d’un Gouvernement d’ nationale, il est aujourd’hui plausible que dans ce pays, plus que partout ailleurs « la vérité n’est pas bonne à dire ».
On préférerait toujours et encore se tapir dans les salons de la condescendance et de la concupiscence pour servir des inepties, des ragots qui dénotent d’une hypocrisie foncière qui n’a d’autres desseins que de vilipender untel ou tel autre qui a osé se démarquer de cette conduite. Voyez vous, après cette proposition, on continue encore à rechercher ce qui ne va pas dans la conduite de la 7ème République alors même que tout a été dit de façon pédagogique pour amener les uns et les autres à poser les jalons de réflexions et d’analyses constructives dans le seul intérêt de notre pays.
Ce qui ne va pas, tout le monde le connaît ; c’est cette propension à l’hypocrisie et à la fuite en avant qui empêche aux uns et aux autres de remplir conséquemment leurs devoirs. De quelque bord que l’on soit, on doit aujourd’hui reconnaître que l’administration nigérienne est en panne. Si on évoque l’administration, il ne s’agit nullement de ministres dont on parle, ni de député, ni d’un quelconque poste politique dont on connaît très bien la vocation. L’administration a pour nom technocrates et techniciens, ceux là qui doivent impulser le développement.
Vous serez d’accord avec moi si je vous dis que ce n’est ni au directeur régional ni au directeur départemental d’impulser le développement de l’enseignement dans une école. Cela est dévolu au technicien qui est l’enseignant lui qui, matin et soir est en contact direct avec les élèves et qui a le devoir de leur transmettre le savoir. Et, celui là, on ne regarde pas sa couleur politique pour l’envoyer dans une classe. Alors, si celui là passe la plupart de son temps à ne rien faire en classe ou à enseigner des inepties sous prétexte que son bord politique n’est pas au pouvoir, pensez vous que l’on pourra réussir quelque chose de concret ?
Cet exemple très visible peut se transposer dans les autres services de l’Etat où, des fonctionnaires se sentant déconnecter de la chose passe leur temps autour de leur programme de PMU au lieu de se mettre effectivement à la tache. Si quelque part ils ne trempent pas dans des pratiques corruptives et dans des querelles de leadership pour davantage empêcher aux choses de tourner rond. Voilà somme toute la grande panne de l’administration nigérienne et l’appel des autorités de la 7ème République ne saurait aller outre. Alors, si tel est que cet appel prête à confusion ou fait ouvrir des brèches pour que l’on claironne l’incompétence de la 7ème République, il y a lieu de rectifier la donne.
On ne saura s’éterniser sur des analyses saugrenues et sans fondement dans le seul dessein de divertir le peuple ; ce peuple que l’on prend sur des points névralgiques comme cette propension à montrer que l’argent ne circule pas dans le pays. Pourtant, l’essentiel est toujours assurer à travers le paiement régulier des salaires qui ont augmenté substantiellement ; les marchés et autres points de vente sont inondés de produits comme jamais cela ne s’est produit dans ce pays. Le hic, c’est que le commun des mortels n’a plus la bourse qui déborde comme cela a été pendant les années de gabegie. En effet, faites le tour de tous ceux qui se plaignent sur le fait que l’argent ne circule pas ?
Demandez leur pourquoi et ils auront du mal à vous donner une explication plausible. La vérité est que les portes des fausses factures, de la corruption et des marchés faramineux qu’ils décrochent de gré à gré sont désormais fermées. Les portes de l’argent distribué comme des petits pains au tamtam et autres cérémonies sont aussi fermées. Les portes des directeurs et autres chefs de services qui puisent allégrement dans les caisses de l’Etat sont aussi hermétiquement fermés. Comment voulez vous alors que ça aille pour des gens habitués à l’argent facile ? La proposition d’un gouvernement d’ nationale aurait dû préalablement jouer sur une pédagogie implicite qui aurait appelé les gens d’abord à changer.
Avant même de penser à remettre les gens au travail, il fallait prôner un changement de mentalité qui leur demanderait de quitter le bateau du gain facile. Certes, avec l’option embrassée de l’assainissement, c’est une autre façon de dire que l’ère du gain facile est révolue. Mais face au piétinement de plusieurs dossiers connus qui n’arrivent pas à être décantés, cette option tarde à donner les résultats escomptés. Il faudrait encore attendre. L’un dans l’autre, demander aux nigériens de changer n’est pas si mal en soit car notre principale énigme reste un ancrage autour des pratiques malsaines qui ne riment pas avec le développement.
Au besoin, il y a des mentalités qu’il faut carrément formater pour leur insuffler un souffle nouveau, de nouvelles manières de conduire et de gérer les affaires de l’Etat. On en était presque sorti de l’ornière avec ses pratiques si la malencontreuse mésaventure du tazartché et les errements d’une transition mal encadrée ne nous avaient pas fait retourner à la case de départ. L’Histoire, toujours elle, retiendra qu’à un certain moment de la marche de notre pays, des hommes ont appelé à un sursaut national, à une cohésion de tous les fils du pays pour faire face aux nombreux défis qui nous guettent.
Cette même Histoire gardera dans ces annales des noms d’individus véreux, pas moins d’une trentaine de personnes, qui ont toujours tiré sur le joug du particularisme et de la mesquinerie pour empêcher aux enfants nigériens de faire bouche commune autour de leurs préoccupations. Ces vérités resteront éternelles et elles serviront leur progéniture qui les lirait la queue entre les pattes.


Commentaires
Bizo, nous avons besoin de tes service pour disséquer les propos de Tarana en termes plus simplistes?
Bizo! Bizo ! Au secours !!!
Vous avez raison. On ne doit comparer que ce qui est comparable; mais quand on a affaire à des gens qui pensent que c'est faisant du bruit qu'ils peuvent avoir le respect des nigériens on ne peut que aboutir à ces extrémité que vous dénoncez.
Or les choses sont tellement simple: travaillez, mettez les intérêts du Niger au dessus de tout, les nigériens vous le reconnaitront. Si aujourd'hui les nigériens regrettent TANDJA c'est parce qu'il a travaillé pour ce pays sans bruit.
Quand un dirigeant commence à dire à son peuple " je vous ai fait ceci, j'ai fait cela"....
S'il vous plait, même si vous êtes le conseiller spirituel de IM, eviter de faire le cas Issoufou avec analogie ou rapprochement avec le Prophet (swt)
Pas d'amalgame ou comparaison SVP.
Ayez du respect pour le Prophet.
Pauvre Niger
YA ALLAH, YA ALLAH, YA ALLAH: protège le Niger de la cupidité et de la médiocrité de ses politiciens. Protège notre pays de la lâcheté de ses enfants. Amen