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Gouvernement d’ nationale : L’obstacle insurmontable

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L’hypothèse d’un gouvernement d’ nationale proposée à l’opposition par le Président de la République Issoufou Mahamadou et évoquée par le Président de l’Assemblée Nationale Hama Amadou dans son discours de clôture de la deuxième session ordinaire au titre de l’année 2012, est loin d’être abandonnée.

L’idée, malgré le rejet systématique de l’opposition, continue à alimenter les débats tant dans les cercles de la majorité que ceux de l’opposition, surtout après la clarification apportée par le Chef de l’Etat dans son message à la Nation du 17 décembre 2012. Si cet éclairage du Président Issoufou Mahamadou a permis de saisir la portée de sa vision, la déclaration de l’ARN du 15 décembre 2012, au-delà de la politique politicienne, a aussi mis en exergue le noeud du problème. Manifestement, le profond fossé entre les partis de la majorité et ceux de l’opposition réside dans la composition actuelle de l’Assemblée Nationale. Un véritable obstacle au consensus souhaité par le Président de la République, seul détenteur de la clé pour que l’opposition puisse ‘’franchir la porte’’ laissée grandement ouverte par le Chef de l’Etat.

Le difficile consensus ‘’Rassemblement’’, ‘’mobilisation’’ et ‘’consensus’’, tels sont les maîtres mots évoqués par le Chef de l’Etat dans son message à la Nation. Issoufou Mahamadou va au-delà des arguments invoqués par le Président de l’Assemblée nationale dans son discours de clôture des travaux de la deuxième session ordinaire du parlement, pour justifier une telle initiative. Le gouvernement d’ nationale ‘’doit prendre en charge non seulement les défis sécuritaires, notamment en rapport avec la situation au Mali, mais aussi le réarmement moral de notre société et la stabilisation d’institutions démocratiques fortes à travers la promotion de la bonne gouvernance politique et économique qui est au centre du combat que nous menons pour le progrès économique et social du pays’’, a indiqué le Président de la République.

Mais le grand rassemblement et le consensus souhaités par le Président de la République reposent sur un socle fragile. L’Histoire récente du Niger a, en effet, profondément divisé les nigériens. L’aventure du tazartché ou la prolongation du mandat du Président déchu Tandja Mamadou laisse encore deux blocs opposés qui jusqu’à une date récente ont du mal à se supporter. Tensions inutiles, sabotages, diatribes marquent l’atmosphère sociopolitique donnant l’impression d’un pays encore en crise politique et sociale. Une situation qui avait été aggravée par le rejet massif de listes de candidatures aux législatives de 2011 qui ont accouché d’une Assemblée Nationale qui souffre de déficit de représentativité nationale.

Du reste, cette préoccupation revient comme une rengaine à travers les déclarations de l’Alliance pour le Réconciliation nationale (ARN). Même si pour l’opposition ARN, dans sa déclaration du 15 décembre 2012, l’idée n’a aucune chance de prospérer, un consensus, son consensus, peut manifestement changer les données. L’ARN évoque, c’est vrai, à juste titre, les dispositions de la Constitution, de la charte des partis politiques et du statut de l’opposition pour fonder son refus de participer à un gouvernement d’ nationale. Elle considère également cette proposition du Président de la République comme une ‘’invite de mise en quarantaine de la démocratie et de cette tentative d’instrumentalisation du peuple nigérien’’.

Mais, en filigrane, dans la déclaration de l’ARN, la préoccupation centrale et permanente est aussi la reprise des élections législatives. En effet, l’opposition ARN a, à plusieurs reprises, dans ses déclarations, rappelé les propos tenus par le Vice-président du Parti Nigérien pour la Démocratie et le Socialisme (PNDS-Tarayya), Bazoum Mohamed, à la veille des élections législatives couplées aux présidentielles de 2011 qui ont enregistré un rejet massif de 663 listes de candidatures sur 1190, par le Conseil Constitutionnel de Transition suite à des manquements constatés sur les listes. «Si nous partons dans ces conditions aux élections, les institutions qui en seront issues ne seront ni représentatives, ni crédibles, ni légitimes», a déclaré Bazoum Mohamed à l’époque.

Une déclaration qu’aime rappeler l’opposition ARN et qui constitue manifestement la principale pomme de discorde qui empêche à l’opposition et à la majorité de regarder dans une même direction, même sur l’essentiel. ‘’La Constitution, ayant consacré le régime semi- présidentiel, le gouvernement peut, par conséquent, être remanié, démis légalement. L’Assemblée Nationale peut provoquer une recomposition de la majorité ou être dissoute pour avoir une représentation parlementaire plus représentative à même de refléter la configuration politique nationale. Le gouvernement peut être également recomposé à l’issue d’une motion de censure consacrée par la Constitution’’ telles sont les alternatives que propose l’ARN au Président de la République, en réponse à son invite d’une participation à un gouvernement d’ nationale.

Le Président de la République franchira- t-il le rubicond ? La mobilisation et le consensus que le Président de la République Issoufou Mahamadou souhaite de toutes ses forces peuvent-ils se réaliser sans le consensus minimal avec l’opposition ? Le vrai obstacle au consensus sera-t-il surmonté ? Pas évident ! Le Président Issoufou Mahamadou n’est visiblement pas prêt à franchir le rubicond. Traumatisé par la crise politique de 1994 au sein de l’Alliance pour les Forces du Changement (AFC) qui a conduit le Niger au coup d’Etat du Général Ibrahim Maïnassara Baré et préoccupé par la situation au nord du Mali voisin, le Président Issoufou ne voudrait manifestement pas être au centre d’une nouvelle aventure aux contours incertains. En effet, la dissolution de l’Assemblée Nationale pour être plus représentative et lui donner les chances d’être une institution forte et crédible serait un véritable saut dans l’inconnu qui ne peut pas manquer de donner des frissons au Président de la République.

D’une part, ses craintes peuvent être fondées sur l’évidente accusation des principaux alliés du PNDS, à savoir le MODEN-Lumana, l’UDR-Tabbat et l’ANDP-Zaman Lahiya, qui crieraient à la trahison et d’autre part la crainte de ne pas retrouver une nouvelle majorité et d’être mis en cohabitation. Dans tous les cas, l’énigme n’est pas mince et incite à la prudence et à des calculs politiques. Mais la réalité de l’Assemblée Nationale et de l’atmosphère politique est aussi là. Malgré l’investissement du Chef de l’Etat et de son gouvernement à répondre aux engagements pris par le Président de la République dans son programme de renaissance, avec beaucoup de succès, malgré la manne financière importante mobilisée par le Niger au cours de ces deux premières années du mandat du Président de la République, malgré aussi la crédibilité retrouvée sur la scène internationale, une sorte de crise artificielle est savamment entretenue au sein de la classe politique nationale, donnant l’impression d’un échec qu’on ne peut valablement justifier sur le terrain des engagements pris.

C’est certainement en réponse à ce climat que le Président de la République a cru nécessaire de proposer un gouvernement d’ nationale. Si l’idée n’a pas prospéré au niveau de l’opposition, un autre consensus qui ne ferait l’objet d’aucune controverse, si telle est la volonté de la classe politique toute entière, est possible. Une dissolution de l’Assemblée Nationale afin de donner une meilleure représentativité au parlement nigérien. Plus on avance, plus le Président de la République risque de s’éloigner de cette alternative, qu’il aurait pu adopter plus tôt, pour ainsi éviter de trainer jusqu’à la fin de son mandat un péché qui entache notre démocratie et l’une de ses institutions les plus fondamentales. L’aventure, il est vrai, semble être porteuse de risques pour le pouvoir en place.

Mais de l’épreuve s’en sortiront incontestablement grandis le Niger et son Président qui donnera, à coup sûr, de nouvelles chances à son gouvernement de trouver une majorité confortable pour gouverner. C’est l’alternative qui sied actuellement et autour de laquelle peut se réaliser rapidement un consensus. A défaut, le Président de la République se contentera de remanier son gouvernement pour donner une nouvelle impulsion à l’action gouvernementale, en attendant le moment opportun pour cette alternative incontournable et qui est une conviction profonde du Président Issoufou Mahamadou qui plaide pour des institutions fortes et crédibles. Une conviction contrariée pour l’instant par des contraintes réelles mais aussi et surtout par des considérations subjectives.

Commentaires  

 
0 #17 Saly 04-01-2013 02:09
Dans ce cas d'espece il s'agit bien de pièces manquantes aux dossiers la preuve c'est que les personnes concernees n'ont jamais conteste ce qui leur était reproche. Donc ne comparons pas des situations incomparables. Laissons les deputes faire leur travail jusqu'à la fin de leur mandat ca incitera les gens a respecter les textes dorénavant. Apres tout ils ont été elus par le peuple alors de quelle representativit e parle t on encore ?
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+1 #16 MAIHANKALI KÉGANÉWA 03-01-2013 12:02
YARDA! Bin yarda dakayba. Fissabilillah, dis-nous; n'as-tu jamais connu ou entendu la technique d’élimination programmée des candidats pour un concours de sélection à un certain nombre de postes quand les personnes prévues pour les occuper sont connues d'avance? Pourquoi, tous les nigériens sont unanimes de combattre impitoyablement la corruption? Pourquoi la plupart des citoyens croient que les postes décisionnels sont toujours réservés aux corrupteurs (fils à papa) et que les enfants des pauvres qui n'ont rien à retirer de leurs poches pour mouiller les lèvres de DRH, doivent passer leur temps à déranger les malheureux parents pour qu'ils donnent le peu disponible afin de toujours légaliser les dossiers pour déposer, déposer, déposer sans rien avoir par la suite. Quand on veut bloquer les candidats X, R, Y, Z; il suffit de retirer une pièce (Ex: casier judiciaire) au niveau de la DRH, attendre le dernier moment pour déclarer leur dossiers incomplets. Détrompes-toi!
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+1 #15 yarda 03-01-2013 08:47
J'ai honte avec la publication de cette analyse : Qu'est-ce que vous entendez par représentativit é? notre assemblée est composé des hommes et des femmes nigériens issu de tous les ethnies et de toutes les régions et de tous les partis. Parce que pour l'histoire il y a eu des nigériens qui ont été rejeté pour non respect de la loi on parle de représentativit é? Pourquoi quand des milliers de dossiers sont rejetés au concours d'entrée à la fonction publique les concernés acceptent et se soumettent???? Arretons des telle action qui vous déservi et déservi notre peuple
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+1 #14 Nigeri 02-01-2013 18:53
Bonne et heureuse année a tous les lecteurs. cela dit je demande aux uns et aux autres de cesser de porter des accusations sur tel ou tel leader si ils sont la ou ils sont c'est peu grâce a nous tous . alors leaders de l'oppositions comme de la majorité je vous aime tous continuez a jouer votre rôle au sein de la démocratie . vive le NIGER mon pays bien aimé
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0 #13 RAGAZO MAI GAMBARA 02-01-2013 17:37
RAGAZO ABOKIN HALIROU BAKOYE vous dit de bien réfléchir afin de mieux appréhender les difficultés quant au GUN. J'ai connu le frère d'un ami qui décida de manger de l'exceptionnell ement impossible. Arrivé auprès du vendeur de thé "Mai Chayi", chacun commandait du "pain beurré + café au lait ou au Lipton de Dan Takoussa; quand l'exceptionnel demanda une demie-miche mayonnaiséa à la "Maya" où il étala le contenu de deux bonnes boites du baume chinois et du Sabon Roob. Quand il coupa une bonne part de ce mélange et avala une gorgée de sa tasse de lait arrosé d'un piment pour tout aromatiser! Hein! Mes frères, je vous dis que l'autre a commencé de larmoyer puis, tousser avant d'avoir la gorge nouée et enfin, lui-même a dit: "VRAIMENT, ÇA NE PASSE PAS". Finalement, nous étions tous obligés de l'emmener à la Clinique AFOUA où il séjourna pendant trois jours avant d’être relâché sous une lourde facture! A quoi bon de s'attarder sur cette Constitution à Régime Semi-présidenti el?
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0 #12 TARANA MAI HOURA 02-01-2013 14:08
BOUCKY! C'est justement pour les INTÉRÊTS SUPÉRIEURS DE LA NATION ET DU PEUPLE NIGÉRIEN que SON EXCELLENCE LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE Monsieur ISSOUFOU MAHAMADOU devait expressément dissoudre l’AN pour des élections législatives anticipées afin de montrer qu'il est pour les intérêts du Niger! N'est-il pas mieux informé sur les véritables motivations qui ont poussé nos deux Grands Dirigeants à déclencher cette avalanche de commentaires dans les Fadas et les salons. Si on doit faire participer tout le monde dans la gestion du pouvoir/régime semi présidentiel, il est très difficile d'engager des procédures sur la Constitution de notre 7ème Rép. Mais, des nationalistes imbus de ces questions tels que le Tambari du Sultan Aboubacar Sanda ce STJ du PNA Al Ouma et ce Zindérois en Elhadj Mahamane Ousmane de la CDS Rahama, ont inventé un outil appelé "Pacte Républicain" que la France nous a exproprié pour se l'appliquer au temps de Jospin 1er Ministre. Ça peut nous être utile.
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0 #11 Niono2011 02-01-2013 13:19
un ou 2 trucs à faire et je me ferai un plaisir à lire cette Roue qui ne peut vendre sans titre diffamant Hamma.
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0 #10 Iyo Ibrahim 02-01-2013 09:07
"Duuka ma Wada bay hana ma mutun tashi da tsawon sa". que l'opposition refuse un GUN c'est son droit le plus absolu! mais le fait qu'elle entretienne encore le débat sur le sujet en dit long sur la sincérité des arguments mis en avant pour le refus.
Quand on aime pas on le dit et on se tait!
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+1 #9 JIKAN BAWRA 02-01-2013 08:33
BONNE ET HEUREUSE ANNEE 2013. QU'ELLE NOUS APPORTE PAIX, SANTE ET BONHEUR DANS UN NIGER PLUS FORT, DIGNE, UNI ET PROSPÈRE. AMEN.
JB.
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+1 #8 moc 02-01-2013 08:02
heureuse annèe à tout le monde
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