VIE NATIONALE Le Niger, vers quelle destinée ?
- Écrit par ALPHA (LE COURRIER N° 240 DU 27 DECEMBRE 2012)

Toute raison gardée, le moment est propice pour les bilans de fin d'année et les perspectives. Au niveau individuel comme au niveau collectif et institutionnel.
De tout cela que retenir de la gestion des affaires publiques par la Mouvance pour la Renaissance du Niger, quelle contribution l'opposition politique regroupée au sein de l'Alliance pour la Réconciliation Nationale y a apporté et quel rôle la société civile y a joué dans le processus laborieux menant notre pays vers la stabilité et le progrès social et économique. Autant des questions que votre journal va tenter d'analyser dans les lignes qui suivent à la lumière des faits qui ont marqué l'année qui s'achève. Il faut être d'une petitesse d'esprit pour ne pas se convaincre que le Niger amorce un de ces moments historiques qui caractérisent les peuples responsables.
En effet, sortis sans déchirure majeure de la période tumultueuse du tazartché et plus que déterminés à s'affirmer dans le concert des nations après la parenthèse du coup d'état du CSRD, les Nigé riens méritent de connaître la quiétude fierté que procurent la démocratie et le développement. A première vue, les ingrédients de cet élan nouveau vers les horizons du bien-être individuel et collectif reposent sur l'équilibre institutionnel et la bonne gouvernance. Ces critères sont aussi complexes que compliqués à examiner dans un contexte sous régional mouvant, obligeant à des ajustements aussi fréquents qu'imprévisibles.
De la sorte, aucune analyse complète ne saurait occulter cet aspect. Si les effets de la crise libyenne sont moins visibles, il reste que ceux de la crise malienne restent atrocement actuels. Pire, dans la perspective de la guerre au Mali, ces effets pourraient prendre de proportions ''inimaginablement'' dramatiques. Sur ce plan, un mot suffit. Malgré l'apparent fossé entre les partisans de la réunification du Mali par la force militaire et ceux qui prônent le dialogue, l'on observe une tacite unanimité des Nigériens, tous bords confondus, autour de la position des plus hautes autorités du pays.
Cela est un signe de responsabilité et de prise de conscience face à une situation à la fois incertaine et périlleuse. Ce bloc d'unité est le levain de courage et de détermination dont auront besoin nos compatriotes sous les drapeaux pour accomplir, dans l'honneur, leur mission sur le terrain des opérations une fois la guerre déclenchée. Et personne ne perd de vue que leurs obligations sont doubles : protéger la sécurité intérieure tout en assurant l'intégrité territoriale et agir dans le sens de la réunification du Mali. Nos forces armées, avec l'expérience du lointain Biafra et de toutes les autres épreuves auxquelles elles se sont vaillamment confrontées, ne demandent que notre soutien dans le sens noble du terme pour hisser haut le drapeau national.
De ce côté, le destin du Niger du Niger s'annonce glorieux. Foi de militaire ! Sur le plan de l'équilibre des pouvoirs, le parcours réalisé n'est pas mal. Les trois pouvoirs démocratiques fonctionnent sans graves accrocs. On peut relever des exemples, çà et là, d'immixtion d'un pouvoir sur un autre, mais, en général, cela procède des instincts grégaires d'affirmation de soi et de domination de l'autre. Sur ce chapitre, on peut rappeler les frictions entre les pouvoirs exécutif et judiciaire ayant entraîné le retard dans la célébration de la journée mondiale de lutte contre la drogue dont les événements commémoratifs sont intervenus plus tard avec l'incinération de plusieurs kilogrammes de drogue de toute sorte.
Puis, il y a eu l'épisode de l'affectation d'un procureur général un peu trop entreprenant avant que les Nigériens n'assistent au feuilleton des piques du Président de l'Assemblée nationale, apparemment dans son rôle, contre la gouvernance de la mouvance et des répliques arrachées du côté du Président de la République. Bof, tout cela ne prêtait pas à conséquence et le Niger pouvait poursuivre son chemin. Mais la vie démocratique, c'est aussi la vitalité du microcosme qui constitue le contrepouvoir. Sur ce plan, il est intéressant d'observer que l'opposition politique groupée autour de l'Alliance pour la Réconciliation Nationale est restée constructive, quoi qu'on dise. A ce titre, son combat juridique au sein de l'hémicycle a été hautement salutaire pour éviter au Niger des atteintes graves au droit.
Par exemple, les parlementaires de l'ARN ont remporté plusieurs victoires en faisant recours au Conseil Constitutionnel. En agissant de la sorte, la majorité n'est certes pas contente, mais l'opposition épargnait au pays les incertitudes des actions de rue. Son aile politique a également apporté une contribution significative pour l'instauration d'un climat sociopolitique apaisé favorable à la mise en oeuvre des actions salvatrices du programme de Renaissance. Une telle démarche doit être reconnue comme responsable et saluée à sa juste valeur puisqu'elle participe à la consolidation des agrégats de l'unité nationale, de la stabilité sociale et du développement.
Ses déclarations, ses prises de position, ses conférences de presse sur les chiffres du Bilan de l'An 1 du Chef de l'Etat restent autant des actions responsables que pédagogiques. Toute raison gardée, ce n'est pas son refus de participer à un gouvernement d' nationale qui lui vaudrait les foudres du régime et de ses affidés. A considérer les choses à leur état actuel, il était même préférable qu'elle refusât l'offre au nom de l'intérêt national et de la vigueur de notre processus démocratique. Pour ce qui est de la " grève " du Chef de file de l'opposition qui boycotte ses rencontres avec le Président de la République, il faut tout simplement dire que c'est de bonne guerre ! Enfin, il reste à examiner l'apport de la société civile dans toute son étendue.
Sur ce plan force est de constater que les courants contestataires ne prospèrent pas longtemps tant il est vrai que ses préoccupations semblent avoir changé de sujet ou disons que la société civile est devenu un peu trop complaisante pour imposer des visions sociales et légales au régime. Pour beaucoup d'observateurs, certaines organisations de la société civile, avec dans leur sillage, une certaine presse privée, se sont laissées inféodées à la mouvance. Certes, il y a avait l'héritage de la lutte antitazartché, mais l'on semble dire qu'il y a bien d'autres arguments qu'il vaut mieux ne pas remuer, les gens de bien pouvant se comprendre à demi-mot ! Tout cela mis ensemble, il faut bien voir que la mouvance présidentielle s'en sort plutôt bien.
Les quelques écorchures ramassées, par-ci parlà, étant la preuve de l'âpreté des combats menés. C'est du reste en raison de cette évolution positive de notre pays que nous avions joint notre voix à celles qui se sont opposées à l'idée de la formation d'un gouvernement d' nationale. Plus unis que nous le sommes aujourd'hui, on meurt ! Cultivons donc notre jardin car le destin de notre pays s'annonce radieux tant que chacun jouera franc jeu en tenant compte de l'intérêt général.

Commentaires
Que cette nouvelle année 2013 apporte la compréhension mutuelle, la cohésion entre tous les Nigériens et la quiétude pour tous.
Rien n'est insurmontable et ne doit empêcher les Nigériens de se mettre ensemble et de bâtir durablement le pays.
Merci à Tamtaminfo pour ce lien entre Nigériens qu'elle assure avec professionnalisme.
Bien cordialement
Dr ANASSER AG RHISSA
EXPERT TIC ET GOUVERNANCE
E-mail: Anasser_AgRhissa
Que vous avez raison de prendre l'exemple des pays dits émergents qui hier encore connaissaient des situations analogues à la nôtre et qui, aujourd'hui comptent dans le concert des nations. Qu'est ce à sinon que le sous-développem ent n'est pas une fatalité? Il suffit d'avoir des dirigeants patriotes, courageux, et qui oublient leur petite personne au profit des générations futures.
Mes chaleureux vœux de jugeotes biens meilleures pour ce 2013 à tous les rabougris et autres renfrognés de la pensé aux coms indigestes.
Mes meilleurs vœux à tous les autres nigériens.
C'est vrai, avec tout ce que nous voyons et ce à quoi nous assistons, avec des politiciens médiocres, cupides et insouciants, avec toute cette pauvreté que vit notre peuple malgré nos potentialités, c'est vrai avec tout cela, on ne peut que s'inquiéter. Mais nous n'avons pas le droit de nous décourager. Nous devons refuser d'aller dans le gouffre.
Assurément vers le gouffre.
Cet article me donne le vertige mec! Il s'agit de vomissement ! tu te defoules souvent mon cher et j'adore.Le porbilem c'est que je ne peux pas acheter ton journal ou on n'apprend que dalle.
Sacré farceur caresses nous dans le sens du poil.
Sans rancunes
ALLAH pardonne-nous protège notre pays.