Enseignement Supérieur Professionnel Privé: Homologation CAMES : publicité un peu « régulière » en la forme, absolument mensongère dans le fond !
- Écrit par L'EXPRESSION N° 76
Le CAMES, pour ceux qui ne le savent pas, c’est le Conseil Africain et Malgache de l’Enseignement Supérieur...
sa mission principale est de créer un cadre de coopération fiable entre les institutions de formation universitaire des Etats membres à travers la diffusion et l’application d’un certain nombre de normes de manière à obtenir une certaine harmonisation des enseignements ; et aussi permet d établir une certaine équivalence des diplômes entre les institutions membres. Dans cette logique, le CAMES veille à l’application d’un certain nombre de normes, et sur la base du constat sur la conformité à ces normes, il en délivre une certification ; le CAMES est une autorité de certification de la qualité de l’enseignement dans les Etats membres. Ces normes sont fondamentalement au nombre de quatre :
Le contenu du programme proposé ; Le volume horaire total et par unités de crédit alloué ; La qualité du corps professionnel à travers leur grade (au moins titulaire d’un doctorat) -Le cadre organisationnel notamment administratif et scientifique (exigence de certains profils à certains postes de responsabilité tels que le Directeur des Etudes et surtout le Président du Conseil Scientifique qui doit être un professeur agrégé, de préférence du CAMES). De ce qui précède, on peut tirer les constats suivants : Le CAMES ne concerne que quelques Etats membres et donc il se pose la question de la limite de sa compétence territoriale ; il est clair qu’il n’a donc pas la prétention d’être universelle ; L’entrée au CAMES est optionnelle et donc pas obligatoire ; L’homologation CAMES est une certification ; cela ne signifie pas que là où elle n’est pas inscrite, il y a défaut de qualité mais peut être une absence de certification de cette qualité ;
-Initialement, le CAMES était essentiellement dans les universités et notamment publiques ; aujourd’hui, il s’intéresse beaucoup dans le secteur privé et c’est tant mieux, justement, il y a à ce niveau quelques appréhensions, à notre goût, légitimes et le but de ce papier est bien évidemment de les partager avec vous ; une façon d’ouvrir le débat sur l’intervention de cet honorable organe dans les écoles privés. En effet, au Niger, depuis que quelques écoles professionnelles de la place ont acquis cette certification, elles n’ont qu’une seule publicité : « nous, on a le CAMES ! ». C’est certainement un mérite dont il faut se rejouir, et pour notre part, nous sommes heureux de voir que nos écoles, dans leur quête de crédibilité, puissent obtenir cette précieuse reconnaissance du CAMES !
Seulement, voilà, nous constatons aussi que toute la vérité ne se dit pas et pire nous allons démontrer que la certification CAMES, loin d’être une marche ou une consécration vers la qualité de la formation est tout simplement devenue dans l’esprit de ces écoles comme un simple gadget de publicité, ni plus ni moins ! Tout est faux dans la pratique ! car la plus part de ces ecoles et instituts prives qui vont cette reconnaissance du cames ne respectentent plus leurs engagement notamment le contenu de leurs programmes d enseignement. On présente la certification CAMES obtenue seulement pour quelques 2 ou 3 diplômes sur la vingtaine des diplômes auxquels on forme comme si cette certification englobe tous les diplômes délivrés par l’école ; loin de cette question, elle ne porte que sur quelques 2 ou 3 diplômes et les gens doivent le savoir au nom du droit à la vraie information ; autrement, il y a tentative d’arnaque dans ce sens
; -Selon nos investigation généralement le programme présenté au CAMES pour obtenir sa certification n’est pas le programme réellement enseigné ; il y a donc parfois un programme fictif présenté au CAMES pour la circonstance et un programme réel qu’on enseigne avant le CAMES et après le CAMES ;
-Aussi il n’est pas évident car : le corps professoral présenté au CAMES n’est pas celui qui forme ; là aussi, même démarche, il y a ce corps professoral fabriqué pour se conformer aux normes CAMES et le vrai corps professoral qui y était avant le CAMES et qui y reste après le CAMES ; allez y voir !
-Il en est de même de l’organigramme qui ne correspond à aucune réalité vérifiable. En vérité, on peut aller loin dans la démonstration et le moins qu’on puisse dire est qu’il y a quelque chose qui ne va pas ; ce que dans la plupart des cas où le CAMES est intervenu, la qualité de la formation chute pour la simple raison que les écoles qui obtiennent ce précieux label, sans doute parce qu’elles y ont investi beaucoup d’argent, ne fournissent plus d’efforts d’amélioration ! Le label est suffisant pour faire venir la clientèle ! En tout cas , au Niger, allez y dans ces écoles qui vocifèrent sans se lasser qu’elles ont le CAMES, et allez y naturellement dans celles qui pour le moment ne l’ont pas ( le CAMES étant optionnel), vous ne ferez qu’un seul constat :
s’il n’ y a aucune différence entre ces 2 catégories d’écoles ( puisque ce sont les mêmes formations, les mêmes programmes, les mêmes enseignants ), il y a des cas où il est préférable au nom de la qualité de s’inscrire dans dans toutes les écoles car la reconnaissance ne justifie pas la qualité de l enseignement ou de formation et aussi aucune école nigérienne n’est abilité a donner un diplôme parallèle d’une autre école qui est hors Niger, est-il concevable par la raison de supposer que le CAMES ignore cet état de fait, quand on sait qu’il y a dans le processus un mécanisme de contrôle qui intègre même la question de l’évaluation et des avancements du corps professoral ? En conclusion la question que nous posons aujourd’hui est celui de la crédibilité de la certification CAMES ou pour aller encore plus loin celui de l’impact de cette certification dans la qualité de la formation professionnelle privée.
Une chose est certaine, il ne faut plus se fier à cette publicité un peu « régulière » en la forme et absolument mensongère dans le fond ! Une autre chose est certaine, le CAMES doit revoir sa copie car pour le moment et dans le cas d’espèce, il ne fait que se décrédibiliser ; tout laisse croire qu’il n’est intéressé que par la manne que lui procure désormais ce qui s’apparente à un vrai « business » comme disent les américains. A bon entendeur salut.

Commentaires
Sinon coment comprendre une ecole qui delivre un diplome de master et bocou de ses enseignants n'ont pas ce master.
Oubien une ecole qui delivre un doctorat sans pour autant avoir un docteur dans son corp professoral
Ce systeme est vraiment à revoir!!!
par rapport aux procédures je suis sur que c'est plus compliqué ça!
par rapport au contrôle continu cela relève à mon avis des gouvernements.
maintenant en ce qui concerne les mécanismes de fraude cela relève de la responsabilité des écoles. c'est comme accuser le fisc d'irresponsabil ité lorsque des commerçants fraudes.
je m'y connais pas en droit mais je suis sure aussi que les conventions internationales ont priorité sur les lois étatiques à l'exception de la constitution qui est la loi suprême.