AFFAIRE BARKA DE LA SOCIÉTÉ ACTRA TRANSIT Dilemme au sein du parti présidentiel ?
- Écrit par ALPHA (LE COURRIER N° 234 DU 14 NOVEMBRE 2012)
L'affaire dont nous révélons les détails dans notre article risque de finir, il faut vous en convaincre, par devenir une affaire politique. Et pour cause, l'opinion doute de la volonté inébranlable du régime de la Renaissance de lutter contre l'impunité après la sortie " théâtrale " réservée au dossier dit des fausses factures au ministère des finances.
Mais, surtout en raison du fait que la principale bénéficiaire des faux dédouanements sur la base des faux documents jetant le discrédit sur une institution onusienne (le PAM) et sur notre pays est une militante du PNDS-TARAYYA ou du moins c'est une arrivante qui avait fait le bon choix aux dernières élections en humant l'air du temps.
Il faut dire que Madame Barka, patronne d'ACTRA TRANSIT, patronne d'une maison d'assurances et transporteuse des marchandises, n'a pas fait de quartier pour financer la campagne d'un homme politique aujourd'hui bien en vue. Elle a claqué des sommes colossales pour habiller et soudoyer les femmes afin qu'elles votent pour le parti qu'elle a rejoint apparemment par calcul d'intérêt. Comment s'estelle enrichie ? Son argent est-il " propre " ? L'histoire ne va-t-elle pas rattraper ce financement un peu ''occulte'' venant d'une femme qui fait preuve de tant de générosité ? Qu'attend-elle en retour de tout l'argent qu'elle jette sans compter et sans tomber fiévreuse ?
Il faut dire que ces genres de questions ne passent pas par la tête de nos hommes politiques qui sont prêts à palper l'espèce trébuchante et sonnante même si elle vient du diable en personne pourvu qu'elle serve au financement de leur campagne et leur permette d'accéder au pouvoir. L'argent n'a ni odeur ni couleur, quoi ! Pour Madame Barka, la récompense de ses sacrifices va vite tomber puisque la manne pétrolifère est là, bien là, c'est-à-dire loin de tous les prétentieux qui avaient prédit que c'était plutôt de l'eau à la place du pétrole.
En effet, comme le dira feu Damouré Zika dans un de ces films " j'ai servi le parti et le parti m'a récompensé ", Madame Barka rafle la mise d'assurer le transit des produits pétroliers entre la SORAZ et l'extérieur à travers les bureaux de douane de Zinder et de Maradi. Malheureusement, l'histoire la rattrape et rattrape, en même temps, ceux qui avaient pensé utiliser son argent (l'argent de madame Barka, bien sûr) pour accéder au pouvoir. C'est par le hasard d'une enquête douanière commanditée suivant instruction N°1103/MF/CAB/ CT/F du 26 mai 2012 que la " bonne fée " va être prise la main dans le sac. Sa société ACTRA TRANSIT lui rapportait des mirobolantes sommes d'argent par le truchement de la triche.
Pour vous donner une idée de ce que cette bonne dame gagne, il faut savoir que les droits en douanes s'élèvent pour chaque tonne de riz à 40.000FCFA. Et lorsqu'on sait que Madame Barka a fait entrer, par le procédé que nous avons expliqué, plus de 950 tonnes de riz et du sucre, sans compter la perte sèche en valeur hors taxe pour l'Etat du Niger qui s'élèverait à près d'un (1) milliards FCFA, vous comprendrez aisément que c'est un risque qui vaut son pesant d'or. Et comme pour tout corser, les portes commencent à se fermer devant Madame Barka qui n'a plus que ses yeux pour pleurer son infortune.
A l'exemple de son échec à la Direction Générale de Douane où elle était allée chercher secours, le mardi dernier. On lui aurait répondu qu'aucune promesse ne peut lui être faite et qu'elle devrait s'atteler à payer les sommes dues. Ce qui la pousse à dire partout où elle était écoutée qu'elle allait appeler le Chef de l'Etat depuis son lointain séjour de la France. Après ce dossier de Madame Barka, votre journal vous promet de revenir cas après cas, sur toutes les personnes (commissionnaires en douane et opérateurs économiques) impliquées dans cette mafia.
Face à cette affaire qui rappelle " l'affaire Zeinab ", les " zakaïeries ", " l'affaire MEBA ", " l'affaire fonds d'aide à la presse ", " l'affaire des permis miniers " et " l'affaire main levée " dénoncées par les Bazoum Mohamed, Hassoumi Massaoudou, STJ et consort, le Président de la République Issoufou Mahamadou, chantre de la bonne gouvernance et de la lutte contre l'impunité, est interpellé pour se mettre au-dessus de la mêlée comme l'exige la Constitution de la 7ème République afin que l'Etat entre dans ses droits et que la justice traite, pour sa part, les implications pénales dudit dossier.
Car, il n'y a aucun dilemme à vivre dans le fait que des citoyens se mettent en travers de la loi pour satisfaire leur boulimie de l'enrichissement. Les indélicats doivent être embarrassés à faire face au Président de la République quelque soit, par ailleurs, les investissements réalisés pour lui assurer la victoire. Les Nigériens sont fatigués de ces simulacres d'assainissement qui finissent par la relaxation pure et simple des personnes concernées alors que le voleur de tomates est derrière les barreaux. Issoufou Mahamadou doit se rappeler de ses engagements pris le 07 avril 2011 qui méritent son respect. En dernier ressort, les Nigériens jugeront.

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