FAISONS HONNEUR AU JOURNALISME
- Écrit par Assane Soumana (sahel dimanche du 10 aout 2012)
La consolidation de l'alliance entre la liberté de la presse et la responsabilité du journaliste est décidément une œuvre de très longue haleine.
On avait pensé, à un moment, qu'il eût suffit de procéder à un simple exercice de toilettage des textes pour les rendre plus souples et plus lisibles, et de l'accompagner de quelques cours magistraux sur le principe sacro-saint du respect des règles de l'éthique et de la déontologie du journalisme pour que tout marche comme sur des roulettes. Mais à l'épreuve des faits, chaque pas que nous avions franchi, au fil du temps, sur les chemins escarpés de la liberté de la presse, vient nous rappeler qu'il y a un réel déphasage entre les maillons de la liberté et ceux de la responsabilité.
Tout ce passe comme si depuis l'adoption de l'ordonnance portant dépénalisation des délits commis par voie de presse, beaucoup de confrères se croient désormais ''au pays de l'anarchie'', un pays où on peut tout se permettre sans jamais avoir à répondre de son acte. Aussi, la diffamation, les insinuations et autres allégations mensongères et calomnieuses sont devenues le ''plat de résistance'' au menu de certains journaux de la place. Pour des raisons souvent inavouables, certains citoyens nigériens sont devenus la cible privilégiée de ces ''tirailleurs'' de la presse.
C'est face à la déliquescence de la situation que les responsables du ministère de tutelle, de concert avec l'organe en charge de la régulation du monde des médias, se sont sentis le devoir d'inviter les professionnels des médias à se retrouver, hier matin, à la Maison de la Presse, à l'effet de débattre du problème dans une approche plutôt...professionnelle. I l est ressorti des échanges qu'il y a manifestement un problème qui mérite une solution urgente. Les différents intervenants ont unanimement noté et reconnu que des pratiques très en vogue chez certains confrères jurent radicalement avec les règles élémentaires du journalisme.
Conséquence : ce métier si noble, qui force le respect s'il est exercé dans le strict respect des règles et principes, est en train de perdre...des plumes ! La question qui se pose pour la presse nationale est la suivante : doit-on fermer les yeux, et assister, impassibles, à la démolition de l'image de marque de ce métier qui nous a tout donné, sur l'autel de l'insouciance des uns et de la ''boulimie pécuniaire'' des autres, ceux-là même qu'on appelle très opportunément les ''mercenaires de la plume'' ? A l'évidence non, ont répondu les différents intervenants.
Cela d'autant plus que beaucoup d'efforts ont été faits par ceux qui croient en ce métier et en ses principes inviolables pour lui donner tout ce capital de crédibilité et de confiance dont il jouit des observateurs les plus avertis. C'est pourquoi, certaines structures ont décidé de ne plus verser dans ce corporatisme aveugle qui veut qu'on soutienne un confrère en difficulté, même si le tort lui incombe. En définitive, faisons du journalisme, du vrai et dans les règles de l'art ! Et le reste suivra...

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