Affaire du marché irrégulier au ministère de l’Urbanisme: Enfin la vérité !
- Écrit par Ibrahim O.(Le Canard déchaîné N° 562)
Une vague d’océan dans une piscine ! Voilà en quoi on peut résumer l’affaire dite du Ministère de l’Urbanisme, de Logements et de l’Assainissement à propos d’un marché public octroyé pour la construction de logements sociaux.
Depuis quelques semaines, le ministère en question est sur la sellette de l’opinion. On lui reproche d’avoir attribué un marché de gré à gré dans des conditions irrégulières et de n’avoir pas fait de communication sur la question en Conseil des ministres. Aujourd’hui, les nuages de poussière sont dégagés et le clair de lune reprend tout son éclat.
La vérité c’est que des documents en notre possession, montre qu’il n’y a rien qui puisse être assimilé à un quelconque non respect des règles de l’art en matière de passation de marchés publics. Ainsi, le 17 avril 2012, le ministre de l’Urbanisme a adressé au Directeur Général de la SONUCI la lettre N°00091/ MULA/DGUH/DH dont l’objet est la : « Mise à disposition de parcelles pour une opération test de construction de logements ». Aucune réponse ne viendra alors de la SONUCI, le Directeur général de cette société ayant royalement ignoré la correspondance de son ministère de tutelle.
L’administration publique ne pouvant être bloqué par les humeurs des responsables de la SONUCI, les techniciens du ministère de l’Urbanisme se tournent vers la SONIPRIM comme solution de rechange. Aussitôt après, la SONIPRIM qui est d’ailleurs la seule société privée disposant de terrains déjà viabilisés conformément aux exigences des partenaires du Niger répond favorablement à la demande. SONIPRIM accepte d’accompagner le projet de construction de logements sociaux en proposant des parcelles sises en face de la ‘’Cité de la Renaissance’’ sur la route de Tillabéri et avec des avantage incomparables au profit de l’Etat du Niger.
Nous y reviendrons plus loin. Ouvrons juste une parenthèse pour évoquer le caractère urgent de ce projet de construction de logements sociaux. En effet, cinq mille (5 000) logements sociaux avant la fin de son mandat. C’est ce que le président de la République Issoufou Mahamadou a promis aux Nigériens sur 5 ans. Un (1) an sept (7) mois après son accession à la magistrature suprême la promesse tarde à se concrétiser. Pourtant l’importance des logements sociaux dans le programme de la Renaissance est maintes fois réaffirmée. C’est d’ailleurs pourquoi la Déclaration de politique générale du Premier ministre et la Feuille de route du ministère de l’Urbanisme en font une de leur priorité.
Et puisqu’il en est ainsi, il fallait faire vite et rattraper le retard accusé dans ce domaine. Donc il n’y a pas de place pour les tergiversations. L’offre de la SONIPRIM est alléchante : une superficie totale de 483,198 m² composée de trente quatre (34) îlots devant abriter 531 parcelles de grandes tailles proposés à l’Etat 2.500 F le m² au lieu de 7.500F. Malgré le caractère irrésistible de l’offre, le ministre de l’Urbanisme ne s’est pas laissé emporter par la précipitation. Le 7 novembre 2012, il écrit la lettre N°00000188/SG/MULA-DGHPL-DPL à son homologue des Finances pour demander l’autorisation de ce dernier pour conclure ledit marché.
Très prompt et sans doute convaincu aussi du caractère urgent et avantageux de l’achat des terrains, le ministre des Finances répond dès le lendemain 8 novembre par lettre N°1513/MF/DGCMP/DCR en ces termes : « après analyse, j’ai l’honneur de vous informer que la DGCMP prend acte de la pertinence de votre requête et vous accorde l’autorisation demandée. » Concernant le reproche selon lequel le ministère de l’Urbanisme n’a pas fait de communication en Conseil des ministres, il faut juste retenir que le projet en question concerne 1 000 parcelles et non les 531 proposées par la SONIPRIM. Alors comment faire une communication partielle et revenir ensuite faire l’autre moitié ?
Cela n’aura de mérite qu’alourdir le calendrier de cette importante instance qui décide de la vie des Nigériens. La vérité ayant jailli dans cette affaire, il y a lieu de se demander pourquoi tout ce brouhaha dans une situation des plus ordinaires ? Mais c’est aussi ça la démocratie, tout le monde peut dire ce qu’il pense. Sauf que certains disent non pas ce qu’ils pensent ou connaissent mais ce qui nuit à leur cible. Malheureusement, souvent ce n’est pas seulement la « cible » qui est touchée mais tout le pays en général. Imaginez si les partenaires qui accompagnent le Niger dans ce projet de 1 000 logements sociaux se rétractent.
Qui perdra ? Le ministre ? Le Niger ? Ou 1 000 familles nigériennes ? En tout cas le ministre de l’Urbanisme n’est pas propriétaire de ces 1 000 villas en gestation. Certains Nigériens devraient beaucoup réfléchir avant de poser certains actes apatrides.


Commentaires
Chacun prend sa part et la vie continue.
EN fait le prix du logement dépend du standing proposé. Ce n'est pas parce que c'est "social" que ça doit être simpliste. Certains de ces logements sont rétrocédés à moins de 8 millions FCFA. D'autres à 15, 23, et même 30. De même que tous les fonctionnaires ne sont pas de même catégories, les logements aussi. La preuve, va voire s'il reste une seule maison de disponible dans la cité de la renaissance. Toutes ont été achetée avant même complétion.