Le Premier ministre, Chef du Gouvernement, rencontre le Comité régional chargé de la gestion des inondations Engagement à apporter des solutions idoines aux souffrances des sinistrés à court et long termes
- Écrit par Siradji Sanda (le sahel du Lundi 27 Août 2012)
Le Premier ministre, Chef du gouvernement, SEM. Brigi Rafini, a rendu visite, hier matin, au comité régional en charge de la gestion des conséquences des inondations dans la région de Niamey.
Des échanges fructueux ont eu lieu dans la salle de ré du Gouvernorat de Niamey entre les deux parties. Le Chef du gouvernement était accompagné du ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité publique, de la Décentralisation et des Affaires religieuses, M. Abdou Labo, et du Maire central de Niamey, M. Oumarou Dogari. Cette rencontre a été l’occasion pour le comité de présenter au Premier ministre le travail qu’il mène depuis son installation, juste au lendemain des inondations.
La région de Niamey est l’une des localités les plus touchées par les inondations. La gouverneure de cette région, présidente du comité régional chargé de la gestion des inondations a, au cours de cette rencontre, fait une présentation succincte de la situation. Ainsi d’après Mme Kané Aïchatou Boulama, 12.365 ménages ou 82.982 personnes ont été affectés par ces inondations. 9.200 maisons se sont effondrées et plus de 5.000 autres ont été inondées. Mais les dégâts ne se limitent pas là. En effet, 8.105,10 ha de terres cultivables (dont 5.264,10 ha en zone du fleuve et 2.841 ha en zone hors fleuve) et 17.538 ha d’aires de pâturage ont été détruits par les eaux.
Ce qui fait un total de 25.643 ha de terres arables sur les 42.800 ha que dispose la région. Cette situation a affecté quelques 34.254 exploitants (agriculteurs, maraichers, éleveurs, etc.). A cela, il faut ajouter le décès de neuf (9) personnes. Mais depuis son installation, le comité travaille tous les jours. ‘’Nous établissons les besoins quotidiens des populations sinistrées et nous répondons à ces demandes. Mais nous avons aussi dressé la situation des besoins de l’ensemble des sinistrés pour une durée de deux (2) mois’’ a déclaré la gouverneure de Niamey.
Mme Kané Aïchatou Boulama a ajouté que les 12.365 ménages sinistrés ont été relogés dans 82 sites à travers la ville de Niamey. Les besoins alimentaires pour couvrir les deux (2) mois sont estimés à 1000 tonnes de céréales, 500 t de riz, 10.000 litres d’huile, 100 t de sucre, 100 t de lait, 250 t de gari, niébé et pâte alimentaire. A cela, il faut ajouter les besoins non alimentaires notamment en latrines, poubelles, bidons, citernes, tentes, hangars, nattes, moustiquaires, kits hygiène, lampes, postes de santé, etc. Aucun aspect n’est négligé.
La situation hydrologique fait l’objet d’un suivi constant. ‘’Heureusement le gouvernement nous accompagne constamment. Il a déjà mis à notre disposition 53.484.000 F, 276 tonnes de riz et sept (7) tonnes de céréales auxquels il faut ajouter les trois (3) millions de la mairie’’ a annoncé Mme Kané Aïchatou Boulama. La gouverneure de Niamey a exprimé la gratitude des populations au gouvernement. Elle a enfin présenté la composition du comité qui comprend en son sein le maire central de Niamey et les cinq (5) maires des arrondissements communaux, les représentants des différents services techniques, les représentants des populations et ceux des producteurs.
Le comité est en outre scindé en neuf (9) commissions à savoir recensement, sécurité, suivi-évaluation, communication, reconstruction, logistique, santé-hygiène et assainissement, développement rural et mobilisation des ressources. En intervenant à cette occasion, le Premier ministre s’est réjoui de l’organisation et de l’esprit d’équipe qui anime tous les membres. C’est pourquoi SEM. Brigi Rafini a tenu à féliciter le comité et à l’encourager dans sa tâche. ‘’Je sais que vous faites beaucoup et que certains d’entre vous ne dorment pas. Mais notre raison d’être aux fonctions ou aux postes que nous occupons, c’est d’être au service de ces populations qui sont aujourd’hui en détresse.
Nous n’avons pas droit au repos tant que nos concitoyens sinistrés ne sont totalement sécurisés’’, a indiqué le Premier ministre. Appréciant le travail déjà exécuté, le Chef du gouvernement a indiqué que la tâche ne fait que commencer. ‘’Jusqu’à présent, il s’agit de l’aspect urgence humanitaire, mais l’autre aspect tout aussi important de la question, c’est de voir quelle réponse structurelle apporter à ce problème récurrent d’inondation’’ a-t-il dit. A ce sujet, les services nationaux et régionaux sont interpellés pour étudier toutes les possibilités qui s’offrent pour reloger ces populations. ‘’Nous sommes entièrement d’accord qu’il faut agir sur les deux (2) tableaux.
Et le gouvernement fera tout ce qui est en son possible pour apporter une solution à cette situation’’, a affirmé le Premier ministre. Le relogement des populations est un défi certain. Le Chef du gouvernement a insisté sur l’important travail de sensibilisation qu’il faut mener et les dispositions pratiques à prendre notamment par les mairies pour que les populations ne puissent plus s’installer sur des sites dangereux comme les bas fonds, les koris. ‘’Ces problèmes reviennent chaque fois, il est temps d’arrêter de commettre les mêmes erreurs. Nous sommes victimes de nos propres comportements en occupant des passages d’eau. Nous ne voulons plus de victimes supplé- mentaires ; on en a déjà suffisamment’’ a dit le Premier ministre.
D’ailleurs, le Chef de gouvernement a demandé au comité de prendre les dispositions pour sécuriser les populations de Néni Goungou. Des échanges se sont aussi engagés avec les membres du comité. Le représentant de la Chambre ré- gionale d’agriculture s’est félicité des appuis apportés aux sinistrés et des dispositions qui sont entrain d’être prises par les pouvoirs publics. Quant au représentant des éleveurs, il s’est réjoui du fait que pour la première fois les éleveurs sont associés et que leurs préoccupations soient prises en compte au niveau de la région. Des questions relatives aux sites de relogement définitif des populations ont été abordées.
En effet, d’après, la gouverneure de Niamey, le Ministère de l’Urbanisme a déjà identifié des sites dans les 3 ème , 4 ème et 5 ème arrondissements pouvant servir au relogement des sinistrés. Déjà, lors des inondations de 2010, le Ministère de l’Urbanisme avait pris un arrêté pour mettre 1.800 parcelles à la disposition des mairies. ‘’Mais, sur ces 1.800 parcelles, il ne reste plus que 124, tout le reste a été vendu. Nous sommes entrain de chercher l’arrêté pour sécuriser ce qui reste’’ a confié la gouverneure de Niamey. Intervenant relativement à cette question, le maire central de Niamey a rassuré que depuis leur arrivée, les mairies n’ont plus vendu de parcelle.
‘’Au contraire nous avons pris des dispositions pour préserver les 124 que nous avons trouvés. Mais, la disponibilité foncière existe si le gouvernement décide de reloger ces populations’’, a affirmé Oumarou Dogari.
