Régulation des médias : Sale temps pour les fripouilles de la presse
- Écrit par Lamine Souleymane (La Roue de l’Histoire N°633)

Le coup de gong est donné pour extirper toutes les fripouilles du milieu de la presse.
Les organisations socioprofessionnelles des médias ont dans une nouvelle déclaration en date de 06 octobre dernier relativement à la situation de l’exercice de la profession de journaliste au Niger, réaffirmé leur volonté de renier de leurs rangs, les grands et petits voyous de la presse. Depuis l’adoption en juin 2010, de l’Ordonnance portant régime de la liberté de la presse, on assiste à de « graves dérapages de la part de certains acteurs des médias qui ont apparemment mal compris le sens de la dépénalisation des délits de presse. Pour cette race de journalistes, la dépénalisation est tout simplement une licence à tout faire ».
Les associations socioprofessionnelles des medias ont rappelé dans leur déclaration que les avancées significatives enregistrées au Niger en matière de la promotion de la liberté de la presse. La loi portant dépénalisation des délits commis par voie de presse a été « davantage renforcée avec la signature, au mois de novembre 2011, par le Président de la République, Issoufou Mahamadou, de la Déclaration de la Montagne de la Table ; signature à travers laquelle le Chef de l’Etat a engagé le Niger à lever tous les obstacles à l’exercice de la liberté de la presse avec à la clé une charte d’accès aux documents administratifs y compris pour les autres citoyens », ont-elles rappelé, avant d’annoncer que les « brebis galeuses de la presse ont fait de la diffamation, de l’injure, du racket et du chantage leurs règles de conduite.
Les nombreuses plaintes déposées contre eux au niveau de l’Observatoire national de la communication (ONC), de l’Observatoire nigérien indépendant des médias pour l’éthique et la déontologie (ONIMED) et devant les tribunaux sont illustratives du manque du respect que ces pseudo-journalistes manifestent à l’égard des règles élémentaires de l’éthique et de la déontologie, souligne cette déclaration. Pour s’être activement battues en faveur de l’avènement de cette dépénalisation des délits commis par voie de presse et déterminées à préserver cet acquis historique, les organisations socioprofessionnelles des médias ne peuvent rester indifférentes face aux comportements irresponsables et éhontés de certains acteurs des médias qui tentent de la torpiller, préviennent-elles au passage.
Les organisations socioprofessionnelles du secteur des médias se désolidarisent de toute prise de position tendant à défendre un confrère qui a mal fait son travail ou qui s’adonne à des pratiques comme le chantage, des injures gratuites, la menace d’honnêtes citoyens par voie de presse, au nom d’un corporatisme de mauvais aloi, note cette déclaration. Les organisations signataires de la présente déclaration rappellent à l’opinion que les organes de médias qui s’adonnent à ce genre de prises de position n’étaient pas sur la ligne de front durant le combat pour la liberté de la presse et l’avènement de la dépénalisation qui doit normalement s’accompagner de plus de professionnalisme de la part des journalistes ; au contraire ils profitent lâchement de ces acquis de par leur comportement irresponsable et bassement mercantiliste, s’indigent-elles.
Devant l’intrusion de plus en plus massive de personnes de moralité douteuse dans la profession qui n’ont aucune qualification ou une quelconque expérience pour l’exercer, les organisations du secteur des médias demandent aux institutions compétentes d’élaborer un texte réglementant l’accès au métier de journaliste pour mettre fin à l’anarchie galopante. Par ailleurs, souligne la déclaration, les organisations socioprofessionnelles des medias « recommandent à tout citoyen injustement et gratuitement attaqué ou vilipendé par voie de presse, au mépris des règles de la profession, de saisir les tribunaux pour réparation du tort subi, indépendamment des possibilités qui s’offrent à lui de saisir les instances de régulation et d’autorégulation » et ont appelé dans le même temps, « les autorités judiciaires compétentes à veiller à une application rigoureuse des articles 6 à 10 de l’ordonnance sur la presse, relatifs à la création des publications et du dépôt légal ».
Voilà ce qu’il faut retenir de cette déclaration. Pour extirper de leurs rangs les brebis galeuses de la presse, ainsi qu’elles l’ont annoncé, ces organisations du secteur des medias doivent s’armer de courage et poser le vrai débat qui consiste à dévoiler les noms de ces « maîtres chanteurs de la presse » et assimilés qui se cachent derrière des pseudo-journalistes pour commettre des sales besognes. C’est aussi de cette façon qu’on pourra les dénoncer jusqu’à leur reniement de la grande famille de la presse. Loin s’en faut !

Commentaires