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L’éducation au Niger Une gestion des plus cahoteuses

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Dans le cadre de sa croisade contre les maux dont souffre le Niger et auxquels le canard déchaîné a décidé de s’attaquer, nous nous sommes intéressés, cette semaine, à la gestion dans le secteur de l’éducation.

Un secteur stratégique pour le développement durable qui n’est plus que l’ombre de ce qu’il a été dans un passé proche. Car, Outre les faux diplômes contre lesquels, malgré les multiples cris d’alarme, aucune fermeté n’a été constatée, le secteur de l’éducation est également confronté à un désastreux problème de gestion des ressources :

ressources humaines ; ressources financières ; ressources matérielles, etc.

Une gestion efficiente et efficace des ressources (humaines, matérielles et financières) est un élément essentiel de l’amélioration de l’accès et de la qualité de l’éducation. C’est là une vérité scientifique démontrée par maintes études d’évaluation.

Au Niger, malgré les velléités politiques dont se parent pratiquement, les autorités, la gestion des ressources dans le secteur de l’éducation est fortement sujette à caution. Si sujette à caution que des interrogations se posent sur la capacité du système à atteindre les performances attendues. Avec la mise en place des COGES (Comités de gestion des établissements dans les écoles), les ressources sont censées être mieux gérées que par le passé, du fait de l’existence d’une chaîne de contrôle qui garantit plus ou moins la transparence dans la gestion des ressources. La gestion des ressources ne se porte pas mieux pour autant.

Il est bien vrai que, pour la plupart des acteurs de l’éducation, les ressources demeurent toujours insuffisantes et qu’il subsiste des difficultés dans la mise à disposition des fonds aux services compétents. La gestion du personnel, en particulier, reste une tâche particulièrement difficile, eu égard à l’interventionnisme politique, à l’abandon des classes par les enseignants expérimentés au profit du bureau, mais aussi au pourcentage élevé de femmes dans le corps. En effet, pour ne pas détériorer le tissu social, les inspecteurs doivent tenir compte de l’éloignement de certaines écoles et ne pas y affecter les femmes mariées, au risque de les voir abandonner leurs postes.

Récemment, l’Assemblée nationale s’est interrogée, avec beaucoup d’inquiétude, sur les effectifs réels de la Fonction publique. C’était à l’occasion de l’examen du projet de code du travail. Dans le secteur de l’éducation, cette interrogation prend une dimension dramatique. Aucun service de l’éducation n’est en mesure de vous édifier sur la question. La raison ? C’est que les effectifs des contractuels de l’éducation, qui représentent aujourd’hui près de 70% des effectifs enseignants, ne sont pas maîtrisables. Objet de multiples trafics, la contractualisation du métier d’enseignant a généré un affairisme extraordinaire dans ce secteur qui était jusqu’alors tenu à l’écart de telles pratiques.

L’entrée dans le corps n’est plus forcément corrélé aux aptitudes exigées par ce métier noble, mais bien à des espèces sonnantes et trébuchantes. La motivation et la vocation qui sont les qualités essentielles qui ont fait la grandeur de ce métier, ont, petit à petit, disparu pour laisser la place à une abominable trafic. On devient enseignant contractuel lorsque toutes les autres voies ont été prospectées sans succès. Pour les inspecteurs, l’essentiel est d’avoir un « enseignant » dans chaque classe, quitte à recruter des semi-analphabètes. Il s’agit en priorité de faire de l’humanitaire en donnant la possibilité à de jeunes parents, amis et connaissances, d’avoir un revenu régulier

La démarche est si bien admise qu’elle a fait pousser des idées dans certaines contrées du Niger. Des quidams qui n’ont aucun autre emploi rémunéré que d’être les époux de femmes contractuelles. Et lorsqu’il y en a deux et que c’est à vous de toucher les pécules, vous en avez pour la rondelette somme de 140 000 FCFA par mois. L’histoire des contractuels de l’éducation est ponctuée de faits divers très cocasses qui font froid dans le dos. Les services compétentes le savent mais ferment les yeux. Autre aspect douloureux de la gestion des contractuels, leur nombre est sujet à caution. Combien sont-ils exactement ? Chaque année, après le recrutement sur test, les inspecteurs font état de déficits à combler.

Une fois qu’ils reçoivent le feu vert de l’administration centrale, ils recrutent sur le tas, sans se soucier du niveau et des aptitudes des intéressés. L’administration centrale, pour sa part, ne se donne aucun moyen de vérification pour attester de la fiabilité des listes. Ni à priori, ni fortiori. Pourtant, elle dispose d’inspecteurs de services dont on se demande à quoi ils servent précisément.

La gestion des personnels enseignants est un véritable casse-tête.

Il y a un véritable décalage entre les effectifs, nettement en surnombre, et le nombre de classes. Vous avez par exemple 254 classes pour un effectif enseignant de 403. Or, si vous faîtes un enseignant/ une classe, vous verrez qu’il va se dégager un gap important. Comment gérer le surplus d’enseignants ? » La question, en vérité, n’est pas de se demander comment le gérer, mais plutôt pourquoi une telle concentration d’enseignants dans la ville de Niamey ? En considérant que chacune des cinq inspections de la ville de Niamey concentre en moyenne 80 enseignants supplétifs, nous trouvons le nombre surréel de 400 enseignants que l’Etat paie régulièrement à ne rien faire.

La gestion des personnels enseignants est en réalité un véritable casse-tête pour les responsables chargés de leur gestion. Si en dehors de Niamey, précisément dans les localités éloignées des grands centres urbains, le système est affecté par des déficits chroniques d’enseignants, la ville de Niamey affiche par contre des effectifs pléthoriques. Le nombre d’enseignants dépasse de loin les classes disponibles. On pourrait raisonnablement penser que cela est dû à une sous-scolarisation. Or, il n’en est rien. La ville de Niamey a un taux brut de scolarisation de plus de 100%. Il faut toutefois relever l’insuffisance de salles de classe, celles actuellement disponibles affichant des effectifs pléthoriques de l’ordre de 60 à 70 élèves parfois.

Ce qui laisse supposer un problème de qualité des enseignements/apprentissages, le ratio élèves/maître conventionnellement recommandé étant de 40 élèves pour un maître. Quoi qu’il en soit, le nombre d’enseignants supplétifs dans la ville de Niamey est trop élevé pour ne pas être préoccupant. Pourtant, cette situation dont s’accommodent visiblement les inspections académiques, révèle une autre facette de la gestion approximative des personnels enseignants. La «politique de l’autruche», adoptée jusqu’ici face à un mal dont le préjudice est incontestable pour le système ne fait que différer la résolution d’un problème qui sera douloureuse à terme.

La gestion des contractuels est un tonneau de Danaïde.

Sur un tout autre plan, la gestion des examens et concours constitue une source de préoccupations constantes, particulièrement dans ce contexte de. Même si le phénomène est moins prononcé dans le cycle primaire qu’au secondaire, les fortes présomptions de fraudes aux examens et concours entachent sérieusement la crédibilité d’un système dont l’efficacité est de plus en plus mise en doute. Plus soucieux de préserver leur image de marque que de conjuguer les efforts pour trouver une solution durable au phénomène, les acteurs ont plutôt tendance à se tirer la couverture, se jetant mutuellement la responsabilité. Pourtant, la responsabilité des acteurs est indiscutablement partagée.

« Lorsqu’un doigt est tâché, il finira par salir tous les autres », dit-on. Les contre-performances du système, relativement aux fraudes lors des examens, les cas de trafics d’influence, la corruption, la « marchandisation » des services sont des fléaux qui minent dangereusement le système éducatif nigérien. La notion de responsabilité collective des acteurs est toutefois un couteau à double tranchant. Il peut en résulter une diffusion totale du devoir de responsabilité. En même temps que tout le monde est responsable, personne n’est responsable. L’Etat constitue dans ce cas précis un beau paravent.

Impersonnel et difficilement appréhendable, l’Etat est très souvent pointé du doigt pour expliquer une défaillance quelconque du système.

Commentaires  

 
0 #1 TARANA MAI HOURA 19-09-2012 07:51
J'AI MÊME HONTE POUR CE QUE JE DIS ET RÉPÈTE CHAQUE FOIS SUR L’ÉDUCATION NATIONALE DANS MON PAYS QUE JE CROYAIS AVEC CONVICTION PLEIN DE SOUVERAIN. AUJOURD'HUI, J'AI LA CERTITUDE QUE TOUS LES PAYS INDÉPENDANTS DE MON AFRIQUE NE SONT PAS SOUVERAINS QUANT À L’ÉDUCATION QUE NOS GOUVERNEMENTS NOUS DONNENT CAR, AU DÉBUT FIER D'ENTENDRE LES RESPONSABLE DE L’ÉCOLE NIGÉRIENNE PARLER DU RETOUR DES COURS DE LA MORALE ET DE L'INSTRUCTION CIVIQUE APPUYÉ PAR L'INFATIGABLE VAILLANT SANOUSSI TAMBARI JACKOU QUI A DÉMONTRÉ LA LOGIQUE EN LA QUESTION. MAIS JE SUIS TOTALEMENT DÉCONTENANCÉE DE COMPRENDRE QUE JE NAGEAIS DANS DU BLEU LORSQUE J'AI ENTENDU UN PEU PARTOUT DANS LA SOUS RÉGION (MALI, SÉNÉGAL, BURKINA, BÉNIN...) CHACUN DE CES PAYS OUEST AFRICAIN PARLE DE RAMENER LES MÊMES LEÇONS QUE L'ON NOUS ENSEIGNAIT AUTREFOIS. CELA M'A EMMENÉE À CROIRE QU'EN VÉRITÉ CE N'EST NI UNE RENCONTRE SOUS RÉGIONALE, UN SÉMINAIRE OU AUTRE QUI A MOTIVÉ NOS GOUVERNANTS POUR CA, LA MÉTROPOLE: FRANCE.
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