Lutte contre la délinquance financière en 2013 Les inquiétudes du ministre de la Justice
- Écrit par Amadou. B. (Le Monde d'aujourd'hui n°08 du mercredi 9 janvier 2013)
« L’année 2013 fera un grand bruit sur le plan de l’assainissement parce qu’il y a plusieurs dossiers dont l’instruction est terminée. Il y aura des interpellations de certaines personnalités qui ont beaucoup de relations. J’espère que l’Etat ne sera pas déstabilisé pour cela ».
C’est en substance les propos du ministre de la Justice, Garde des Seaux, Porteparole du gouvernement Marou Amadou lors de rencontre du nouvel an organisé par le Premier ministre au Grand hôtel de Niamey. Venant d’un citoyen ordinaire, ces paroles peuvent susciter la pitié tant on dirait qu’elles viennent d’un patriote voyant venir pour son pays un malheur qu’il ne peut malheureusement pas contenir. Mais venant d’un membre du gouvernement, ancien syndicaliste, ancien acteur chevronné de la Société civile, un farouche combattant du Monstre Tazartché, ces mots qui traduisent tant de maux font réfléchir à une vitesse vertigineuse.
Les Nigériens ont depuis l’avènement de la 7e République réclamé, exigé l’assainissement des Finances publiques. Aujourd’hui, cet assainissement est en train de prendre forme. Nombres de cadre de l’administration sont interpellés, certains en prison, d’autres sur le chemin des geôles. Et apparemment, ce n’est que le début du commencement. C’est donc un message très fort que le ministre Marou a envoyé aux Nigériens : « vous avez demandé l’assainissement, êtes-vous prêts à l’assumer ? » Comprendra qui comprendra. Au Niger, le problème réel qui freine la lutte contre l’impunité est la peur.
Les différents régimes civils et même militaires qui se sont succédés ont tous eu peur à un moment ou à un autre d’aller loin lorsqu’il s’agit de s’intéresser aux détournements de deniers publics qui concerne des hautes personnalités politiques et militaires ou leurs proches. D’où tout l’espoir que le peuple à placer en celui que les Nigériens appellent affectueusement le Lion, Issoufou Mahamadou aujourd’hui président de la République. Mais depuis 21 mois qu’il est aux commandes de l’Etat, les rugissements du Lion n’ont à vrai dire pas fait peur aux brebis tant l’assainissement semblait grippé par on ne sait quoi. Maintenant que les choses commencent à bouger, il faut que ceux qui réclament à tue tête cet assainissement soient suffisamment courageux pour la soutenir et la rendre irréversible.
On sait que cela fait beaucoup de risque à prendre par le pouvoir. Et ajouté au sentiment de mécontentement quasi général, ça devient un cocktail dangereux. Cette fois, ce n’est plus au président Issoufou de taper du poing sur la table mais c’est au Peuple, celui là même qui se manifeste en corps, de crier haut et fort son soutien et de son inébranlable détermination à protéger et défendre ses institutions démocratiques. Nul place, aucune chance ne doit être laissé à des individus pour semer le désordre parce que simplement des comptes justes et légitimes leur sont demandé par la société à travers ses gouvernants. L’Etat doit être fort et fortifié pour écraser toutes les menaces qui le guetteraient. Cela passe par un engagement à toute épreuve de chaque Nigérien.
Il ne sert à rien de pousser les autorités à engager une lutte implacable contre les prédateurs des biens publics et abandonner ces autorités en chemin pour que l’impunité revienne régner en maître dans notre pays. Si l’assainissement en cours est conduit sans aucun état d’âme, nul doute que les responsables actuels et futurs à tous les niveaux réfléchiront par 4 fois avant de s’en prendre aux biens collectifs. C’est justement de cela dont le Niger a grand besoin car les détournements et autres indélicatesses à l’égard des deniers publics sont l’un des freins les plus redoutables du développement de notre pays. Assainissement oui mais soutien populaire aussi !

Commentaires
Ces gens là! ils nous divertissent Wallahi.
Des Zarzaraa Gondi (en haoussa: Zaané maatchizi)