Flambée du prix de la viande : Le ministre de l’Élevage accuse les bouchers grossistes
- Écrit par Mamane Abdou (La Roue de l’Histoire N°624)
Au cours d’un point de presse, animé le jeudi 2 août dernier, le ministre de l’Elevage Mahamane Elhadj Ousmane a porté un doigt accusateur sur les grossistes à propos de la flambée du prix de la viande au Niger.
Le ministre de l’Elevage, qui partageait les résultats d’une étude menée par un comité ad’hoc pluridisciplinaire sur la filière viande, a expliqué que le kilogramme de la viande de boeuf, qui est vendu à 1134F au boucher grossiste à l’abattoir, revient à 2200 F aux détaillants, avant de coûter au consommateur la somme de 2500F à 3000F. Le kilo de viande de petits ruminants, lui, revient à 2148 F au grossiste qui le vend au détaillant à 2500 F.
Les conclusions de cette étude qui s’est exclusivement penchée sur les raisons de l’envolée du prix de la viande, une situation somme toute paradoxale surtout si on compare les prix à ceux des capitales de la sous-région, ont révélé une marge bénéficiaire de l'ordre de 94 à 120% pour le grossiste de viande de bovin et de 90% pour le grossiste de viande de petits ruminants contrre 27% pour ceux qui louent le numéro d'abattage, a indiqué le ministre Mahamane Elhadj Ousmane.
Selon lui, cette marge bénéficiaire est de l’ordre de 12% par kilo pour le détaillant de viande bovine et 16,5% pour le détaillant de viande de petits ruminants. Le ministre de l’Elevage a, en outre, déploré le système de location du numéro d'abattage qui influence significativement le coût de la viande, notamment celle de petits ruminants. Les charges de locations du numéro, a-t-il déclaré, sont évaluées à 133 FCFA par kilo pour les bovins et 833 FCFA pour les petits ruminants et qu’il y a des personnes qui ne sont plus au Niger mais qui ont toujours des numéros d'abattage fonctionnels.
Il a, par ailleurs, indiqué que le système de quota constitue une autre pratique qui contribue à la flambée des prix de la viande. Ce système de monopole, organisation exclusive des bouchers grossistes, exclut, du coup, les petits bouchers à faible assiette financière et instaure une certaine classe seule habilitée à abattre des animaux, a expliqué le ministre de l’Elevage qui a parlé de la prise en otage, par un lobby de bouchers organisés au sein des syndicats, de l'abattoir de Niamey.
Le ministre de l’Elevage a, enfin, annoncé des mesures pour redresser cette situation inhérente à la montée vertigineuse du prix de la viande dans ce pays où le cheptel est estimé à 38 millions de têtes.

Commentaires
Mon frère, la société civile se cherche aussi. Après la nomination d'un de leur au poste du ministre, un au autre à la préfecture, ... tous les autres se voient aussi ministrables, ou conseillers, ... laissant la revendication du peuple à l'écart. Si c'est pas au Niger, où les petits syndicalistes pensent que la société civile est un raccourci pour une ascension sociale.Mais quand même, il y a ceux qui gardent toujours ce noble choix à savoir Prof Kalhed Ikri, ATT Tchangari et bien d'autres pour continuer le combat.
Où est notre société civile???