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Clôture des travaux de l’Assemblée Nationale Un mutisme inattendu

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Un discours sans aucune parabole, sans extrapolation aucune, voilà ce que le président de l’Assemblée Nationale a servi à la clôture de la session extraordinaire qui vient de s’achever.

C’est tout simplement inattendu pour ceux qui ne connaissent pas encore l’homme, ceux qui se sont très certainement attendu à ce qu’il réagisse aux nombreuses supputations qui ont suivi son premier discours dans lequel il soufflait la proposition de formation d’un gouvernement d’ nationale. Rien, absolument aucune allusion dans ce sens n’a filtré dans ses propos. Il s’est juste limité à commenter les travaux qui se sont en grande partie déroulés en son absence et, surtout, il a largement félicité ses collègues pour l’énorme travail abattu. On a comme l’impression que le président de l’Assemblée Nationale ne voulait plus revenir sur les vérités énoncées, surtout que les réactions qui ont suivi ont soulevé souvent des vagues d’analyses les unes plus saugrenues que les autres.

Aujourd’hui encore, nous revenons sur cet épisode, juste pour dire que « le chien aboie, la caravane passe. ». Ce qui est dit est dit et, il n y a pas mieux que les propos de Machiavel pour résumer bien le contexte : « … dans toutes les affaires d’État : lorsqu’on prévoit le mal - de loin, ce qui n’est donné qu’aux hommes doués d’une grande sagacité, on le guérit bientôt, mais lorsque, par défaut de lumière, on n’a su le voir que lorsqu’il frappe tous les yeux, la cure se trouve impossible. » « On estime aussi un prince qui se montre franchement ami ou ennemi, c’est-à-dire qui sait se déclarer ouvertement et sans réserve pour ou contre quelqu’un ; ce qui est toujours un parti plus utile à prendre que de demeurer neutre. ».

Machiavel, Le Prince. Prévoyance et courage, on ne cessera jamais d’évoquer ces deux vertus pour caractériser la conduite qui a guidé le président de l’Assemblée Nationale à émettre la proposition d’un gouvernement d’ nationale. Même si la paternité de cette proposition reviendrait au président de la République qui dit en avoir émis l’idée en octobre dernier, il est cependant clair que Hama Amadou reste bien celui qui en a fait écho ouvertement. Ainsi, il a le mérite d’avoir utilisé les mots justes pour dire ce qui se chuchotait ou se disait sous le visage masqué de la main tendue. L’un dans l’autre, il faut juste voir qu’il n’y a pratiquement aucune contradiction entre les deux responsables des deux plus grandes formations de la majorité.

Tous ont reconnu que l’administration travaille mal ; ce qui ne veut pas dire forcément qu’il s’agit d’un bilan de la gestion de l’administration de la 7ème République. En effet, ce n’est pas qu’aujourd’hui seulement que notre administration fonctionne mal, sinon on ne serait pas à la traîne. Les crédits non absorbés conséquemment, c’est bien depuis belle lurette et cela a bien été relevé par les deux premiers responsables du pays. Il s’agit à présent de rectifier la donne en se disant la vérité ; et cela seul un courage d’acier peut conduire à reconnaître ses propres défaillances car, il s’agit avant tout des hommes qui entourent tant le président de la République que celui de l’Assemblée Nationale.

Se dénoncer, reconnaître ses propres insuffisances est une démarche scientifique qui pousse à rechercher les voies et moyens pour corriger ces lacunes. Cela nous éviterait de retomber dans les errements du passé, surtout maintenant que nous avons un grand défi à relever, celui de consommer les 2000 milliards mis à notre disposition par nos partenaires au développement. Pour la question sécuritaire, on ne le dira jamais assez, notre pays à plus que jamais besoin de cohésion nationale. Que l’on passe par un gouvernement d’ nationale ou tout autre artifice pour atteindre cet objectif, c’est toujours le Niger qui en profitera.

Et, nous ne sommes pas loin de l’atteinte de cet objectif car les consultations régulières du CNDP nous montrent chaque jour que les nigériens sont toujours prêts à faire le consensus autour des questions d’intérêt national. Si les politiciens arrivent à accorder leur violon dans le cadre de leurs préoccupations au sein du CNDP, rien ne les empêchera de faire front commun face à d’autres questions relatives à la vie du pays. Ne pas le faire les exposerait à la foudre du peuple qui comprendrait qu’ils ne sont juste là que pour protéger leurs intérêts politiques. C’est dire que l’ sacrée tant prônée par les deux présidents, de la République et de l’Assemblée Nationale, est une réalité au Niger. D’ailleurs, leur main tendue est déjà saisie depuis belle lurette par certains esprits clairvoyants.

En effet, pour raison ou pour une autre, n’avons-nous pas enregistré des défections de plusieurs bords de l’opposition au profit de la majorité ? N’y a-t-il pas des militants de l’opposition qui ont rasé les murs et qui se retrouvent à la tête des directions et autres institutions aux côtés de la majorité ? Et ce n’est pas fini car on n’annonce des noms de certains députés prêts à retourner leur veste. Comment cela se passera-t-il du moment où le nomadisme politique a été bien encadré par notre constitution ? Ils ne manqueront pas de trouver des astuces du moment où dans ce pays, on est même passé par des arguments de l’histoire napoléonienne pour nous imposer un référendum somme toute aberrant.

Est-ce de cette érosion dont voulaient les deux présidents qui, à la fin, se révèlent comme de véritables stratèges, sinon de vrais complices dans la gestion de l’avenir politique du pays ? Ce non-dit est comme le singe qui ressemblerait à l’homme, une astuce, si vous le voyez bien, qui vient démentir tous les ragots sur l’état de santé des relations entre les deux ténors de la majorité. Décidément, avec du recul, on appréhende mieux les préoccupations des uns et des autres.

Commentaires  

 
+3 #5 Dr ANASSER AG RHISSA 05-01-2013 20:11
Bonjour,
Il est urgent de trouver le moment propice de sortie de la mini-crise au Niger. Cette dernière que je ne considère pas réellement comme une crise est issue de la mésentente sur l’intégration des forces de tous bords dans un même gouvernement.

Mais, il est des cas où, comme dit la fable, RIEN NE SERT DE COURIR, IL FAUT PARTIR A POINT.

Ce moment propice, pourrait être la fin du bilan de l’an I de la renaissance ou au plus un mois après, pour renouveler le gouvernement en y intégrant toutes les sensibilités, en s’appuyant PRINCIPALEMENT sur la société civile et la diaspora, pour un vrai gouvernement de combat afin d'assurer le bien-être de TOUS les Nigériens.

Représentatif du peuple de base, il s’attellera à répondre à ses besoins. Ce qui sera déterminant pour mobiliser TOUS les Nigériens lors des élections futures.

Bien cordialement
Dr ANASSER AG RHISSA
EXPERT TIC ET GOUVERNANCE
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0 #4 titi la belle 04-01-2013 13:04
très belle analyse.Apparem ment ce journal s'impose comme le meilleur au Niger.
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0 #3 Kool 04-01-2013 09:30
La formation d'un Gouvernement d' nationale a echoue du fait de l'incapacite de deux hommes: Mahamdou Issoufou qui n'est pas arrive a convaincre les siens du PNDS de sa pertinence et Seyni Omar le chef de file (sur le papier) de l'opposition qui est teleguide par le moins que rien nafarko. A ce petit jeu du chat et de la souris entre les deux groupes, le bateau niger finira par echouer sur la banquise et Hama Amadou finira par s'imposer comme le seul en mesure de tenir le gouvernail. Je me demande d'aileurs si on n'y est pas deja.
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+2 #2 Danbouzoua 04-01-2013 08:16
Aucune comparaison ne sied entre cet homme et Machiavel. Regardez plutôt du côté des mobutu, sassou, obiang et similaires monsieur du canard
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+1 #1 MARI 04-01-2013 06:37
y a t il une opposition dans la majorité présidentielle?
ce journal veut tordre le cou à la réalité et la vérité.
si les choses ne se sont pas passées ou ne se passent comme, vous commencez à mentir et à accuser vos opposants.
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