Niger-Dépénalisation des délits commis par voie de presse (suite) : Du droit d’assister Marcus Issaka, un journaliste emprisonné !
- Écrit par Issa Inouss, journaliste, Ministère de la Communication
Ne cherchons pas loin : seul le droit fonde l’égalité.
Si la loi admet que jusqu’au bout, notre confrère journaliste, Marcus Issaka Lawson, a droit à un avocat dans la procédure pénale qui l’a conduit en prison, nous ne devrions pas rester de marbre par principe de solidarité en lui niant toute assistance. Doit-il dès lors payer monstrueusement, seul, le prix d’une dépénalisation bâtie sur un faux et usage de faux au Ministère de la Communication ?
Pourquoi la dépénalisation au Niger, n’a pas été pour lui aussi un écran, lui permettant d’échapper, comme d’autres confrères de la presse, à la répression du faux et usage de faux, au nom du principe constitutionnel de l’égalité des citoyens devant la loi ?
Réponse : c’est qu’il n’a aucune possibilité, avant la décision prévue du juge, de dépénaliser à son profit, le « faux et usage de faux », avec la complicité élargie de certaines personnes qui ont commis le même délit, partageant par conséquent le même destin. Où est dans ce cas, la place du droit et de la justice lorsque l’artifice des hommes, remplace la loi, brisant l’égalité ?
Collant à l’actualité, et dans le droit fil du principe de la responsabilité, le Ministre de la Communication, a rencontré le jeudi 09 août dernier les responsables de la presse nationale (à la Maison de la Presse) pour des échanges sur les pratiques journalistiques en cours, relativement aux dérives de la dépénalisation dans certains organes de presse. Aussi, a-t-il en conclusion, salué les uns et les autres pour l’intérêt qu’ils accordent au sujet à l’ordre du jour de la rencontre. « Notre ambition est de faire mieux en donnant la bonne information au public, qui nous écoute, qui nous lit et qui nous observe ». (Sahel Dimanche N° 1502 du 10 août 2012).Rappelons pour prévenir tout déficit, par rapport au droit à l’information, la réponse du Président de l’Observatoire National de la Communication (ONC), rapporteur par ailleurs des états généraux de la presse comme il aime lui-même le rappeler à des occasions :
« la dépénalisation doit servir la liberté de presse ». En d’autres termes, le droit de savoir !
L’Association Nationale des Editeurs de la Presse Indépendante (ANEPI) est quant à elle, ferme dans son dernier communiqué à Reporters sans frontières : « la dépénalisation n’est pas une faveur ». Pour voir clair, on peut donc chercher à savoir de droit, pour qui elle est une faveur ? Une autre interrogation s’impose d’emblée : si l’impunité était la règle en milieu de presse, Marcus serait-il en prison, à la suite d’autres confrères qui ont subi la rigueur de la loi, tels :
Alio Modibo, Moussa Tchangari, Maman Abou, Keita lalo, Sanoussi Jackou, Manzo Ibrahim, Moussa Aksar, Zakari Alzouma, Boussada Ben Ali, Abdoul karim Bonféré, Abdoulaye Tiémogo, etc … ? Ont-ils eu les faveurs de dépénaliser le délit pour lequel ils ont répondu devant la loi ? Si oui, Marcus Lawson en aurait, de droit également, jouit en toute logique d’assistance…Et ne serait donc pas en détention !L’intérêt général qui fonde le droit, doit-il nier la contribution finale du Ministre de la Communication, dans sa conclusion au débat, confortant du coup, à l’adresse des journalistes, le droit inaliénable de savoir ?
« Notre ambition est de faire mieux en donnant la bonne information au public, qui nous écoute, qui nous lit et qui nous observe ». (Sahel Dimanche N° 1502 du 10 août 2012).
Issa Inouss, journaliste, Ministère de la Communication, Niamey. Cell : 00 227 96 59 58 62 et 00 227 94 72 34 58

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