HAUSSE DU PRIX DES COURSES DE TAXI ET FABA-FABA Les effets d'un ultralibéralisme sans coeur sur des victimes innocentes
- Écrit par N.O.M (LE COURRIER N° 229 DU 10 OCTOBRE 2012)
" Le Gouvernement mènera, par conséquent, une nouvelle politique qui vise à baisser les coûts des transports terrestres, améliorer la qualité des prestations et assurer la sécurité des personnes et des biens afin de réduire significativement le nombre d'accidents "...
promettait le Premier ministre dans sa déclaration de politique générale devant le parlement. Mais, qu'elle ne fut la surprise des nigériens, de se voir quelques mois après, contraints pour la première fois, de payer la course simple du taxi à 300f et les faba à 200f. En effet, réunis en assemblée générale le jeudi 4 octobre 2012, le collectif des propriétaires de taxi, le syndicat national des conducteurs de taxi et le syndicat des conducteurs indépendants de minibus avaient unanimement décidé de rehausser la course du taxi à 300F, soit une hausse de 50%, et à 200F les faba-faba. Une décision unilatérale qui a pris effet à partir du lendemain, samedi 6 octobre.
Des motivations pour justifier cette hausse inédite, les initiateurs évoquent : que le secteur du transport urbain n'a jamais augmenté le prix de la course ; que la vie est chère ; la hausse de la vignette 2012 ; une probable hausse de la caisse de sécurité sociale et enfin, le maintien des prix des hydrocarbures au Niger. Certes, le combat que mènent ces structures en faveur de la baisse du prix de l'essence est louable et mérite le soutien de tous, puisque la réduction profitera à tous. Mais, de ce combat à changer de façon unilatérale le coup de la vie des usagers au cours d'une assemblée, il y a bien un problème de finalité de combat.
En vérité, les motivations évoquées par ce collectif suffisent-elles à rehausser de façon unilatérale, le prix de la course qui n'a jamais fait l'objet de hausse malgré l'évolution en dents de scie des prix des hydrocarbures au Niger ? De toute évidence, la situation est inquiétante et révélatrice de la véritable conception du service public rendu par une personne privée d'une part par les organisations syndicales, et d'autre part cette situation témoigne apparemment de l'incapacité de l'Etat à sécuriser les citoyens en matière de transport.
L'inquiétude est en effet grande, si trois structures peuvent, après un bon café, augmenter unilatéralement le prix de la prestation. Autant alors, déclarer le libéralisme sauvage et permettre à chacun dans son secteur d'activités de déterminer son prix selon son humeur. Et, à qui le tour après les conducteurs ? Les boutiquiers, les coiffeurs, les vendeuses de beignets et pour quoi pas tous les travailleurs qui sentiront dans leurs salaires le coup du déplacement ?
Il est temps que le gouvernement mette fin à cette anarchie, en faisant respecter les textes qui régissent la fixation des prix dans le domaine du transport et ce, afin de protéger les pauvres victimes impuissantes face à cet ultralibéralisme sans coeur, qui ne fait qu'aggraver le désespoir des nigériens. Et que revienne autorité à l'Etat.

Commentaires
je viens d'ecouter la reaction d'un certain SOULEY OUMAROU concernant la greve des taximen de niamey. je me rends compte que la Renaissance a aussi trouve son "Nouhou Arzika", ou son "Ble Goude". Je sens que ce n'est plus un acteur de la societe civile, mais plutot un defenseur du pouvoir, car jusqu'a annoncer que l'Etat est entrain de prendre des dispositions pour sanctionner un citoyen....
Et que chaque taximan dénoncé soit déchu de son autorisation d'exercer.
Trop de chereté de la vie , c'est trop hein! y en a marre!