M. SADDI SOUMAÏLA, MINISTRE DE L'EQUIPEMENT
- Écrit par Ali Soumana (LE COURRIER N° 222 DU 23 AOÛT 2012)
«Nos services ont rétabli la circulation sur la majeure partie des routes endommagées suite aux pluies et inondations»
Actualité oblige, Monsieur le ministre, les importantes pluies et les inondations survenues ces derniers temps ont sérieusement endommagé certains tronçons. Pouvez-vous nous faire la situation des routes concernées ?En effet, le réseau routier a subi des dommages suite aux pluies et inondations de ces dernières semaines. Ainsi, dans la région d'Agadez, nous avons enregistré une grosse coupure sur la RN11 Agadez-Arlit au PK05. Un radier sur le Kori Telwa a été coupé suite aux pluies du 15 août, mais nous avons pu rétablir la circulation.
Dans la région de Dosso, c'est la RN23 Baléyara-Tabla-Loga-Doutchi qui a été coupée au PK 29 suite aux pluies du 09 août, mais là aussi le passage a été rétabli.Par contre, la coupure sur la RN36 Dogon Doutchi-Dogon Kiriya-Bagaruwa au PK 54 n'a pas encore été rétablie. Par ailleurs, il y a une menace de coupure sur la RN14 Dosso-Loga à trois (3) endroits. Le passage est difficile à certains endroits, mais la circulation n'a pas été interrompue. De même nous avons trois (3) points de coupure sur la RN3 Bolbol-Koré Maïruwa au niveau du PK0 (sortie de Bolbol), PK11 et PK13. La circulation n'est pas encore rétablie. Il y a en outre quatre (4) autres points de coupure sur la RN2 Sabon Gari-Lido-Bourémi au PK28, PK65, PK87 et PK98.
Pour l'instant nous avons rétabli la coupure du PK28 et au PK65, c'est encore une menace de coupure.Dans la région de Tillabéri, la RN1W Niamey-Tillabéri-Frontière du Mali a été coupée au PK92 suite aux pluies du 15 août, mais la circulation a été immédiatement rétablie. Toutefois, il y a une menace de rupture sur la même route au niveau du PK168. A cela, il faut ajouter la coupure intervenue le 08 août sur la RN4 Téra-Frontière du Burkina Faso au PK12, même si la circulation a déjà été rétablie. La RN31B Niamey-Kollo-Kirtachi a elle aussi été endommagée au PK32 et n'est pas encore rétablie. En outre, suite aux pluies du 15 août, la route rurale RR6 Say-Kobagé a été coupée au PK58.
Il en est de même pour la RR6 Diomana-Sara Koira où la zone entre le PK0 et le PK1 a été inondée suite aux mêmes pluies.Comme vous le savez, la saison d'hivernage est une période pendant laquelle les routes non revêtues (en terre) sont particulièrement détériorées suite aux efforts de poinçonnement qu'elles subissent du fait de la teneur en eau du matériau de surface. C'est aussi l'occasion des grands écoulements qui provoquent des désordres dans les structures des chaussées et ouvrages, entravant la praticabilité de certaines routes. La situation s'améliore d'année en année grâce aux efforts que l'Etat déploie pour la sauvegarde de ses infrastructures.
Quelles sont les dispositions que vos services ont prises pour prévenir, sinon remédier rapidement à un éventuel problème de praticabilité des routes notamment en cette période cruciale de la saison pluvieuse ?Dans le cadre de l'entretien courant du réseau routier, des activités sont programmées telles que le traitement des points critiques, le curage des ouvrages, des fossés, la mise en place des barrières de pluie pour prévenir certaines dégradations. Il y a également des travaux d'urgence qui interviennent en cas de coupures pour rétablir la circulation. Avant chaque saison des pluies, nous élaborons et exécutons un plan d'actions. Nous faisons la situation des ouvrages qui nécessitent une réparation et nous engageons les travaux.
En plus de cela, afin de parer à toute éventualité, nous préparons des marchés qu'on appelle ''marchés de travaux d'urgence''. A travers ces marchés, un certain nombre d'entreprises sont préparées avec des contrats. Elles se mettent à notre disposition et sont prêtes à intervenir dans les 24 heures en cas de coupure de route.Quelles sont les conseils ou les consignes à observer par les usagers dans une telle situation ?Je tiens d'abord à rassurer les usagers, que la majeure partie des routes coupées a été rétablie et que nos services sont à pied d'œuvre pour rétablir celles qui ne le sont pas encore. Il faut noter que la situation est plus difficile dans les trois (3) régions que j'ai tantôt évoquées. C'est pourquoi nous demandons aux usagers de ne pas trop s'engager sur des routes inondées.
Souvent, on ne situe pas exactement la chaussée et c'est ainsi qu'on a enregistré beaucoup de cas où des véhicules se sont renversés. En outre, lorsqu'il s'agit d'un pont submergé, il est formellement interdit de s'y engager. Les conducteurs doivent attendre les consignes des services techniques. Aux passagers, nous demandons d'être patients. La saison des pluies est ce qu'elle est, et il ne sert à rien de risquer sa vie.Le budget du financement de l'entretien routier est, depuis des années, insuffisant par rapport aux besoins réels. Qu'envisagez-vous de faire pour ajuster cette situation ?Il est vrai que les budgets alloués chaque année à l'entretien routier sont en-deçà des besoins réels. Mais l'Etat poursuit ses efforts pour mobiliser davantage de ressources afin de faire face aux besoins sans cesse croissants.
Il s'agira entre autres de revoir les textes régissant le fonds routier et de mener d'autres prospectives.Monsieur le ministre, vous êtes arrivé en avril à la tête de ce département. Pouvez-vous nous faire un bilan succinct de votre gestion à ce jour ?En l'espace de quelques mois, c'est difficile de parler de bilan, mais plutôt des réalisations de la période. J'ai d'abord commencé, pour bien connaitre mon Ministère, par visiter tous les bureaux et structures, y compris les structures rattachées comme la Caisse Autonome de l'Entretien Routier (CAFER), le laboratoire des TP et le Centre de Formation des Travaux Publics. J'ai aussi visité la SLMTP (..) qui était une structure du Ministère, mais actuellement privatisée.Ensuite, j'ai eu à organiser les lancements des travaux des routes par le Chef de l'Etat, le Président Mahamadou Issoufou.
Ce sont les routes Filingué – Sanam d'une longueur de 125 km ; Zinder – Guidimouni – Guidiguir d'une longueur de 107 km ; Diffa – Nguigmi – Frontière du Tchad d'une longueur de 185 km.Nous avons également eu à valider le marché de la route Moujia – Illéla – Badaguirichi. Nous assurons le suivi d'un grand nombre de chantiers que nous avons trouvés en cours, parmi lesquels je peux citer les routes bitumées Bella – Gaya; Say-Tapoa; Niamey-Namaro-Farié; Madaoua-Bouza; Madaoua- Guidan Roumji, Tibiri – Dakoro, etc.Les routes rurales aussi ne sont en reste avec Kellé – Gouré et Kollo – Kirtachi. A cela, il faut ajouter l'entretien courant des routes bitumées et des routes rurales à travers la CAFER. En outre, nous sommes entrain de mener un grand nombre d'études pour l'extension du réseau bitumé et des routes rurales.
Vous avez trouvé un certain nombre de chantiers en exécution et vous avez-vous-même lancé d'autres comme vous venez de le dire. Quel est le niveau d'avancement de ces différents chantiers ?Plusieurs chantiers routiers étaient en cours avant notre arrivée et nous avons lancé d'autres, comme je viens de vous le dire. Le niveau d'avancement de ces chantiers est très varié, compte tenu de leurs dates contractuelles respectives de démarrage et de certains problèmes y afférents. Mais les chantiers avancent normalement. Les taux d'avancement varie de -10% à 80%, à l'exception de ceux qui ont été lancés récemment, notamment Filingué –Tahoua et Diffa – N'Guigmi – Frontière du Tchad qui sont en instance de démarrage.
Concernant Bella-Gaya que je viens de visiter, le chantier est très en retard, mais l'entreprise est entrain d'y mettre des moyens, donc j'attends de voir le résultat dans un mois. D'autres chantiers anciens comme Tibiri-Dakoro connaissent des blocages à cause des problèmes de carrières dont certaines personnes s'accaparent pour interdire l'accès aux entreprises.Il y a lieu de retenir aussi que nous avons un programme d'exécution de routes rurales à travers l'ensemble du territoire. 52 Km sont en cours d'exécution dans les régions de Tillabéry, Tahoua, Dosso, Maradi et Zinder. Les études pour la construction de 561 km à travers tous le pays sont également en cours, et les travaux démarreront bientôt en 2013, s'il plait à Dieu.A côté des chantiers routiers, il y a d'autres projets.
C'est notamment celui du pont sur le Fleuve Niger à Farié et surtout la boucle ferroviaire Parakou-Niamey-Téra-Dori-Ouagadougou. Où en est-on relativement à ces projets ?Pour le pont de Farié, l'étude est pratiquement terminée. Le consultant vient de déposer les rapports de l'avant projet détaillé. Quant à la boucle ferroviaire, le tronçon Parakou- Dosso est en étude depuis 2010. Le rapport d'avant-projet sommaire a été déposé. Le dossier d'appel d'offres est attendu. L'étude connaît un certain retard. Le processus de passation de marché d'étude de la liaison ferroviaire Niamey- Dosso est en cours. Nous sommes toujours à la recherche de financement de ce projet de boucle ferroviaire, dont la réalisation dépend aussi de la volonté des autres Etats concernés que sont le Bénin et le Burkina Faso.
Le Programme de renaissance prévoit la construction d'environ 5000 km de routes durant ce mandat. Etes-vous toujours dans cette perspective?Bien sûr, nous comptons remplir cet engagement en relation avec nos différents partenaires au développement.
