Mécontentement social Ça bouge trop !
- Écrit par BIZO (Le Canard déchaîné N° 556 du 22 octobre 2012)
Chez nous au Niger tout arrive souvent par affabulation. On se prélasse à dire et redire et, attention, aussi à agir et agir.
Et, quand le nigérien commence à bouger, ne négligeons jamais les effets dévastateurs que sa conduite pourrait susciter. Pour preuve, le mouvement tazartché a cru mettre à la touche des organisations syndicales et de la Société Civile, croyant de fait que l’utopie qu’il servait allait faire mouche. Mal lui en a pris car, ce sont ces organisations mêmes, et non pas les partis politiques comme beaucoup le pensent, qui ont plaidé là où il faut pour recueillir l’adhésion de la communauté internationale aux côtés des forces républicaines.
Ceci dit, il faut reconnaître que ça s’agite un peu trop dans le monde syndical ces derniers temps : les transporteurs n’ont pas dit leur dernier mot ; les syndicalis tes réagissent pour la plupart vertement aux descentes sporadiques du président de la République dans les services et aux injonctions de son 1er ministre à vouloir remettre, vaille que vaille, les nigériens au travail ; les scolaires et étudiants continuent à sortir des déclarations incendiaires…
Voilà qu’une partie de la société civile commence aussi à donner de la voix. A quand la prochaine crise politique qui ferait déborder le vase ? On n’a pas besoin d’être un analyste féru des sciences politiques pour reconnaître que c’est cette sombre et machiavélique logique qui a toujours prévalue aux grandes crises qui ont secoué ce pays. Prenons garde et cherchons les voies et moyens de temporiser, de regarder derrière, de calmer les ardeurs pour essayer d’apporter les réponses qu’il faut aux questions posées. Ne sous-estimons aucun mouvement, ne vilipendons aucune contestation qui que ce soit derrière.
L’essentiel est de rester lucide et de reconnaître qu’il y a des nigériens qui sont mécontents. Et parce que ce sont des nigériens, Il faut les approcher, les écouter, discuter avec eux, décanter leurs revendications pour en saisir les plus plausibles. Pas de bras de fer car l’orgueil à outrance pour un dirigeant est toujours synonyme de suicide. Les défis à relever son déjà énormes. La seule menace qui pèse sur notre pays sur le plan sécuritaire doit interpeller les consciences et leur rappeler que nous n’avons que faire de ces nombreux fronts de contestation qui poussent comme des champignons.
En effet, si les djihadistes arrivent à descendre jusqu’à (Dakoro) Maradi pour sévir, ceci veut dire tout simplement que nous avons encore du pain sur la planche. Ça sent vraiment la pourriture et ne nous masquons pas la face derrière des considérations d’une autre ère. Que veulent en réalité les Nigériens qui se sont mobilisés ce Dimanche 21 Octobre à la place Toumo ? C’est cette question qu’il faut se poser et essayer de chercher ensemble les voies et moyens d’une issue heureuse. Ne soyons pas inamovibles dans nos idées et n’engageons plus jamais un bras de fer ni avec les syndicats, ni avec les organisations de la Société Civile.

Commentaires
La reponse a ce probleme est si simple: on a demande de revoir a la baisse le prix a la pompe dans les 7000 litres consommes au Niger, comme ca l'etat peut vendre les 14000 restants a qui il veut.
Faut pas engager un bras de fer avec le peuple: demander a Tandja et au feu Bare