Depuis quelques jours, le Niger, notre cher pays fait face à une montée de tension sur le front social, avec la multiplication de mouvements de grève dans divers secteurs, notamment ceux des transports urbains et des hydrocarbures. Ces mouvements de grève portent globalement sur la question combien cruciale de l’exploitation et de la gestion de nos ressources naturelles, en particulier les hydrocarbures.
La principale revendication est axée sur la volonté populaire de réduction significative des prix à la pompe des produits pétroliers. Cette importante doléance, légitime en elle-même n’est pas seulement celle des syndicats du secteur des transports urbains, certes bien concernés. Elle est largement partagée par les organisations de la société civile et l’ensemble des citoyens nigériens qui ont fondé leur espoir sur la dite ressource.
Vivement préoccupés par la manière virile dont le gouvernement entend gérer cette situation, le GREN, Alternative Espaces Citoyens et le ROTAB :
-1-condamnent fermement la politique va-t’en-guerre choisie par le Gouvernement, se traduisant par la confrontation ouverte avec les partenaires sociaux, illustrée en particulier par les arrestations opérées dans les rangs des syndicats de taxi ;
2-rappellent aux autorités que les libertés syndicales sont garanties au Niger et que nul ne peut être arrêté, ni inquiété pour faits de grève ;
3-Invitent par conséquent le gouvernement à libérer sans conditions et sans délais toutes les personnes arrêtées dans le cadre des débrayages de ces derniers jours.
4-rappellent au gouvernement que les ressources naturelles nationales sont la propriété du peuple nigérien, conformément aux dispositions de la Constitution du 25 novembre 2010 ;
5-attirent l’attention des organisations de la société civile et des citoyens sur le danger que représente pour notre démocratie, le refus du gouvernement de discuter avec les partenaires sur la question des prix des hydrocarbures, car, ceux qui subissent directement les coûts sont privés de toute qualité pour se prononcer sur la question d’intérêt national ;
6-réitèrent avec véhémence leur exigence d’une réduction significative des prix à la pompe des hydrocarbures, comme le souhaitent ardemment tous les Nigériens.
7-attirent toutefois l’attention des syndicats sur le respect des instruments juridiques internationaux et nationaux sur le droit syndical et le droit de grève
Aussi, le GREN, Alternative Espaces Citoyens et le ROTAB en appellent-ils à la mobilisation générale, le samedi 20 octobre 2012, afin de faire comprendre aux autorités en place que, conformément au texte fondamental, les ressources minières et pétrolières du sous-sol nigérien, appartiennent à l’ensemble des Nigériens, et que nul n’a le droit de décider tout seul, de son seul chef, de leur gestion.
Fait à Niamey le 15 Octobre 2012
Pour Alternative, GREN et le ROTAB:
M. Moussa TCHANGARI
Mme SOLLI Ramatou
M. Ali IDRISSA


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