yt-banner1

Faux diplômes ! Le printemps des hors-la-loi

Note utilisateur:  / 2
MauvaisTrès bien 

Il faut le dire sans ambages, n’en plaise à ceux qui ne veulent pas entendre cet air de guitare.

 

 

L’école nigérienne n’est plus que l’ombre d’elle-même. Elle se meurt à petit feu, victime des agissements inconséquents de ceux qui ont la responsabilité de la faire vivre et grandir.Victime des coups de poignard portés par les mains de ceux qu’elle a enfantés, parfois dans la douleur. Victime de l’incurie des uns et de l’insouciance des autres. La carte d’identité de l’école nigérienne est si altérée qu’elle est illisible. Sa carte de visite ? Un amas de contre-valeurs sur lequel s’amoncellent, d’année en année, les dégâts occasionnés par nos actes. Rien à voir avec l’école, telle qu’elle a été dans un passé proche et telle que la conçoit la loi d’orientation du système éducatif nigérien. Des voeux pieux qui risquent de ne jamais connaître la moindre concrétisation, tant le fossé entre les intentions et les actes quotidiens, est immense.

Comme si le fait de prononcer un discours politique ou de faire une loi est une sorte de jeu de rôles où il est implicitement entendu que personne ne doit y accorder le moindre crédit. Pas même celui qui le prononce. Encore moins celui qui l’écoute. Phénomène assez récent qui s’est développé de façon exponentielle ces dernières années, la fabrication et l’usage de faux diplômes dépasse aujourd’hui tout entendement. Face à l’inertie, voire à la complicité passive du décideur, les faussaires ont prospéré, entrainant dans leur folie de gains faciles, des milliers de jeunes désespérés et convaincus par l’impunité ambiante.Diplôme assez prisé qui vous donne accès à des emplois intermédiaires, leBEPC (brevet d’étude du premier cycle) est particulièrement l’objet de falsifications outrancières.

Le concours d’entrée dans les écoles normales d’instituteurs (ENI) est, à chaque fois, une occasion d’épingler des centaines de faux Bepc. A chaque fois, on se contente de rejeter les dossiers compromis. Sans que les détenteurs de ces faux soient inquiétés. Combien de ces faux Bepc sont passés à travers les mailles du filet ? Nul ne peut le dire. Sans le moindre préjugé du résultat sur le terrain, combien d’enseignants ou d’infirmiers, pour ne citer que l’enseignement et la santé, exercent aujourd’hui un métier qu’ils n’auraient jamais dû légale légalement pratiquer ? Dieu seul le sait. L’absence totale d’Etat, donc d’application rigoureuse de la loi, a généré un problème aux dimensions inimaginables. Tenez-vous bien, pour la seule année 2009, il a été détecté une centaine de faux Bepc dans les dossiers déposés. L’année suivante, il y en avait eu plus du double. Là s’est arrêtée l’intervention de l’Etat.

Ces pratiques malsaines se sont ainsi amplifiées avec le temps à telle enseigne que la fraude aux examens et concours est presque acceptée de tous. Par ceux qui peuvent actionner sur un levier quelconque pour faire passer un rejeton trop nul pour avoir le sésame par ses propres efforts, mais aussi ceux qui sont moralement choqués par de telles pratiques mais qui se taisent en pensant qu’ils ne peuvent pas y mettre fin. Entre les deux, il y a, d’une part, les enseignants véreux et sans morale qui en ont carrément fait un business lucratif ; d’autre part, les intermédiaires qui sont chargés de chercher les candidats à la facilité et au faux. Bref, l’école nigérienne, à la veille des examens de fin d’année prend l’apparence achalandée d’un marché ambulant qui draine des millions de nos francs. Les techniques de fraude recensées par les connaisseurs sont multiples.

Les correcteurs sont pleins d’ingéniosité et ne manquent pas de stratagème pour contourner la barrière que constitue le système d’anonymat. Des signes bien reconnaissables permettent au correcteur corrompu (moralement ou financièrement) de repérer aisément la copie de son client. Cela peut être une simple rature ou un mot qui semble avoir été écrit de façon innocente suffit amplement. Mais, il y a mieux. Pour éviter tout risque et mettre toutes les chances de son côté, on va jusqu’à la substitution des copies. Dans ce cas, l’enseignant traite lui-même le sujet d’examen à la maison sur des feuilles prévues à cet effet en prenant le soin de laisser passer une erreur ou deux, voire trois erreurs mineures sans conséquence sur le résultat . Histoire de crédibiliser la copie. Il retire alors la copie désastreuse de son poulain pour y substituer la sienne et le tour est joué. Ce type de fraude exige de la célérité de la part de l’enseignant fraudeur.

L’école nigérienne traverse une crise d’ordre moral très grave qui affecte dangereusement les fondements du Niger de demain La situation actuelle de l’école nigérienne se passe de commentaire. Elle est, dira un vétéran, en proie à une crise d’ordre moral. Pour y mettre fin, il faut une volonté partagée qui n’existe pas pour le moment. Pire que la marchandisation des services éducatifs, vue sous l’angle de la privatisation galopante et sans aucune corrélation possible avec la qualité des enseignements et de la formation, la dégringolade de l’école nigérienne mérite que les plus hautes autorités politiques de ce pays s’y penchent. La crise morale qu’elle traverse est en passe de détruire les fondements du Niger de demain. Si ce n’est jamais fait. Quelle jeunesse formons- nous ?

Qu’apprenons-nous à nos enfants ? La facilité et l’amour du gain facile dans un pays aux deux tiers désertiques où il va falloir, demain, se battre dur pour gagner son droit de survie. Quel Niger sommes-nous en train de laisser à nos enfants ? Un Niger ingérable où le mérite, l’effort et la compétence ne représentent absolument rien du tout. « Nous sommes, reconnaît un pédagogue,en trainde sacrifier nos enfants sur l’autel de nos intérêts mercantiles et immédiats ». Le phénomène est d’autant plus inquiétant que la fraude aux examens et concours n’est plus l’apanage des seuls enseignants. Les enfants, qui ont été, dans bien des cas, utilisés pour remettre l’argent de la corruption, ont appris à se débrouiller et se passer des services de leurs enseignants.

Pour se faire un faux diplôme et se présenter à un concours auquel ils n’ont pas légalement accès, ils ont plus d’un tour dans leurs sacs. Ils font photocopier N fois un diplôme régulièrement obtenujusqu’à ce que toute trace des mentions soigneusement dissimulées disparaisse, puis se font porter, par une main calligraphe, le nom, le prénom ainsi que la date et le lieu de naissance. La plupart des faux diplômes détectés lors des contrôles effectués à l’occasion des concours professionnels relèvent de cette catégorie. La conséquence d’un tel laxisme de l’Etat ? La culture de la facilité, de la médiocrité et de l’incompétence qui ne peuvent faire que le lit d’un Niger sans avenir. La mentalité qui est en train de germer dans l’esprit des générations montantes constituera, demain, le premier frein à tout développement de notre pays.

Car, il ne suffit pas d’avoir des ressources naturelles en abondance. La qualité des ressources humaines détermine tout, en fin de compte. Récemment, la police judiciaire a fouiné son nez dans la façon dont le concours d’entrée à l’Ecole normale supérieure (ENS) est organisé. Eh bien, pour ceux qui ne le savent pas encore, elle a appris, avec preuve à l’appui, que des réseaux monnayent l’entrée dans cette école où l’on forme de hauts cadres de l’enseignement, précisément des conseillers pédagogiques et des inspecteurs d’académie. L’enquête suit son cours pour déterminer les acteurs de ce commerce inqualifiable. Non seulement, c’est indécent, mais proprement insultant pour l’ensemble du corps des enseignants chercheurs.

Ces réseaux existent pourtant depuis des lustres. Mais, la volonté politique d’arrêter l’hémorragie ne s’est jamais manifestée Là aussi, combien sont-ils, dans l’encadrement pédagogique qui vont rougir en lisant le canard ? Au plan international, quelle fierté pouvons- nous avoir qu’un compatriote soit épinglé avec un faux diplôme ? Rien que de l’humiliation lorsqu’on a un peu de fibre patriotique. Cela est pourtant arrivé, pas plus tard qu’il y a trois mois, au Bénin.Inutile de s’épancher sur la tenue d’un responsable d’Etat qui ne doit sa place et sa fonction qu’à la fraude, la triche et l’usage du faux. Le passé a toujours un poids sur le présent, voire sur l’avenir. L’impact sur le secteur de l’enseignement, c’est qu’il est truffé d’enseignants qui n’ont rien de tel que le nom. Des enseignants qui donnent froid dans le dos et dont le maintien dans le corps atteste du niveau de pourriture de la situation.

Le Niger est en danger aujourd’hui. Mais Demain sera encore plus catastrophique. La seule condition du triomphe du mal réside dans l’inaction des gens de bien. Le Niger est malade, gravement malade. Et il faut certainement plus que des mots pour le guérir.Sans vouloir donc jeter l’anathème sur qui que ce soit, il faut reconnaître que le premier responsable de cette détérioration du système d’enseignement est l’Etat. Pourquoi un tel laxisme de la part de l’Etat ? Ce laisser-aller ne peut s’expliquer d’autant plus qu’il est facile d’y mettre un terme. Le moyen, c’est la loi, dont on ne voit aucune utilité si elle n’est pas strictement appliquée. Sont indexés à travers l’Etat, d’abord le ministère de l’Education nationale dont le souci se limite, depuis quelques années, à la stricte organisation de la rentrée scolaire et des examens de fin de cycle. Les rares fois où l’on perçoit une présence effective de l’Etat.

Le rôle de contrôle et d’évaluation est rangé depuis longtemps dans les tiroirs et la fonction de ministre se résume à s’assurer simplement que ces deux évènements, en début et en fin d’année, se déroulent sans trop de dérapages. Une situation désolante qui fait des acteurs les plus concernés des spectateurs passifs. Pourtant, la situation est grave. Elle est même trop grave pour que ceux qui sont chargés du pilotage du système restent l’arme au pied. La deuxième responsabilité réside chez les parents d’élèves qui sont, eux-mêmes, soit des complices actifs de la déliquescence du système d’enseignement ; soit, des complices passifs qui gardent un silence coupable dans une situation où ils ont le devoir de hurler leur ras-le-bol.

« La seule condition du triomphe du mal réside, dit-on, dans l’inaction des gens de bien ».Combien de parents sont choqués, blessés dans leur amour propre, de devoir emprunter des voies de caniveaux pour se frayer un chemin pour leurs rejetons ? Le troisième niveau de responsabilité se trouve dans la presse qui ne dérange pas suffisamment et de façon efficace les auteurs de ces pratiques dont les effets sur l’école nigérienne sont si dévastateurs. Si elle assure correctement son rôle de gardien en se faisant l’écho des sales dossiers, elle rendra éminemment service au Niger et à sa jeunesse. En outre, elle remplira mieux sa part de contrat social en privilégiant le traitement de tels sujets. La presse doit se remettre en cause. La quatrième responsabilité relève des syndicats de l’éducat ion, promptes à emboucher une trompette bien connue à la veille des rentrées scolaires et des examens de fin de cycle.

Tantôt on hurle son désaccord et sa réprobation ; tantôt on dénonce quelques manquements, mais c’est toujours pour se rappeler au bon souvenir du décideur politique ou se convaincre que l’on existe. L’école est un sujet assez grave et complexe à partir de laquelle un pays sérieux construit son avenir. Elle mérite que les acteurs, au plus haut sommet de l’Etat, se donnent la peinede s’interroger sur leurs responsabilités dans la dégradation continue mais non irréversible de cette institution. Afin de maintenir le flambeau et susciter une dynamique nouvelle dans ce secteur, le canard déchaîné fait le serment de poursuivre le feuilleton en portant à nu d’autres pratiques malsaines mais non moins déterminantes dans les performances de l’école nigérienne.

Que chacun s’assume totalement et le Niger se porterait mieux.

Commentaires  

 
0 #28 amadou hama 28-03-2013 22:46
Sa me fait mal quand je vois des freres e soeurs discutés sur des questions regionalistes ethnosentriste. vous n'avez meme pas honte pendant que le niger est classé dernier au monde vous etes dans des choses unitiles......
Citer
 
 
0 #27 MAIHANKALI KEGANEWA 06-09-2012 09:21
J'ai réfléchi sur les cas suivants:
1/Un détenteur de faux diplôme ou permis de conduire est celui-là qui, sans tenir compte des règles établies dans le code de la circulation routière, se permet d’écraser tout celui qui se dresse sur son chemin.
2/Ce jeune marié qui reçoit sa jeune épouse dans le lit nuptial, ne saura la traiter avec convenance tant que tout le cérémonial lui a été assuré par les père et mère. S'il y avait un peu du sien dans la peine à la constitution de sa valise et sa dot matrimoniales, le jeune marié aurait accordé un peu plus d'attention à l’égard de sa jeune épouse.
3/Le bradeur d'argent au vent et au feu ne l'a certainement gagné que, trop facilement, par la voie illégale. Celui qui s'est peiné pour trouver de l'argent sait mieux comment le fructifier afin de ne pas retomber dans la pauvreté et la misère.
4/Tout politicien parvenu au pouvoir par la voie illégale ne peut gouverner sur ses électeurs que pour servir l’illégalité.
Citer
 
 
0 #26 le baron 30-08-2012 15:05
Voyez le résultat sur le terrain. Ce n'est pas pour rien que l'Administratio n est très performante, inefficace, sinon même absente. La médiocrité a pris le pas sur la compétence : les valeurs sont inversées : la compétence et l'intégrité sont devenues des défauts et la médiocrité une vertu. Rien ne peut marcher aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays.
Citer
 
 
+1 #25 Dan Tanine 30-08-2012 14:02
A la veille des examens de fin d’année 2012 au Niger, deux journaux béninois ont révélé la découverte de faux diplômes au Bénin. Ce sont Le Journal Adjinakou Bénin du jeudi 14 juin 2012 et le Quotidien béninois LE MATIN du Jeudi, 14 Juin 2012.
La découverte de ce qu’ils ont appelé « Le scandale des faux diplômes » est Le résultat des enquêtes diligentées par la Direction de Contrôle et des Equivalences de Diplômes sur instruction du ministre de l’enseignement supérieur.
Au total, 51 faussaires ont été identifiés : faux Bac du Niger (44), faux Bac de la Côte-d’Ivoire (01), faux Bac du Togo (01), faux Bepc du Niger (03), faux diplôme d’ingénieur agronome du Niger (01), fausse attestation d’équivalence du diplôme supérieur de secrétariat bilingue (01).
L’information quoi que largement relayée par RFI est passée inaperçue au Niger. Elle n’a intéressé aucune autorité académique ou politique. Où allons nous avec un tel comportement ?
Citer
 
 
0 #24 dan chekara 30-08-2012 13:11
Mes chers internautes, vous me rendez mal a l'aise......
N'avez vous pas de sujets plus constructifs pour le Niger?
Citer
 
 
+1 #23 Mai tchada 30-08-2012 12:15
Tamtam s'il vous plais il faut censurer les articles ethnocentristes et regionaux. Ces des malsains qui tiennent de tels propos. Allah veille sur le Niger ,les mecreant qui cohabitent avec Iblis (Satan ) seront massacr♪s Honte eux
Citer
 
 
+1 #22 adam3 30-08-2012 12:04
A Zali
Ma soeur ; tout Nigerien est chez lui partout au Niger ; tchékanda ; Ou ??? dans son propre pays , et tous les freres qui sont a l'etranger , comment doit on les considerer labas , si meme chez soi on est tchékanda
Citer
 
 
+1 #21 adam3 30-08-2012 12:01
A yadji
Ya Allah aide nous , c'est quoi cette mentalité , c'est quoi ce raisonnement; freres nous sommes , Freres nous resterons ; a moins qu'on ne quitte notre religion ; nous resterons toujours freres et soeurs devant le tout puissant
Yadji , soit tolerant avec les autres. le sois disant magobiri est seul responsable de ses dires epargne tes autres freres
Citer
 
 
-1 #20 Zali 30-08-2012 11:02
A Kardji,

Mon frère Kardji STP Laisses ce Magobiri barbare Tchékanda. Déjà ils commencent à paniquer face à la partition pacifique du Pays qui va les désanvantager.
Citer
 
 
-2 #19 yadji 30-08-2012 10:55
A sale Magobiri,

En tout cas une chose est certaine. La partition des vastes Pays africains dont le Niger avance lentement mais sûrement. Vous serez loin , loin du fleuve Niamey et du désert Aîr, tous deux symbôles de la civilisation. Wallahi aujourd'hui l'écrasante majorité de la population de l'ouest en a mare de vivre avec vous dans un seul Pays. Tu fais vraiment rire en prétendant que vous êtes 50 pour cent à Niamey. Fais le décompte du nombre des conseils municipaux de Niamey et tu verras leur origine ethnique. Et d'ailleurs saches que le séjour d'un tronc d'arbre dans l'eau ne le transforme jamais en crocodile. Nous vous considérons toujours comme des mébaraw, des barbares tchékandas fuyant leurs parcs animaliers et infernaux suite à leur problème démographique du au fait quils naissent comme des sauterelles . Après la partition vous allez avoir la nostalgie des vieux beaux temps où vous viviez avec les gens civilisés les Gens de l'Ouest et les Touarègs. IRKOY Béri!
Citer
 

Ajouter un Commentaire


EN LIGNE

Nous avons 205 invités et aucun membre en ligne