Justice et justiciables : la perception des populations de Niamey de la Justice
- Écrit par Moussa Hamidou (DAIDRP/Ministère de la Justice)
Dans le cadre de la tenue des Etats Généraux de la Justice, une enquête d’opinion a été réalisée pour connaitre la perception que les populations de la ville de Niamey ont de la Justice.
Ainsi, les principaux résultats issus de cette enquête montrent que 69,3% des enquêtés connaissent le service de justice le plus proche et plus de 64% connaissent certains droits de l’homme garantis par la Constitution nigérienne. Les enquêtés sont quasi unanimes sur le fait que le droit le plus couramment violé est celui de l’égalité devant la loi. Quant à la perception qu’ont les enquêtés de la justice, plus de 83% considèrent l’appareil de justice comme un organe chargé du règlement des litiges et de l’établissement de la culpabilité ou de l’innocence des personnes mises en cause.
Les enquêtés s’accordent sur le caractère accessible de la justice, même s’ils soulèvent certaines barrières à cette accessibilité. Il ressort également des résultats de cette enquête que la justice souffre des maux que sont, entre autres, le caractère onéreux des certaines prestations, le manque de personnel, le mauvais accueil, la corruption du système et la lenteur dans le traitement des dossiers. Selon toujours les principaux résultats de cette étude, au moins 45 %des enquêtés sont d’avis que la société civile est suffisamment impliquée sur les questions juridiques de la nation.
Sur l’indépendance de la justice, une part importante des personnes enquêtées dans les ménages (41,1 %) et des personnes liées à la justice ou pas (51,7 %) pensent que le principe de séparation des pouvoirs n’est pas respecté au Niger. Par ailleurs, plus d’un enquêté sur trois (38%) a eu recours à la justice en cas de litige. Pour les réformes souhaitées par les enquêtés, ceuxci considèrent qu’il est plus que nécessaire de garantir l’indépendance de la justice de façon effective et de sensibiliser le public sur le phénomène de la corruption car, un peu plus de deux personnes interrogées sur trois (67 %), pensent que la corruption sévit dans le milieu de la justice au Niger.
Mais cette opinion varie selon les caractéristiques des enquêtés ; en effet, 69,5 % des hommes estiment que le système de justice est corrompu contre 60,9 % des femmes. Aussi, la proportion des personnes déclarant que la corruption existe dans le milieu de la justice semble s’accroitre avec le niveau d’étude : alors que 57,5 % des enquêtés n’ayant aucun niveau d’étude pensent que la corruption existe dans la justice nigérienne, ce pourcentage est de 78,9 % parmi ceux qui ont un niveau d’étude supérieur. On note en plus que 62,1 % des enquêtés ayant effectué des études coraniques partagent la même opinion.

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