Déclaration de presse du CODDAE relative à la situation sociopolitique au Niger
- Écrit par Le Président Moustapha Kadi Pour le BEN/CODDAE.
Le Collectif pour la Défense du Droit à l’Energie (CODDAE), réuni en session ordinaire, ce mercredi 1er août 2012 à son siège, sis quartier Koubya à Niamey, à l’effet d’examiner la situation sociopolitique au Niger fait la déclaration suivante...
: Plus de huit mois après l’annonce officielle des prix des hydrocarbures, le 15 novembre 2011, rien n’a été fait par le Gouvernement dans le sens de donner suite à l’appel de la majorité des populations nigériennes, riches comme pauvres. Chaque fois que la question de révision à la baisse du prix du litre d’essence est soulevée, elle laisse apercevoir deux logiques : celle des dirigeants qui s’activent à maintenir le statuquo d’une part et d’autre part, celle populaire des partisans d’un prix accessible à tous les nigériens.
Le CODDAE constate que si l’on ne prend garde, cette question très sensible qui mobilise tout le monde risque de réveiller le front social à un moment où nous faisons face à deux crises majeures : à savoir la crise malienne et la crise alimentaire. Dans ce cadre, le CODDAE attire l’attention des Hautes Autorités nationales à prendre au sérieux la demande des consommateurs d’énergie afin que le pétrole du Niger puisse profiter à tous les fils du pays et mettre fin à l’exclusion dont la majorité des populations est victime.
En vérité, la mévente à laquelle fait face la SONIDEP est causée par l’absence d’un prix concurrentiel, ce qui est de nature à encourager davantage la fraude des hydrocarbures sur toute l’étendue du territoire. En dehors de ceux qui disposent de bons d’essence et certains privilégiés, nombreux sont les Nigériens de la ville, qui ne consomment pas le pétrole nigérien, entrainant ainsi pour le pays la baisse des recettes et la fuite des capitaux. La triste réalité, c’est que l’opacité et le flou autour du secteur pétrolier ne bénéficient véritablement qu’aux seules Entreprises Chinoises.
C’est dire que les énormes revenus du pétrole nigérien ne profitent qu’à la CNPC, à la SORAZ et à leurs complices, participant ainsi au pillage systématique de notre sous-sol, en plus des surfacturations déjà observées dans la construction de la raffinerie et du pipeline reliant les puits d’Agadem à Dan Baki dans la région de Zinder. L’accès à l’énergie étant un droit essentiel et inaliénable des citoyens, le CODDAE propose au Gouvernement d’organiser une consultation nationale sur le prix du pétrole nigérien en mettant autour d’une table les parties prenantes afin d’asseoir un consensus national sur la question des prix à la pompe.
Le CODDAE très attaché aux principes démocratiques, à la consolidation de la paix et à la transparence dans les industries extractives exhorte le Gouvernement à prendre toutes les dispositions utiles afin de répondre aux attentes des consommateurs, car il faut qu’on trouve une solution appropriée sur cette question préoccupante. Ainsi, le CODDAE attend avec le plus grand espoir la réponse du Premier Magistrat du Pays dans le sens d’une baisse substantielle du prix des hydrocarbures afin de préserver la quiétude sociale chèrement acquise dans notre pays pour plus d’équité et pour une juste répartition des retombées du pétrole extrait dans la région de Diffa.
Par ailleurs, dans le cadre du conflit malien, pour l’intérêt supérieur de la nation, le CODDAE demande au Président de la République, Chef de l’Etat de s’en tenir à la sécurisation de nos frontières, de nos villes, de nos campagnes et de ne pas trop s’engager dans la guerre malienne malgré l'excellente qualité de nos Forces de Défense et de Sécurité en observant la même position que les Etats Unis d’Amérique et les pays voisins du Mali comme le Burkina Faso et la Mauritanie surtout avec le vieux matériel militaire offert par la France à notre pays dans ce cadre.

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