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L’hôpital national de Niamey Un repaire de voyous gâtés par la République

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Nous avions annoncé cette croisade, nous la commençons aujourd’hui.

La croisade contre les auteurs et complices des grands maux dont souffre le Niger et face auxquels une sorte d’inertie semble avoir pris l’Etat ou ce qu’il en reste. La première page de cette croisade s’ouvre sur l’hôpital national de Niamey, ce haut lieu de l’espoir pour des milliers de Nigériens, terrassés par la maladie. Des milliers de Nigériens qui se battent au quotidien pour recouvrer leur santé, parfois dans des conditions désastreuses et sans grands moyens pour faire face aux énormes incidences financières induites par une marchandisation galopante des services sanitaires. Pourtant, l’hôpital national de Niamey n’héberge pas que des malades et des victimes d’accident. Il est également, comble d’ironie, le repaire de tous les voyous de la République....

À l’instar de toutes les structures sanitaires du Niger, confrontées à un crucial et insoluble ( ?) problème de matériels adéquats et de produits pharmaceutiques, l’hôpital national de Niamey se débat dans ses difficultés, essayant tant bien que mal de s’acquitter honorablement de ses missions. Une situation assez corsée déjà qui ne favorise pas une perception positive de l’opinion vis-à-vis ’ du plus grand centre hospitalier du Niger et que complique l’existence d’autres casseroles dont il voudrait bien pouvoir se débarrasser. Des casseroles d’un autre genre qui ternissent son image de marque et qui, malgré la prudence dans la conduite, font naturellement trop de bruit. La cause ? Elles ne sont pas là où elles devraient se trouver.

Ces casseroles que traîne l’hôpital national de Niamey contre la volonté de ses autorités sont l’expression d’un malaise social profond. Vous volez ou détournez un million de FCFA, vous vous retrouvez inévitablement en taule. Vous faites main basse sur un milliard et plus, vous êtes exempts de l’infamie de la prison. C’est le bienheureux sort de ceux qui, avec une audace extraordinaire, ont osé utiliser à leurs profits personnels, les deniers et biens publics. Ceux qui, comme le pense une certaine opinion publique, n’ont rien à craindre de la justice et de ceux qui la représentent car ils ont su « manger »,. La justice n’existe pas pour eux. Ce sont des intouchables.

De Alhassane Alkaly ; le dircaba du Général Salou Djibo à l’ancien directeur général de l’Office des produits vivriers du Niger (OPVN), en passant par les transitaires récemment épinglés par la police et autres Dalton de la finance nigérienne comme Assitou Maïga, l’ancien préfet-saigneur de Kollo, ils sont nombreux qui ont élu domicile dans cet hôpital, échappant ainsi, grâce à quelques jetons volés, aux griffes d’une justice que les Nigériens ont du mal à comprendre. Une justice sans cesse promise mais jamais donnée. Une justice apparemment faite pour les pauvres. Une justice qui épargne soigneusement les uns tandis qu’elle frappe aveuglément et sans pitié les autres.

De quel crédit parle-t-on lorsque des voleurs d’État dont le crime ne fait l’ombre d’aucun doute sont ignorés, voire exfiltrés des filets de la justice ? Au Niger, seuls les petits délinquants et les hommes sans « couverture politique » triment. Le parti politique est devenu un refuge pour bon nombre de Nigériens. Les cas avérés ne se comptent plus où des gens ont détourné des milliards sans avoir jamais été jugés et condamnés. Pourtant, d’autres Nigériens croupissent en prison pour avoir commis des délits mineurs par rapport à ces crimes économiques. On a même vu des journalistes embastillés et jetés en prison pour avoir « jeté un discrédit sur une décision de justice ». De quel crédit parle-t-on lorsque des voleurs d’État dont le crime ne fait l’ombre d’aucun doute sont ignorés, voire exfiltrés des filets de la justice ?

De quel crédit parle-on lorsque la justice rendue est le reflet de rapports de force politiques ou du poids de la bourse ? De quel crédit parle-t-on lorsque la pratique de la justice a stratifié la société en trois classes distinctes : les justiciables, c’est-à-dire ceux qui n’ont ni argent ni carapace politique ; les intouchables qui ont à la fois l’argent et le pouvoir politique ; les veinards qui n’ont ni l’argent ni le pouvoir politique mais qui peuvent opportunément s’appuyer sur leur appartenance à une cour de chef traditionnel influent. Ce sont en général par ces trois canaux que des hommes qui ne méritent aucun égard de la part de l’État et de la justice se retrouvent à l’hôpital national de Niamey, internés dans des pavillons à haut standing au détriment de malades avérés.

Des malades ? Ils peuvent aller se faire voir ailleurs. S’ils meurent par faute de soins appropriés, ils ne seront ni les premiers, ni les derniers. Autant en emporte le vent ! La terre n’arrêtera pas pour autant de tourner. Imaginez un peu la chaîne de complicité et de corruption qui aboutit à cette désolation. Un médecin qui consulte le voyou en prison et qui atteste sur l’honneur avoir détecté une maladie qui n’autorise pas à le maintenir dans des conditions carcérales ; un juge qui délibère pour autoriser son transfèrement à l’hôpital ; un régisseur qui s’exécute et qui, peut-être, est à l’origine du processus, etc. Tout un monde dont l’entrain à soustraire le voyou à la justice prouve à suffisance que le mal est profond et que seule une véritable catharsis pourrait débarrasser la société des démons de la corruption et de cette justice à plusieurs vitesses.

Pourquoi le Nigérien applauditil un coup d’Etat qui est par définition une suspension, voire une remise en cause de ses libertés ? Le pavillon A et celui de la Francophonie semblent être leurs pavillons de prédilection. Le jour, ils se font discrets, même s’il leur arrive d’essayer quelques pas dans le vaste domaine de l’hôpital, histoire de se dégourdir les jambes. Le soir, c’est autre chose. Tous les chats sont gris, dit-on. Alors, ils sortent et rejoignent leurs domiciles conjugaux qu’ils ne quittent qu’au petit matin. De maladies, ils n’en connaissent aucune en vérité. Mais ils doivent feindre d’être malades pour ne pas attirer trop l’attention sur eux. Les Nigériens le savent mais se savent impuissants face au pouvoir de l’argent et du politique.

Ils savent, depuis fort longtemps, que le discours des autorités sur l’égalité devant la justice n’est que pure chimère et qu’il ne sert à rien pratiquement de hurler à longueur de discours son attachement à la justice ou ses ambitions pour l’assainissement des moeurs en matière de finances publiques. Les cas des ministres Ouhoumoudou et Kalla, s’ils constituent une preuve supplémentaire de cet état de fait, sont également la matérialisation d’un grave problème qui mine la classe politique nigérienne : elle n’a tiré suffisamment de leçons par rapport à tout ce qui fait le lit des mécontentements et insatisfactions populaires. Pourquoi le Nigérien applaudit-il un coup d’Etat qui est par définition une suspension, voire une remise en cause de ses libertés ?

La réponse se trouve dans les péchés répétés du politique. Il chante un idéal pour lequel il n’a, en vérité, aucun égard et qu’il s’empresse de jeter aux oubliettes, sitôt parvenu au pouvoir, préoccupé qu’il est de se remplir les poches. Comment peut-on moralement servir de bouclier à quelqu’un dont l’acte ne peut que ternir ton image de marque en tant que gouvernant et entamer le crédit de ton parti ? Si donc, l’hôpital national de Niamey est devenu, par la force de l’argent et d’une certaine conception de la pratique politique, le repaire des voyous de la finance nationale, c’est d’abord la faute à ceux qui nous gouvernent.

Ceux qui promettent monts et merveilles mais qui restent incapables de faire appliquer la loi. C’est également la faute à une justice dont les acteurs sont en train de se faire hara kiri, en acceptant, d’une part de se laisser asservir par le politique qui l’instrumentalise à sa guise ; d’autre part en cédant aux sirènes de l’argent facile et en ouvrant l’entrée dans le corps à des personnes à la morale plus que douteuse. C’est enfin la faute d’une société civile politisée à outrance dont les sorties médiatiques sont le plus souvent le fuit de transactions monnayées ou l’aboutissement de trafics politiques, car étant le 12e joueur non déclaré de l’équipe. L’hôpital est fait pour les malades, pas pour les voyous de la finance nigérienne. Il doit cesser de servir de repaire pour ceux qui ont bâti leur réussite, non pas sur l’effort reconnu, mais sur le vol, la fraude et le détournement.

Aussi, PAR RESPECT POUR LE PEUPLE NIGÉRIEN, LE CANARD DECHAINÉ DEMANDE HUMBLEMENT QUE SOIENT REMISES EN CAUSE CES PRATIQUES CHOQUANTES QUI EXPRIMENT TOUT HAUT CE QUE SONT EN VERITÉ CEUX QUI LES CAUTIONNENT, LES SOUTIENNENT ET LES ENTRETIENNENT.

Commentaires  

 
0 #20 tatali 28-08-2012 12:37
dieu mous permette de vivre un jour dans un niger où on n'accuse pas sans preuve, on n'emprisonne pas sans procès, on n'insulte pas parce qu'on est homme politique, un niger de responsables, de conscients, dans une ambiance de fratenité, de travail et de progès!!!
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0 #19 Djamde H 28-08-2012 08:19
Monsieurs du journal, je prie Dieu pour qu'il vous Protège. Vous dites la vérité et ceux qui aiment la vérité ont beaucoup d'ennemis. Mais il faut des dénonciations de ce genre pour que le Niger avance. Les grands assassins des deniers publics sont libres. Où en sommes nous avec les milliards détournés de la NIGELEC ?
Merci à vous et du courage
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0 #18 danbaki 17-08-2012 16:41
Concernant le groupe électrogène de l’hôpital, toute démagogie et partisanisme mis de côté, c’est vraiment de la ferraille utile nulle part. D’ailleurs ça ne marche pas et rentrez dans l’hôpital, allez vers la pédiatrie à droite, juste après la grande mosquée vous le verrez tout en ferraille et en épave. Le ministre a juste voulu faire un show médiatique, mais ça ne valait pas la peine.
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+2 #17 Iram 17-08-2012 11:12
La justice n'existe plus au Niger, du moins elle ne s'exerce effectivement que contre les petits. La Halcia ? silence radio. La societe civile? silence radio. La cour des comptes? Nulle à chier.Le ministere de la justice? Papillonnage, saupoudrage, cinéma, ré avec d'anciens ministres ..etc. AU final actuellement ni les voyous de l'opposition, ni ceux du pouvoir ne sont inquietes. A propos de l'hopital, la patronne de l'une des plus importantes cour du Niger est impliquee directement ou indirectement dans le detournement d'un generateur destine aux malades. Pourtant aucune suite. Bref l'assainissemen t n'est plus d'actualite.
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+2 #16 Albora 17-08-2012 09:15
Excellent
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-7 #15 citoyen nigerien 17-08-2012 05:25
Je trouve cet article ignoble pour 2 raisons: la première il donne l'impression que c'est l'administratio n et les agents de l'hôpital qui sont concernés, secundo, il semble remplacer ou discréditer à priori les soignants qui jugent ou non de l'hospitalisati on ou non d'une personne. A certains égards, funestes, cet article ne s'intéresse même pas de savoir que ce sont des prévenus, ou de simples accusés qui sont en prison, peut-être des innocents. Dommage que certains journalistes au Niger sont fiers de voir les gens en prison, non pas de voir des procès équitables, et pire, veulent coute que coute l’on fasse fi de la santé des prisonniers pour les voir torturés par des conditions d’incarcération difficile. Mes chers, pensez plutôt à créer les conditions d’un hôpital des prisonniers pour mieux soigner les détenus !
Souvenez-vous du crime contre l’ancien trésorier général Siddo Elhadj?
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-3 #14 citoyen nigerien 17-08-2012 05:23
Je trouve cet article ignoble pour 2 raisons: la première il donne l'impression que c'est l'administratio n et les agents de l'hôpital qui sont concernés, secundo, il semble remplacer ou discréditer à priori les soignants qui jugent ou non de l'hospitalisati on ou non d'une personne. A certains égards, funestes, cet article ne s'intéresse même pas de savoir que ce sont des prévenus, ou de simples accusés qui sont en prison, peut-être des innocents. Dommage que certains journalistes au Niger sont fiers de voir les gens en prison, non pas de voir des procès équitables, et pire, veulent coute que coute l’on fasse fi de la santé des prisonniers pour les voir torturés par des conditions d’incarcération difficile. Mes chers, pensez plutôt à créer les conditions d’un hôpital des prisonniers pour mieux soigner les détenus !
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+4 #13 ramadan charou 17-08-2012 03:15
les vrais malades sont au sein du gouvernement Nigerienne, ce ceux qui ignore le monde intelligible et qu'il pense que leur argent volé les sert a corompre les anges du tonbau.
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+4 #12 Debout Niger Debout 16-08-2012 22:07
si la justice ne rend plus justice, alors un jour le peuple en aura marre, se révoltera et se rendra justice. Qui sème le vent récolte la tempête (car certains esprits malins vont dire "incitation à la révolte")
Dans tout ca c'est le silence de la société civile qui est scandaleux et révoltant
vraiment ca suffit
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+5 #11 bib 16-08-2012 16:24
la justice!!!!!!!! !!quelle justice??;il y'a que les voleurs de beignets qui st en prison,les vrais voyous sont ses patrons à cols blancs qui savent qu'ils peuvent voler ,escroquer,tuer et marcher haut la tete sans etre deranger par notre chere justice!!!les hommes de loi croient qu'ils sont intouchables,er reur!!,que dieu sauve notre pays!!!!!!!!
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