Hama Amadou : «un Homme d’Etat accompli»
- Écrit par Abdoulaye Issaka (Le Souffle N°05 du 1er au 15 Janvier 2013)
Le 4 décembre 2012, ont pris fin les travaux de la session budgétaire de l’Assemblée Nationale. Un budget 2013 équilibré en recettes et dépenses à 1.331 milliards 242 millions 721 milles 758 FCFA. Ce fut l’occasion pour Hama Amadou, président de l’Assemblée Nationale, de livrer un discours des plus mémorables.
Fidèle à sa ligne rhétorique et dans un discours savamment élaboré, l’enfant terrible de Youri n’est pas passé par quatre chemins pour dire ce qu’il pense de l’ambiance délétère qui a empoisonné et qui continue à empoisonner la mouvance présidentielle, mais également, de dire tout haut la vérité aux syndicalistes et de pointer du doigt l’indolence et l’incompétence des cadres nigériens, en particulier ceux du ministère des finances. Un discours, pour le moins, explosif « Pourquoi pas (….) un gouvernement d’ nationale ? » C’était certainement la phrase la plus commentée de son discours.
D’autant que la proposition du locataire de l’Assemblée Nationale tombait à un moment où personne ne la voyait venir de sa part. Diversion ou réalité ? Les avis des nigériens sont plutôt partagés. Nombreux à l’instar de Sanoussi Jakou, sont ceux qui pensent que la proposition de Hama Amadou est tout simplement irréaliste. Le gouvernement actuel jouit d’une confortable majorité à l’Assemblée Nationale d’une part et d’autre part, il n’existe pas d’instabilité politique visible qui pourrait nuire à l’efficacité de l’action gouvernementale. D’autres, parmi les opposants négociant leur reddition, bien que trop surpris de la proposition, la trouvent certainement bienvenue, voire même salutaire.
A la suite de Hama Amadou, ils fondent leur argumentation sur les potentielles menaces externes et internes qui menacent la stabilité du pays ; des menaces qui appellent les nigériens à une « sacrée », au moins jusqu’aux prochaines élections. Alarmisme ou pas, il semble que, làdessus, le président de l’Auguste institution est en phase avec ses amis « tarayistes ». Lors d’une de leur sortie, ils ont même tenté de récupérer ce qui n’était encore qu’une idée, en proférant que c’est Mahamadou Issoufou en personne qui en serait l’initiateur. Soit ! D’autres plus acerbes pensent que Hama Amadou tente plutôt de récupérer à son compte un possible ralliement du « clan Tandja » à la mouvance actuelle.
En effet, il se susurre sous cape à Niamey que des négociations seraient en cours pour le ralliement, au parti rose, d’une frange importante de tazartchistes, incapables d’assumer leur responsabilité d’opposants. Hama Amadou par cet appel, a donc tout simplement coupé l’herbe sous les pieds de son allié qui, il faut le reconnaitre, siphonnait des militants dans sa « réserve naturelle ». D’où la sortie des « tarayistes » pour lui dénier la paternité de l’idée. Au finish, son appel pour un gouvernement d’ nationale n’a fait naturellement qu’ajouter un peu plus de zeste dans une « ambiance délétère » qu’il a lui-même décriée. Mais l’homme savait parfaitement ce qu’il faisait. Et le premier des nigériens est tombé dans le piège.
Vexé d’être pris de cours dans ses plans expansionnistes, Mahamadou Issoufou, sans doute pressé par ses conseillers, crut bon de prendre les devants et d’inviter à plusieurs reprises Seyni Oumarou, le chef de file de l’opposition pour des négociations autour de l’opportunité d’un gouvernement d’ nationale. C’est par un niet catégorique très médiatisé que l’opposition dans son ensemble a rejeté les propositions du Président de la République. Un camouflet cinglant qui a certainement ébranlé la confiance du Président. La preuve : Il était obligé de s’expliquer là-dessus lors de son discours du 18 décembre. L’un dans l’autre, Hama Amadou confirme aux yeux des nigériens sa stature d’homme politique de premier plan, doté d’une redoutable capacité manoeuvrière.
Comme un maitre qui donne des devoirs à ses élèves, Hama a fait disserter plus d’un nigérien. Il a démontré à tous ses compatriotes et surtout à ses amis et alliés politiques qu’on ne peut pas le « dribler » aussi facilement. « Les services dépensiers de l’Etat (…) n’arrivent ni à anticiper la préparation des dossiers ni à accélérer la confection des marchés dans le respect des procédures des donateurs » Ç’aurait pu être le point d’orgue de son discours, tant le problème posé est important. Mais les questions politiques, au Niger, priment toujours sur toutes les autres. De sorte que cette interpellation est passée presque inaperçue. Revenons-en, c’est important.
En technocrate averti et fin connaisseur de la chose publique, Hama Amadou ne s’est pas embarrassé d’euphémisme pour s’offusquer contre l’incompétence des cadres nigériens. Il pointe du doigt tous les cadres qui interviennent dans l’élaboration des dossiers de financement ou dans la confection des marchés publics. Il les accuse, à juste titre, de manque d’anticipation et d’incapacité à se conformer aux procédures des donateurs. Selon cette analyse que partagent bon nombre de nigériens, ces cadres incompétents constituent sans doute le maillon faible qui empêche au Niger de consommer tous les crédits mis à sa disposition par les partenaires au développement.
Avouons que c’est la première fois que ces cadres qui se sont tapé tous les avantages possibles et qui ont l’habitude d’être chouchoutés par les gouvernants, se trouvent rudoyés par un … gouvernant. A-t-il raison de le faire ? La discipline gouvernementale impose aux coalisés d’une mouvance au pouvoir, un certain mutisme qui peut les empêcher souvent de voir, même l’évidence la plus grossière. Mais Hama Amadou n’est apparemment pas un béni-ouioui. C’est un homme qui a la plénitude de ses choix et décisions politiques. Il sait mieux que quiconque, par rapport à cette question, que « l’état a beau mobiliser des milliards », si en amont nos cadres ne sont pas en mesure d’élaborer les bons papiers en temps voulu pour permettre au pays d’accéder rapidement aux guichets des partenaires ou qu’ils ne peuvent justifier, en aval, les dépenses qui sont faites de l’argent de ces mêmes partenaires, « tout est zéro », comme dirait l’autre.
Et c’est visiblement le scénario dans lequel est planté le pays actuellement. Des milliards sont annoncés alors que les opportunités s’amenuisent. Mais, à regarder de près, le phénomène, pour ne pas dire le problème, ne concerne pas que les régies financières. L’incompétence est la chose la mieux partagée parmi les cadres et les responsables de la première mandature de la 7ème république. Les gens qui occupent des places qu’ils ne méritent pas, sont plus nombreux que les plus méritants. Tout ce qu’ils savent faire de mieux que les autres, c’est arborer des boubous, parler en langues maternelles, colporter des rumeurs et comploter contre les cadres compétents. Il est grand temps alors de commencer la salubrité.
« L’Etat a beau mobiliser 6000 milliards de financement extérieur, ceuxci ne participeront pour quelque raison que ce soit, au payement des salaires. » Avertissement à l’endroit des fonctionnaires de l’état. A prendre très au sérieux. Avant d’avertir les travailleurs de la fonction publique, Hama Amadou a attiré l’attention du gouvernement sur l’augmentation exponentielle de la masse salariale qui est passée de 57 milliards de CFA en 2007 à plus de 200 milliards en 2012. Comparés aux 550 milliards de recettes internes mobilisables, cela donne bien de tournis même aux économistes les plus optimistes. Les leçons tirées de l’économie classique indiquent que la masse salariale d’un pays ne doit pas dépasser les 30% des recettes mobilisables, sinon, bonjour les déficits !
Il se passe que cette année, le gouvernement fait face à une avalanche de revendications salariales. Certains groupes, mieux organisés que les autres, ont d’ores et déjà tiré le jackpot. Et tout naturellement, les autres frappent à la porte. Toutes ces revendications, à regarder de près, tirent leur origine et même leur légitimité, des promesses mirobolantes et des opportunités chantées, le tout dopé par l’uranium, le pétrole et le gaz. Mais le Niger n’est pas le Kazakhstan, l’autre pays producteur d’uranium, de pétrole et de gaz. Et Niamey ne ressemble en rien à Tirana. Hama Amadou avertit : Il ne faut pas se faire trop d’illusions. Les choses ne se passent pas comme les gens les perçoivent.
En un mot, si le Niger devrait payer les salaires sur ses recettes propres, ce qui est encore le cas, les uns et les autres devraient moduler les ardeurs de leurs revendications. Sur ce point, il n’est pas certain que Hama Amadou ait raison. Pendant que d’autres se sont tapés de monstrueux avantages, les contractuels de l’éducation et de la santé vivent dans une précarité absolue qui s’apparente fort à de l’esclavage moderne. Quoiqu’il en soit, en Homme d’Etat accompli Hama Amadou a secoué le cocotier. Et chacun en a pris pour son grade.

Commentaires
Tu connais aussi les résultats du MNSD jadis 1ere formation politique et m1nant 2eme. t'en veux encore?
T'en veux encore d'autres dizaines de réalisations, je te renvois dans le regain de crédibilité du Niger par l'équipe formidable que dirigeait Hamma et dont le plus beau bébé né de cela fut l'atteinte du prérequis, le billet qui nous a permis d'innombrables réalisations: l'absolution des dettes en faveur des PPTE qui engendra aussitôt le programme spécial, dont la souche des activités pré-programmées était déjà défendue par les équipes de Hamma devant les bailleurs.
Mahamadou Issoufou, a de la volonté, du courage, il est visionnaire.
Il a ouvert des chemins nouveaux gagner la confiance des partenaires. Au début de sa présidence, certains Nigériens ne faisaient que critiquer ses déplacements, en disant qu'ils ne font que gaspiller l'argent de l’État.
Aujourd'hui, la confiance retrouvée, la situation est toute autre: il a apporté des ressources financières pour développer le pays et il manque une stratégie idoine s'appuyant sur des ressources humaines de qualité afin de les utiliser pour le bien-être des Nigériens.
Le niveau politique a certes fait son travail, mais ce travail ne sera complet qu'en choisissant ceux qui mettront en œuvre une telle stratégie.
Seul le Président peut faire ce choix y compris celui du Premier Ministre.
Les Nigériens attendent qu'il les implique.
Bien cordialement
Dr ANASSER AG RHISSA
EXPERT TIC ET GOUVERNANCE
Quand quelqu'un fait des réalisations on ne les discute pas. Vous êtes le seul à voir les réalisationS de Hama.
le jour est venu pour toi de te montrer que t'as de preuves ou à défaut de preuves. Sinon t'es plus bas que bassesse
Tandem Hama Tandja? Un tandem où celui qui a été nommé voulait montrer qu'il a plus de pouvoir que celui que des millions de nigériens ont élu. Une petite question: sommes-nous maintenant d'accord que la gratuité des soins pour les enfants de 0 à 5 ans est bien l'œuvre de Tandja?
Aujourd’hui encore il n’est pas trop tard pour ceux qui aspirent à devenir des GRANDS HOMMES. Le Niger l’un des pays les plus potentiellement riches du monde reste abonné aux dernières places en termes de développement humain. Qu’attendent donc les Hama pour oublier leur petite personne en prenant des mesures novatrices et courageuses pour placer le Niger parmi les nations qui gagnent? Si Hama se dirige dans cette direction je prendrai la carte du lumana.
Pour l’heure, je constate ce que tout nigérien de bonne foi constate : on ne parle pas de Hama en termes de réalisations pour le Niger, en termes de patriotisme, en termes de courage.
Qu'ALLAH protège le Niger
il est faiseur du roi tout simplement parceque salou l'a voulu mais pas parcequ'il lest en realite. La postion de Lumnation sur l'echiquier politique national a ete monte en toute piece par le regime de salou, sinon voix pour voix ce parti ne pese pas grand chose au Niger car se limitant seulement a tillabery et une partie de Niamey