Syndicalisme Un scandale syndical mis au grand jour
- Écrit par O.I. (Le Canard déchaîné N° 554 du 8 octobre 2012)
On connait du nigérien qu’il est spécialiste de « fermer le robinet » derrière lui une fois qu’il a rempli son bidon ; on sait aussi que le nigérien a plutôt tendance à ne chercher et à ne vouloir que du mal pour son prochain, comme pour donner raison aux rhéteurs qui ont défendu « Autrui obstacle ».
Cependant, ce genre de conduite prend la forme d’un scandale si jamais cela vient d’acteurs avertis, ceux dont on pense que l’école, la Faculté où les expériences ont façonné le vécu. De quoi s’agit -il ? Une guéguerre ; une guéguerre qui, au départ anodine et ordinaire entre des tendances syndicales, qui s’est par la suite muée en sacre de délation et de concassage ! Concassage des plus petits par les plus grands, les plus puissants, ou ceux qui pensent l’être, parce que le cours de l’histoire les a paradoxalement promus par des intrusions hasardeuses et inconséquentes.
Témoin cette lettre du 10 Août 2012 où six centrales syndicales ont adressé une correspondance à la Ministre de la Fonction Publique du Travail à travers laquelle elles exigent l’exclusion pure et simple des autres centrales soeurs. Des centrales citées comme l’ Nationale des Syndicats des Agents Auxiliaires du Niger (UNSAAN), l’ des Syndicats Libres des Agents Auxiliaires du Niger (USLAAN) ainsi que « …les centrales mal nées… », doivent désormais ne plus faire partie du cahier de correspondances de la Ministre de la Fonction Publique et du Travail!
Selon ces six ténors de la chose syndicale au Niger, et selon toute vraisemblance, seules les centrales membres de l’ITN devraient désormais bénéficier de l’audience du Ministère en charge du Travail. Pourtant, ceux qu’ils oublient, c’est bien ce Ministère qui, sous la base des papiers requis et exigés, a donné à ces centrales l’autorisation d’exercer. Du reste, on comprend aisément les agissements sournois des uns et des autres. C’est une conduite qui a miné et vidé la Société Civile nigérienne de sa substance, pourquoi pas le monde des travailleurs ?
En effet, depuis que par des apparitions on ne peut plus sommaires et opportunistes les gens ont accompagné les mouvements de masse contre le tazartché, ils se croient désormais plus loyalistes que le Roi. Non seulement ils ont exigé qu’eux même soient casés en récompense de la déperdition d’énergie qu’ils ont déployé pour accompagner les politiciens, ils veulent aussi imposer au gouvernement qui ils veulent dans son partenariat. C’est l’objet de cette lettre scandaleuse dans laquelle on voit clairement la désinvolture et l’audace dont les auteurs ont fait preuve.
Au lieu de chercher à se rapprocher les uns des autres afin de saisir à bras le corps les titanesques problèmes des travailleurs du Niger, ces champions de la chose ont préféré jouer à l’exclusion. Dans quel intérêt ? Les deux centrales dont ils fustigent principalement (UNSAAN et USLAAN) relève toutes les deux des Agents auxiliaires qui constituent pourtant une masse importante des travailleurs nigériens. Quand on connait aussi le caractère pléthorique des familles de ces premiers cités, l’on comprend le mal qui est fait à une importante frange de la population ; malheureusement par des gens qui ont pour la plupart une très faible pouvoir de mobilisation.
Pourtant, ces agents ont accompagné pendant longtemps les centrales syndicales sans pour autant que leurs préoccupations réelles soient prises en compte. C’est parti de ce constat que ces agents auxiliaires ont décidé de créer leurs propres structures pour réellement engager le combat qui les concerne dont entre autres le Statut des Agents Auxiliaires, le salaire de certains agents qui ne sont plus payés depuis une dizaine d’années… etc. L’on comprend du reste qu’en perdant les auxiliaires, beaucoup de ces centrales savent très bien qu’elles n’ont plus la population des militants les plus fidèles.
Demandez-leur et ils vous diront qu’à chaque fois qu’ils font appels aux militants pour des manifestations, les agents auxiliaires ont toujours été les plus nombreux car, eux, ils n’agissent pas avec la mesquinerie et l’hypocrisie des intellectuels. Ils sortent en masse et ils font le tapage nécessaire. A la veille des élections syndicales qui s’annoncent, la menace est grande pour celles qui pensent être à l’avantgarde du mouvement syndical au Niger. Imaginez tous les auxiliaires du Niger accorder leur scrutin à une seule structure ?
Qui des six centrales signataires de cette lettre pourraient l’égaler ? Et dire que c’est la centrale des « illettrés » qui est en tête, cela ferait mourir monsieur ilimi.

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