Dîner de presse Vingt un mois d’action, les questions cruciales
- Écrit par Laoual Sallaou Ismaël (La Roue de l’Histoire N°646)
Sécurité assurée, mobilisation des ressources financières et satisfaction entière de la masse salariale qui passe de 70 milliards à 126 milliards de FCFA Le Premier Ministre Brigi Rafini avait convié la Presse autour d’un dîner de presse qui s’est tenu le samedi 05 janvier 2013, dans les jardins du Grand Hôtel de Niamey.
Occasion pour le Chef du Gouvernement de présenter ses meilleurs voeux de nouvel an au Président de la République, aux Membres du gouvernement, à ceux de son cabinet et services rattachés et au monde de la presse et surtout d’entretenir la presse sur les 21 mois de la gestion du gouvernement. «Nous n’allons pas faire le bilan, mais le point de ce qu’a été l’action gouvernementale au cours de ces 21 mois» , a averti le Premier Ministre à l’entame de son introduction. ‘’Le bilan se fera à la fin du mandat’’, indiquera-t-il. La situation sécuritaire avec les conséquences des crises libyenne, ivoirienne mais surtout la situation au Nord Mali et au Nord Nigeria ont été au centre des préoccupations du gouvernement en raison de leurs répercussions directes sur notre pays, a relevé pour le Chef du gouvernement.
Les principaux défis étaient la gestion des effets de la mauvaise campagne agricole 2010-2011, les conséquences des fortes inondations enregistrées en 2012 qui ont occasionné plus de 500.000 sinistrés les attaques acridiennes sur les cultures. ‘’Le gouvernement a déployé d’énormes efforts pour juguler tous ces problèmes, a affirmé Brigi Rafini. La révision à plusieurs reprises de la loi de finances pour l’adapter à la situation en est la preuve éloquente, a-t-il expliqué. La sécurité, la mobilisation des ressources internes, la sécurité alimentaire, ont été assurée conformément aux directives du Président de la République et aux attentes des populations.
Sur le plan de la mobilisation des ressources, outre le programme de Développement économique et sociale qui a mobilisé plus de 2000 milliards, le Chef du gouvernement a évoqué l’augmentation substantielle de la masse salariale, qui est passée de 70 milliards en fin 2011 à 126 milliards de FCFA en fin 2012. Modeste, le Premier ministre a reconnu que beaucoup reste à faire dans le domaine de l’éducation et de la santé pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement.
Sur la consommation de crédits.
«Il y’a dysfonctionnement au niveau de notre administration. Dans beaucoup de cas, on a mobilisé mais on n‘a pas consommé. Les principales contraintes relevées résident dans la méconnaissance des procédures et les délais, a soutenu Brigi Rafini. Le Premier Ministre a indiqué qu’un travail d’encadrement et de formation est engagé dans le sens d’améliorer la consommation des crédits de même qu’une réforme sur les délais et cela, sans pour porter atteinte aux règles de transparence.
94 milliards versés au Trésor national en 2012 au titre des recettes pétrolières.
Répondant à des questions relatives aux retombées du pétrole nigérien et à l’incompréhension entre la SONIDEP et la SORAZ, le Ministre de l’Energie et du Pétrole, Foumakoye Gado a souligné qu’à la date du 26 décembre 2012, 604.884 Tonnes de pétrole brut ont été extraits par la raffinerie de Zinder(SORAZ). C’est une production de 12.164 barils par jour, en deçà des prévisions de 20.000 barils par jour, a précisé Foumakoye Gado. Les raisons de ce gap, a-t-il indiqué, sont liées à la surévaluation des 20 puits qui devaient alimenter la raffinerie et qui ne parviennent malheureusement pas à atteindre la production espérée. Il faut 3 puits supplémentaires pour honorer l’engagement de la production de 20.000 barils par jour, a t-il ajouté Pour l’instant a indiqué le Ministre Foumakoye Gado, la raffinerie est déficitaire.
Sous réserve d’approbation par les experts en la matière, les recettes versées en amont sont de 45,7 milliards de FCFA au trésor national et 48,77 milliards en aval soit un total de 94 milliards de FCFA pour une prévision de 124 milliards. S’agissant des relations entre la SONIDEP et la SORAZ, le Ministre de l’énergie et du pétrole a indiqué qu’à la date du 7 décembre il n’y a que 29 milliards de FCFA que la SONIDEP n’a pas payé à La SORAZ. Un planning d’apurement de cette dette a été élaboré en concertation avec les deux acteurs pour évacuer ces arriérés au plus tard le 15 janvier 2013. Il n’y a pas de problème majeur, a-t-il indiqué. Sur la commercialisation des produits raffinés, l’Etat a fait son choix à travers la SONIDEP pour des raisons stratégiques liées à la maîtrise des données.
Toujours pour aplanir les incompréhensions entre la SORAZ et la SONIDEP, nous nous sommes concertés pour régler la question des délais de paiement, a précisé le ministre de l’énergie et du pétrole. Concernant les coupures d’électricité, le Ministre Foumakoye Gado a relevé qu’en 2012, ces coupures ont été atténuées par la location d’une centrale de 20 Mégawatt portant la réserve à 114 mégawatt pour des besoins de 98 mégawatt. En 2013, indiquera- t-il, son ministère se déploiera à la construction de la centrale de Gorou Banda, sur la route de Say en quittant Niamey, dont les travaux débuteront courant février 2013.
AREVA supportera le manque à gagner subi par le Niger par rapport au projet Imouraren.
Répondant à une question sur l’exploitation de l’Uranium au Niger et le niveau des négociations avec AREVA, le ministre d’Etat, des Mines et du Développement industriel, Omar Hamidou Tchiana a souligné que l’uranium n’a pas seulement une valeur marchande. Le Ministre des mines dira que le bilan de 40 ans d’exploitation d’uranium et du partenariat avec AREVA est déséquilibré. «L’objectif du Niger, c’est de tirer le maximum de profit de l’uranium. C’est de conclure un contrat gagnant-gagnant », a déclaré Omar Hamidou Tchiana. Le prix du kilogramme de l’uranium est à 73.000 FCFA et nous allons bientôt relancer les négociations pour le prix 2013, a t-il souligné. Par rapport au retard accusé dans les travaux du site d’Imouraren, le Ministre des mines a été catégorique :
‘’ce retard n’est pas imputable à l’Etat du Niger et c’est l’opérateur qui doit payer le manque à gagner’’. Par rapport à l’or, le Ministre a parlé d’un monstre à plusieurs têtes. De 2004 à 2010, c’est la même société qui exploite, achète et vend, a-t-il révélé. Pendant que nous vendons à 300 dollars l’once, elle est à 1000 dollars sur le marché international. De toute façon, l’Etat a décidé après l’enquête parlementaire qui a été diligentée à ce sujet, de faire un audit global pour situer les responsabilités par rapport à l’exploitation de l’or nigérien.
Le PDES conçu avec un taux de consommation de crédit de 70%.
Le Programme de Développement Economique et Social du Niger sera largement vulgarisé, a souligné le Ministre d’Etat, du plan, Amadou Boubacar Cissé. Il faut bien sûr que l’Etat explique les bases sur lesquelles ce programme a été conçu, comment il sera conduit et quels sont les résultats attendus. D’ores et déjà, le dispositif institutionnel pour conduire cette politique de vulgarisation a été mis en place afin de faire comprendre l’importance majeure de ce programme. Par rapport au risque sur la mobilisation des crédits, le Ministre indiquera que tous les paramètres ont été pris en compte dans l’élaboration du PDES 2012-2015.
Le PDES, a-t-il souligné, a été conçu avec un taux de consommation de crédits de 70%. Aujourd’hui, on n’est à un taux de 32% de consommation. Les risques que nous prenons sont relativement limités et c’est un taux réaliste et réalisable que nous nous sommes fixés, a conclu le Ministre d’Etat, Ministre du plan, de l’Aménagement du Territoire et du Développement communautaire, Amadou Boubacar Cissé, pessimiste sur un taux de croissance moyen de 10% sur la période 2012-2015
314 milliards de FCFA, 4200 hectares, 150.000 tonnes de semences, 15.000 tonnes d’engrais en 2013 pour l’initiative «3N ».
Le Haut commissaire à l’initiative «3N », a indiqué l’effectivité du démarrage du programme depuis octobre 2012. «Les 3N sont en cours. «Il y a eu une ré pour faire le point de la mise en oeuvre de cette initiative», a souligné Alahouri Amadou quelque peu surpris par la question de la mise en oeuvre de cette initiative. Ce sont 314 milliards de francs CFA qui sont déployés au cours de cette année dont 50 milliards pour ce premier trimestre. 4200 hectares, 150.000 tonnes de semences, 15.000 tonnes d’engrais, un vaste programme de vaccination, d’appui pour les travaux de haute intensité de main d’oeuvre pour la restauration de l’environnement, l’empoissonnement des mares, la mise en place des comptoirs de commercialisation d’oignons, l’accès au marché sont autant de moyens qui ont été déployés dans le cadre de cette initiative. Toutefois, les défis à relever demeurent l’encadrement, les capacités des ministères à relever le niveau d’élaboration des projets et les changements des comportements.
1,5 milliard de FCFA en 2013 en faveur des sept (7) conseils régionaux du Niger.
Par rapport aux faux diplômes, le Ministre Abdou Labo a indiqué que ce n’est pas seulement une affaire de la police, c’est l’affaire de tous. Nous faisons de notre mieux pour démanteler et chercher le maximum de fossoyeurs. Récemment encore, 4 faux diplômes ont été démasqués et nous poursuivons nos enquêtes. S’agissant de la gestion des collectivités territoriales, la tâche est énorme, a indiqué Abdou Labo au regard de certaines contraintes liées à l’analphabétisme et à la faiblesse des cadres de conception de plans de développement. 96 inspections ont été déployées au niveau de l’administration territoriale.
Et au stade actuel, il est apparu une non maîtrise des textes malgré la forte documentation fournie aux conseillers régionaux et locaux, des maires qui se promènent avec leur budget en poche ou qui réside en dehors de leurs communes. Il faut encadrer davantage et déployer beaucoup plus de moyens. A cet effet, le Ministre d’Etat Abdou Labo a indiqué que 500 millions ont été déployés pour accompagner le processus et 1,5 milliard pour appuyer les 7 conseils régionaux. Une agence nationale des collectivités territoriales dont le PCA et le Directeur Général ont déjà été nommés va se charger de la mobilisation des ressources financières pour appuyer les collectivités.
Zéro interventionnisme, 0 impunité et de nombreux dossiers de personnalités en instance.
Par rapport à la question de l’assainissement jugée timide dans certains milieux politiques, le Ministre de la Justice Garde des Sceaux, Marou Amadou, a indiqué que les chiffres parlent d’eux-mêmes. Dans la lutte contre la corruption, le Niger a gagné 21 places dans le classement mondial sur l’Indice de Perception de la Corruption. ‘’Nous avons crée des nouvelles institutions et nous avons renforcé celles qui existent’’, a-t-il soutenu. Le Bureau de lutte contre la corruption, la Haute Autorité à la Lutte contre la Corruption, la CENTIF, l’Inspection Générale d’Etat sont autant d’instruments qui se sont déployés au cours de cette année pour atteindre des résultats forts satisfaisants, a-t-il noté avec satisfaction. Nous avons encore beaucoup de dossiers que nous traiterons avec la plus grande fermeté, a-t-il martelé.
Pour la liberté provisoire dont on abuserait à y donner, il a indiqué qu’il n’y a pas de tricherie. L’option politique était que ceux qui ont remboursé les deniers publics détournés peuvent prétendre à la liberté provisoire. Mais si jamais ils sont condamnés par le juge, ils iront en prison. S’agissant des conditions carcérales, Marou Amadou a indiqué que la prison de Niamey est surchargée. On n’a 1000 prisonniers pour 350 places. Le chef de l’Etat a opéré des remises gracieuses des peines le 18 décembre dernier et le 1er janvier 2013, ce qui a permis de décongestionner les prisons. Cependant, le Ministre de la justice a rassuré que de nouvelles maisons d’arrêt seront construites cette année pour rendre les conditions carcérales acceptables et répondant aux normes prescrites par les textes en la matière.
Toujours par rapport à l’assainissement, il soulignera que le chef de l’Etat s’est inscrit dans le pari de «zéro interventionnisme, zéro impunité ». Nous serons intransigeants par rapport à cela, priant les uns et les autres à éviter l’interventionnisme auquel ils ne céderont pas. ‘’Et je vous informe que beaucoup de dossiers de hautes personnalités sont ficelés’’, a lancé Marou Amadou. «2013 fera un grand bruit dans le cadre de l’assainissement au Niger et je pense que pour cela, on ne déstabilisera pas le Niger, a-t-il conclu.
Abandon de la ‘’contractualisation’’ dans l’enseignement à l’horizon 2020.
Revenant sur la question des faux diplôme, la ministre de l’Education nationale et de l’alphabétisation, Mme Ali Mariama Elhadji Ibrahim, a déclaré que ‘’Nous avons mis en place, une division spécialement chargée de l’authentification des diplômes’’. Ce contrôle se fait tant au niveau central qu’au niveau régional, a-t-elle ajouté. La Halcia et les autorités judiciaires sont saisies, a indiqué la Ministre. Relativement à la contractualisation de l’enseignement, la Ministre Mme Ali Mariama Elhadji Ibrahim, a rappelé que ‘est pour pallier à l’insuffisance d’enseignants que en 1997-1998, sur recommandation de la Banque Mondiale, dans le cadre de l’universalisation de l’enseignement, l’Etat du Niger a fait recours à ce système.
Mais force est de reconnaître, a-t-elle indiqué que le système est défaillant à l’épreuve des faits. La qualité de l’enseignement laisse à désirer, le niveau de mobilité limité et la vocation n’y est pas. Elle a poursuivi en indiquant que les capacités des enseignants sont toutefois renforcées à travers les Caped, les formations de 45 jours, les formations à distance de l’OIF et de l’AIF. Cependant, Mme Ali Mariama Elhadji Ibrahim a laissé entendre que l’Etat entend abandonner ce système à l’horizon 2020. Abordant le domaine des infrastructures scolaires, la Ministre de l’éducation a indiqué que 3000 classes sont au programme cette année.
Déjà la construction de 500 classes a été lancée dans une première phase au niveau de toutes les régions et pour les 25000 restantes, le processus des marchés est en cours. De toutes les façons, conclura-telle, les bilans des réalisations seront faits en mars 2013.

Commentaires
Compte-tenu des conséquences néfastes d'une guerre, tout pays hésitera d'y participer surtout lorsqu'elle ne le concerne pas directement.
Mais sachez que lorsqu'on est couché sur ou sous une même couverture et qu'une partie de cette dernière brule, on doit s’inquiéter pour le reste.
C'est le cas de tous les pays bordant le Mali, cas du Niger, la proximité de ces pays fait que les problèmes de l'un pourront impacter sur les autres.
Le terrorisme étant un fléau contagieux et reposant sur un réseau mondial, sa propagation est très facile, surtout dans des pays situés dans la même zone, cas du sahel.
L'éradication de ce fléau mondial ne peut être faite qu'à travers une coopération entre les États à tous les niveaux.
C'est pourquoi, au Mali, le Niger est dans l'obligation de participer à cette guerre imposée et non désirée.
Bien cordialement
Dr ANASSER AG RHISSA
EXPERT TIC ET GOUVERNANCE
I Love it. Comme vous l' aviez si bien exprimé et résumé.
Thumb up
- Marou Amadou: le Niger ne souffre pas d'un problème d'institution; il a le taux de natalité des institutions (TNI) le plus élevé au monde, et cela par souci de créer des postes pour le partage du "gâteau". Donc c'est de l’honnêteté qu'on attend. Une seule institution sérieuse vaut mieux que cette nuage d'institutions.
- Alhouri 3N: Ces 314 milliards ne doivent pas servir à acheter des 4X4 pour vous et pour amener vos enfants à l'école.
Ils doivent être stratégiquement et techniquement dépensés.
Nous avons besoin des actions durables et non des actions pour monter en image et plaire au lion.
Organiser un forum inclusif de l'agriculture nigérienne.
Associer tous les acteurs du terrain pas des bureaucrates.