L'élu des inondations
- Écrit par Omar Kané (LE COURRIER N° 234 DU 14 NOVEMBRE 2012)
Le malheur des uns fait le bonheur des autres, a-t-on coutume de dire. Cet adage, nul ne peut l'expliquer aussi bien que le sieur Harouna, lui dont le malheur finit par faire son bonheur. Récit.
Lorsque Harouna, sa femme et ses trois enfants ont débarqué dans la cour de l'école de leur quartier, ils étaient dans une situation de désolation totale. Ils ont tout perdu : leur maison, leurs biens et surtout leur fierté. Mais que peut-on contre la volonté de celui qui donne et qui arrache ? En bon croyant, Harouna s'était remis à son seigneur remerciant le ciel de s'être sorti indemne, lui et sa famille bien sûr. Tout de même, il ne peut oublier ce jour d'août 2012 où le fleuve est venu récupérer son lit, son lit dans lequel les hommes ont dressé leurs habitations. Revenons à " l'exil " forcé de la famille Harouna.
Dans la classe qui lui sert désormais de logement, celle-ci de se retrouver deux jours plus tard avec d'autres victimes d'inondations. Les nouveaux voisins de la famille d'Harouna sont deux personnes, dame Dijé et ses deux enfants, un garçon et une fille. Et le mec de leur nouvelle voisine ? Harouna et sa suite finiront par apprendre que la voisine est sans homme depuis deux ans lorsque son époux a décidé de prendre le chemin de l'exode. Depuis lors, aucune nouvelle de lui. Dijé qui est une brave femme de s'occuper de ses deux enfants en vendant des galettes devant l'habitation de fortune que leur a laissée son homme.
Les choses étant devenues ce qu'elles sont, la voilà à présent sans ressources et sans soutien, frappée par le malheur des inondations. Entre les deux familles, aucune barrière de séparation. Ce que font les Harouna n'échappent pas aux Dijé et vice-versa. Du moins c'est l'impression qui se dégage. La réalité est toute autre. Le jour, Harouna est dans sa tenue de bon chef de famille et de voisin responsable. La nuit, il se met dans la peau du bon chasseur, honorant " sa voisine de classe ". Et comme l'appétit vient en mangeant, celui d'Harouna, de s'aiguiser davantage les jours suivants. Ce qui ne devrait pas se savoir finit par se savoir. C'est la mère des enfants d'Harouna qui va finir par découvrir la tricherie.
Une nuit, elle surprend son époux en plein ébats avec sa voisine. La honte aurait dû s'arrêter dans la fameuse classe. Mais Madame fit tellement du bruit qu'il a fallu l'intervention des personnes présentes dans la cour pour calmer la situation. Trop tard, la nouvelle a fait le tour des bouches et des oreilles du quartier. La suite du feuilleton : les deux tourtereaux finirent par être séparés. Dijé de ramasser ses cliques et ses claques pour retrouver un autre abri, dans une autre école. Si on ouvrait le coeur d'Harouna, il ne regrette sans doute pas cette inondation.

Commentaires
Sérieux les gars on vous lit de partout ! Arrêtez de déconné la.