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Le Nigéria retire sa subvention

''Tout vient à point pour celui qui sait attendre''. Ce vieil adage bien connu traduit si besoin est la situation que vivent lesNigériens depuis le début de l'exploitaion et la vente du pétrole, extrait du bloc d'Agadem (dans la région de Diffa) et raffiné à Zinder par la SORAZ.

Pendant que les consommateurs nigériens remplissaient allègrement leurs véhicules avec de l'essence et le gaz-oil ''made in Niger'', les villes de son grand voisin du sud, premier producteur de l'or noir en Afrique sont devenues les théâtres de grandes manifestations parfois spontanées de la population appuyées par la société civile et les syndicats. Et pour cause depuis le 1er janvier 2012, le gouvernement de Goodluck Jonathan a décidé de retirer la subvention de l'Etat. Selon le ministre nigérian des finances le retrait de la subvention va permettre à l'Etat d'engranger environ six milliards de dollars pour la seule année 2012. Manne qui servira à financer des secteurs prioritaires, avait-on dit. Mais ce qui n'est pas du goût de la population qui voit leurs conditions de vie s'aménuiser. Les jours suivant le retrait de la subvention en effet, le prix du carburant à la pompe a flambé, passant de 65 nairas à 140 nairas.

Le malheur des uns fait le bonheur des autres

Comme un effet domino, le retrait de la subvention va aussi avoir de répercussions sur les pays voisins. Au Bénin ce sont de longues files d'attente qui ont été observées dans les stations-service aux premiers jours de la décision nigériane.

Au Niger, sur le retrait de la subvention, le ministère du pétrole et même celui du commerce et de la promotion du secteur privé qui, depuis plusieurs mois, tente de mettre fin à un commerce illicite des produits pétroliers, on frotte les mains. L'essence fraudée du Nigeria se retrouvait dans plusieurs lieux, même à Niamey loin de la frontière avec le Nigéria. Les mises en garde des autorités et les accidents parfois mortels n'y ont pas dissuadés personne. Mieux encore, les stations-services longtemps délaissés ont commencé à retrouver de l'engouement de la part des usagers. Les prix des vendeurs illégaux et ceux vendus à la pompe sont presque les mêmes. A Maradi et Zinder, l'on a ainsi observé à certains endroits des fils d'attentes au niveau des stations-service. Grâce en effet à la fraude les revendeurs ''illégaux'' ont toujours laminé les prix auparavent.

A chacun sa méthode

Le Niger a, il y a environ un an, décidé de retirer la subvention afin de les utiliser dans les secteurs sociaux de base. Une subvention qui selon le ministère des finances atteindraient en 2011, près de 40 milliards de FCFA. Mais contrairement au Nigeria, les autorités de la 7ème République ont trouvé les moyens, de calmer les plus directement concernés, les conducteurs des transports urbains. Le ticket modérateur a comme anéanti l'humeur des taximen car il leur octroie une somme d'environ 40 mille FCFA afin de compenser les conséquences résultant de l'augmentation des prix à la pompe.

Quant aux autorités Nigérianes, plusieurs jours de manifestation les ont ramené à revoir la copie en rabaissant de 30% les prix initiaux, objets des contestations. La mesure qui est loin de répondre à l'attente des syndicats a réussi quand même à les calmer. Une attitude que tous les analystes associent à un éveil de sentiment patriotique, surtout y égard au risque grandissant de déstabilisation du pays et de guerre civile la menace de la secte religieuse Boko Haram.

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